10 avril 1871 : Au travailleur des campagnes

« Au travailleur des campagnes », par André Léo, 10 avril 1871. Archives de Paris, 1AZ 18, dossier 166.

Si certaines grandes villes de province, acquises aux idées républicaines, se montrent favorables à l’insurrection parisienne (plusieurs d’entre elles ont proclamé leur propre commune dans les jours suivant le 18 mars, comme Marseille, Lyon, Narbonne, Toulouse, Saint-Etienne ou Le Creusot), les campagnes lui sont, en revanche, largement hostiles et demeurent bonapartistes. Chaque camp est nourri de sa propre propagande et campe sur ses positions. Pour tenter une réconciliation, la Commune fait éditer des pamphlets qui sont envoyés par ballon à travers le pays. Le premier, qui s’intitule « Au travailleur des campagnes », daté du 10 avril 1871, est signé André Léo et le second, « Caractère de la révolution du 18 mars », en date du 23 avril, est de Charles Delescluze.

Les Archives de Paris conservent dans les fonds des archives privées un exemplaire de chacun de ces fascicules. Une autre version du texte d’André Léo est également conservée dans le fond de l’administration communale, dans la sous-série VD3 ; elle est adjointe d’un appel de la Commune aux départements, signé de la commission exécutive. Ces textes illustrent la tentative des Communards de contrer l’influence versaillaise en soulignant les similitudes entre travailleurs urbains et ruraux et en exprimant leur vérité, par l’emploi d’un ton didactique et fraternel. Pour autant, les campagnes restent très largement acquises à la cause versaillaise et soutiennent son action répressive.

Images : « Au travailleur des campagnes », par André Léo, 10 avril 1871. « Caractère de la révolution du 18 mars. Au peuple des campagnes », par Charles Delescluze, 23 avril 1871. Archives de Paris, 1AZ 18, dossier 166. « Au travailleur des campagnes », par André Léo ; « Aux départements », par la Commission exécutive, avril 1871. Archives de Paris, VD3 9.