11 janvier 1871 : rationnement du bois et des combustibles

Bon pour du bois émanant de la mairie du 8e arrondissement, 1871. Archives de Paris, VD6 1591.

Au cours de cet hiver 1870-1871 particulièrement rigoureux, les Parisien.ne.s, qui souffrent déjà de la disette, commencent à subir une nouvelle répercussion du siège des armées prussiennes : la pénurie des combustibles. Particuliers, écoles, bureaux, métiers et industries divers (boulangeries, blanchisseries, maréchaux-ferrants), tous peinent à se chauffer ou rencontrent des difficultés grandissantes pour exercer leur activité. Pour faire face, le gouvernement de la Défense nationale échelonne les mesures de soutien, notamment en nommant une Commission de répartition des combustibles. La mise en place de son action très progressive, comme pour le rationnement des denrées, s’opère en réaction aux événements, trahissant une absence d’anticipation aux raisons multiples. À partir de décembre 1870, les professionnels sont très étroitement contrôlés sur les quantités et la qualité des combustibles employés. La houille et la coke sont réquisitionnées à partir du 11 décembre et dès la semaine suivante, le bois et le charbon viennent à manquer. Les difficultés s’accumulent pour une population déjà bien éprouvée, malgré sa détermination à résister. La fin de l’année 1870, enfin, voit la mise en place d’un système de rationnement du bois, au moyen de coupons permettant de retirer un certain quota de combustibles mis à disposition sur des chantiers dédiés.

Les Archives de Paris conservent, dans le fonds des dossiers des mairies d’arrondissement, certains de ces bons, ainsi que des lettres adressées aux autorités municipales par des particuliers, des commerçants, voire des fonctionnaires, qui sont autant de témoignages de détresse. Ainsi la note envoyée au maire du 7e arrondissement par le service télégraphique de l’École militaire, le 15 janvier 1871, décrit : « Pour arriver à chauffer notre bureau, qui a service de jour et service de nuit, nous avons fait tout ce qui était humainement possible de faire ; tout ce qui n’était pas utile a été brulé. Aujourd’hui, demain au plus tard, nous serons sans chauffage ».

Images : administration communale, mairies d’arrondissement : lettre de la Commission de répartition des combustibles aux maires d’arrondissement, janvier 1871 ; lettre du traiteur Legendre au maire du 7e arrondissement, 9 janvier 1871 ; lettre de l’administration des lignes télégraphiques de l’École militaire au maire du 7e arrondissement, 15 janvier 1871 ; Archives de Paris, VD6 1566. Deux bons pour du bois émanant de la mairie du 8e arrondissement, 1871. Archives de Paris, VD6 1591.