26 février 1871 : signature des préliminaires de paix

Télégramme envoyé par la mairie centrale, 26 février 1871. Archives de Paris, VD6 1678.

Les préliminaires de paix avec l’Allemagne sont signés le 26 février 1871. Les Allemands étaient disposés à renoncer à entrer dans Paris si la place de Belfort leur était concédée. Le 18 février, rappelés par Thiers, le lieutenant-colonel Denfert-Rochereau et son armée l’avaient donc quittée libre et invaincue après presque 103 jours de siège. Toutefois, les négociations sur ce point tournent court et Belfort reste française. En représailles, les troupes prussiennes déclarent qu’elles entreront dans Paris le 1er mars.

Cette note, rédigée par la mairie du 8e arrondissement détaille les modalités de cette occupation selon la convention signée par Thiers :

« […] les troupes allemandes entreront dans Paris le 1er mars vers 10h du matin.

Elles seront au nombre de trente mille hommes environ et occuperont le terrain compris entre : la Seine rive droite, l’enceinte depuis le Point du Jour jusqu’à la Porte des Ternes, la rue du Faubourg Saint Honoré, jusqu’à celle des Champs Élysées, le Garde Meuble et le Ministère de la Marine, le Jardin des Tuileries […].

Aux termes de cette convention, les troupes allemandes seront logées soit dans les bâtiments publics, soit chez les habitants […] ». La note décrit ensuite l’organisation et les conditions d’accommodation des troupes.

Et de conclure par cette préconisation : « il est absolument recommandé d’apporter le plus grand soin et le plus grand ordre dans ces opérations préliminaires : ce sera le seul moyen d’éviter les plus graves inconvénients. »

Le ton est clair : l’humiliation n’a pu être évitée, il s’agit maintenant de circonscrire les dommages et de contenir une situation potentiellement explosive. L'évacuation doit avoir lieu immédiatement après la ratification des préliminaires de paix par l'Assemblée nationale. Dans le même temps, et dans le cadre de ces préparatifs, les canons de la Garde nationale, achetés par souscription des Parisien.ne.s et entreposés près de la zone d’occupation, sont déplacés vers Belleville et Montmartre…

Au peuple de Paris qui a souffert pendant près de 5 mois et auquel il faut faire admettre cette capitulation, le gouvernement de la Défense nationale avait promis que l’ennemi n’entrerait pas dans Paris. En deux phrases lapidaires, moyen de communication oblige, ce télégramme de la mairie centrale annonce aux maires des 20 arrondissements « Les prussiens n’entreront que mercredi matin et seront cantonnés dans le quartier des Champs Élysées sans pouvoir faire de réquisitions. Faire connaître à vos administrés ».

Images : administration communale : mairie du 8e arrondissement. Note sur les modalités d’occupation et de logement des troupes allemandes dans l’ouest de Paris, 26 février 1871. Télégramme envoyé par la mairie centrale, 26 février 1871. Archives de Paris, VD6 1678.