La photographie à Paris

Paul Geniaux (1873-1929), Le port Saint-Nicolas, plaque de verre positive rehaussée à la couleur, ca. 1900. Archives de Paris, 7Fi 1.

Pour accompagner notre cycle de conférences consacré à la photographie à Paris, nous vous proposons de découvrir les photographies conservées dans les fonds des Archives de Paris à travers deux rendez-vous hebdomadaires, à retrouver ici et sur notre page Facebook : « Le mercredi de la photographie », pour aborder la photographie sous son aspect documentaire au sens large, et « La photo du week-end », pour une approche plus ludique. 

Mercredi 18 mai 2022 : Fêtes foraines par Gérard Faure

Le mercredi de la photographie

©Gérard Faure, foire du Trône, 1995. Archives de Paris, 57Fi 2.

Jusqu’au 6 juin, vous pouvez déambuler sur la pelouse de Reuilly (12e arrondissement) occupée depuis 1964, chaque année au moment de Pâques, par la foire du Trône. Son nom lui vient du lieu où elle s’installait jusqu’en 1963 (la place du Trône devenue place de la Nation en 1880), alors qu’elle était connue sous le nom de foire au pain d’épice. Les vues de la foire publiées ici datent de 1995. Elles ont été prises par Gérard Faure (1947-2020) dont une partie de l’œuvre photographique a été donnée aux Archives de Paris en 2021. Merci à la généreuse donatrice qui permet ainsi d’enrichir nos fonds iconographiques et de documenter l’activité des forains autrement peu représentée dans les fonds d’archives publiques réglementairement collectés.

Images : ©Gérard Faure, foire du Trône, 1995. Archives de Paris, 57Fi 2. Projet de roulement des fêtes foraines, 1895-1896. Archives de Paris, Tri Briand 617.

 

©Gérard Faure, foire du Trône, 1995. Archives de Paris, 57Fi 2. ©Gérard Faure, foire du Trône, 1995. Archives de Paris, 57Fi 2. Projet de roulement des fêtes foraines, 1895-1896. Archives de Paris, Tri Briand 617.

Vendredi 13 mai 2022 : Delavenne !

Le photo du week-end

Immeuble de commerce, 243 boulevard Pereire (17e arrondissement), s.d. (circa 1930). Archives de Paris, 11Fi 522.

En ce vendredi 13, les Archives de Paris vous souhaitent… d’en avoir ! Mais quoi ?

Pour le découvrir, regardez attentivement notre photo du week-end !

Image : immeuble de commerce, 243 boulevard Pereire (17e arrondissement), s.d. (circa 1930). Archives de Paris, 11Fi 522.

Mercredi 11 mai 2022 : Paris pendant l'Occupation

Le mercredi de la photographie

La rue Royale (8e arr.) depuis les marches de l'église de La Madeleine, décembre 1942 (inscription au dos : "Blick von der kirche "Madeleine" durch di Rue Roayle, auf pl. Concorde, im hinter grund "Invalides"). Archives de Paris, 41Fi 48.

En 2019, les archives municipales de la Haye ont fait don aux Archives de Paris d’un album contenant 89 prises de vues réalisées à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale et l’immédiat après-guerre, provenant lui-même du don de Madame Francisca Maria Teurlings (La Haye, 13/11/1921 - 03/01/2017). Cette dernière n’est vraisemblablement pas l’auteure des clichés, qui pour certains comportent au dos des mentions manuscrites en néerlandais et en allemand, ainsi que deux systèmes de numérotation distincts, le tout permettant de supposer au moins deux photographes amateurs. L’angle de certaines prises de vues semble également indiquer que l’un de ces photographes avait accès à un bureau au sein du ministère de l’Air, boulevard Victor dans le 15e arrondissement. Sous l’Occupation, le bâtiment est utilisé par l’occupant nazi pour des actions de répression contre la résistance politique et militaire à l’ennemi.

Ce fonds est conservé aux Archives de Paris sous la cote 41Fi 1-89 et son instrument de recherche accessible en ligne sur notre site internet. 

Images : La rue Royale (8e arr.) depuis les marches de l'église de La Madeleine, décembre 1942  (inscription au dos : "Blick von der kirche "Madeleine" durch di Rue Roayle, auf pl. Concorde, im hinter grund "Invalides"). Soldats allemands devant le "Zentral Ersatzteillager 26" (rue de la Croix-Nivert). Blindés autour du ministère de l'air (inscription au dos : "Parijs"). Immeuble partiellement détruit par un bombardement. Maison partiellement détruite par un bombardement. Photographies 6,5 x 9 cm. Archives de Paris, 41Fi 48, 74, 77, 83, 84.

Soldats allemands devant le "Zentral Ersatzteillager 26" (rue de la Croix-Nivert). Archives de Paris, 41Fi 74.Blindés autour du ministère de l'air (inscription au dos : "Parijs"). Archives de Paris, 41Fi 77.Immeuble partiellement détruit par un bombardement. Archives de Paris, 41Fi 83.Maison partiellement détruite par un bombardement. Archives de Paris, 41Fi 84.

Vendredi 6 mai 2022 : Le Musée des égouts de Paris

La photo du week-end

Photographie des égouts de Paris attribuée à Félix Nadar, circa 1890. Archives de Paris, 11Fi 5496.

Si vous cherchez une idée de sortie insolite pour le week-end, pourquoi ne pas partir à la découverte du Musée des égouts de Paris ? Après trois années de travaux, ce dernier a rouvert ses portes fin 2021, entrant résolument dans la modernité grâce à son nouveau bâtiment aux lignes épurées, visible depuis la Seine. Il propose désormais une exposition permanente, des visites guidées en immersion ainsi que des ateliers thématiques pour découvrir l’histoire et le fonctionnement de ce réseau de quelques 2600 km de galeries et de tunnels qui se cachent sous nos pieds. Profondément liés à l’évolution de la capitale et de son architecture, les égouts de Paris constituent un patrimoine industriel remarquable, hommage au génie industrieux des employés municipaux des services de l’assainissement.

Pour préparer votre visite, rendez-vous sur le site internet du Musée des égouts de Paris.

Images : photographie des égouts de Paris attribuée à Félix Nadar, circa 1890. Archives de Paris, 11Fi 5496.

Mercredi 4 mai 2022 : 200 ans du canal Saint-Martin

Le mercredi de la photographie

Fonds Bertrand : Canal Saint-Martin, quai de Jemmapes, mai 1947. Archives de Paris, 35Fi 123.

Nous fêtions hier le bicentenaire du début des travaux du canal Saint-Martin.

Sa construction est la dernière étape d’un projet initié en 1802 par Napoléon, consistant à détourner une partie du cours de l’Ourcq pour optimiser l’approvisionnement en eau de Paris.

Les travaux débutent donc le 3 mai 1822 et s’achèvent en 1825.

D’une longueur de 4,55 km, le canal Saint-Martin relie le port de l’Arsenal, dans le 4e arrondissement, au bassin de la Villette dans le 19e, lui-même prolongé par le canal de l’Ourcq. Il traverse le 11e arrondissement sur 2 km, passant sous la place de la Bastille et le boulevard Richard Lenoir, puis le 10e arrondissement, où il est bordé par les quais de Jemmapes et de Valmy. D’une dénivellation totale de 25 mètres, il comprend 5 bassins, séparés par 5 écluses, dont 4 doubles. Il complète le réseau des canaux parisiens qui, d’une longueur totale de 130 km, appartiennent à la Ville de Paris. Les Archives de Paris conservent une abondante documentation sur ce réseau dans le fonds du service des eaux, section des canaux, sous les cotes VO3 1756-1913 et 2931W 1-4

Au cœur des quartiers autrefois industrieux de la capitale, il est, au 19e siècle, longé par des entrepôts et des fabriques. Fréquenté par les mariniers et les lavandières le jour, il est plus dangereux de s’y aventurer la nuit. Au cours du 20e siècle, la spéculation immobilière implante sur ses berges des immeubles d’habitation de standing. Il échappe de peu, en 1968, à une reconversion en autoroute urbaine, votée à l’unanimité par le Conseil municipal mais finalement jugée trop coûteuse.

Il est bien sûr le décor du roman L’Hôtel du Nord (1929), d’Eugène Dabit, adapté au cinéma par Marcel Carné en 1938.

Images : Fonds Bertrand : Canal Saint-Martin, quai de Jemmapes, mai 1947. Archives de Paris, 35Fi 123, 124. Écluse, avant 1950. Archives de Paris, 35Fi 129. Arsenal et Bastille, avant 1950. Archives de Paris, 35Fi 132.

Fonds Bertrand : Canal Saint-Martin, quai de Jemmapes, mai 1947. Archives de Paris, 35Fi 124. Écluse, avant 1950. Archives de Paris, 35Fi 129.Arsenal et Bastille, avant 1950. Archives de Paris, 35Fi 132.

Vendredi 29 avril 2022 : Ouvriers parisiens

La photo du week-end

« Vues de l’ancienne et de la nouvelle gare Saint-Lazare », 1885-1888. Archives de Paris, 4008W 33.

Aujourd’hui à l’approche du 1er mai, nous souhaitons rendre hommage aux ouvriers inconnus dont certains sont immortalisés par des prises de vues photographiques conservées dans plusieurs fonds des Archives de Paris. Bonne fin de semaine à tous !

Images : album photographique « Vues de l’ancienne et de la nouvelle gare Saint-Lazare », 1885-1888. Archives de Paris, 4008W 33. Album photographique « Pont de la Concorde », 1929-1931. Archives de Paris 9Fi 10. Construction du métropolitain : station « rue du Château Landon », 30 juin 1910. Archives de Paris, D10S9 20/1/38. Construction du métropolitain : vue intérieure du dortoir-réfectoire des ouvriers tubistes, 29 avril 1908. Archives de Paris, D10S9 18/4/9.

« Pont de la Concorde », 1929-1931. Archives de Paris 9Fi 10.Construction du métropolitain : station « rue du Château Landon », 30 juin 1910. Archives de Paris, D10S9 20/1/38. Construction du métropolitain : vue intérieure du dortoir-réfectoire des ouvriers tubistes, 29 avril 1908. Archives de Paris, D10S9 18/4/9.

Mercredi 27 avril 2022 : Les diapositives

Le mercredi de la photographie

Journées mondiales de la jeunesse : messe célébrée par le pape Jean-Paul II le 24 août 1997 sur l'hippodrome de Longchamp. Photographie © Henri Garat et Claire Pignol / DICOM. Archives de Paris, 3599W 87.

Le mot diapositive est un terme générique désignant une photographie positive directe transparente, obtenue à partir d’un film couleur chromogène, montée dans un cadre afin d’être projetée. Le film, coupé image par image, est inséré dans un support cartonné ou en plastique facilitant sa manipulation. Les diapositives apparaissent dès 1936, lorsque Kodak lance le Kodachrome, puis l’Ektachrome.

Très prisées par les photographes amateurs dans les années 1950 et 1960, les diapositives sont aussi largement utilisées par les photographes professionnel.les.

Les Archives de Paris en conservent un grand nombre, notamment dans le fonds de la direction de l’information et de la communication (DICOM) de la Ville de Paris. Cette direction chargée des relations avec la presse, de l'organisation d'expositions, de visites et de la réalisation de brochures puis de journaux d'information a été créée par la municipalité en 1978. Le fonds de la DICOM aux Archives de Paris (en cours de traitement) est surtout composé de la production de son service photographique. Les sujets couverts par les reportages photographiques sont multiples. On peut citer le cinquantième anniversaire de la Libération de Paris en août 1994, les journées mondiales de la jeunesse en 1997, la coupe du monde de football en 1998 ou encore les célébrations de l’an 2000 par les jeunes parisiens.

Image : journées mondiales de la jeunesse : messe célébrée par le pape Jean-Paul II le 24 août 1997 sur l'hippodrome de Longchamp. Photographie © Henri Garat et Claire Pignol / DICOM. Archives de Paris, 3599W 87.

Vendredi 22 avril 2022 : Journée mondiale de la Terre

La photo du week-end

La fenaison dans une école d’Eure-et-Loir, juin 1918. Archives de Paris, D2T1 16.

Aujourd’hui 22 avril, nous célébrons la Journée Mondiale de la Terre. Depuis 1970, ce mouvement participatif invite les citoyens du monde entier à mettre en œuvre une action concrète en faveur de la protection de la planète, afin de prendre conscience des problèmes environnementaux et des enjeux climatiques.

Pour en apprendre plus sur les gestes et bons réflexes à développer, le 22 avril et tous les jours, rendez-vous sur la page dédiée à cette journée sur le site du gouvernement. 

Images : la fenaison dans une école d’Eure-et-Loir, juin 1918. Archives de Paris, D2T1 16. École publique de plein air de garçons, 2 boulevard Bessières (17e arrondissement), s.d. [années 1920-annes 1940]. Archives de Paris, 3040W 14.

École publique de plein air de garçons, 2 boulevard Bessières (17e arrondissement), s.d. [années 1920-années 1940]. Archives de Paris, 3040W 14.

Mercredi 20 avril 2020 : Les vues stéréoscopiques

Le mercredi de la photographie

Ruines de Paris, entrée d’honneur du Palais des Tuileries, 1871. Archives de Paris, 11Fi 2191.

Le terme stéréoscopie désigne l’ensemble des procédés utilisés pour restituer l’impression de profondeur et de relief à partir de deux images planes légèrement différentes, observées en même temps et séparément par chaque œil.

L’invention de la stéréoscopie en 1838 par le physicien anglais Charles Wheatstone (1802-1875) est de peu antérieure, voire concomitante, à celle de la photographie. Charles Wheatstone, qui réalise les premières vues stéréoscopiques à partir de dessins, ne tarde d’ailleurs pas à employer des photos pour sa nouvelle invention. Les deux prises de vues quasiment identiques sont reproduites cotes à cotes sur un support rigide. Pour percevoir la vue en relief, l’utilisation d’un stéréoscope est nécessaire, sur lequel on positionne les deux images. Le stéréoscope permet d’isoler le champ de vision de chaque œil, voire sur certains modèles, d’ajuster la distance entre les yeux et les images, recréant ainsi la sensation de profondeur de champ.

Objets ludiques, les vues stéréoscopiques sont souvent utilisées à des fins publicitaires et offertes par des marques ou des grandes enseignes.

Les Archives de Paris conservent plusieurs vues stéréoscopiques de la capitale. Datant en majorité de la seconde moitié du 19e siècle, elles représentent les événements marquants de l’histoire parisienne (destructions de la Semaine Sanglante en 1871, Exposition universelle de 1878...) ou des vues pittoresques et touristiques de la cité.

Images : Ruines de Paris, entrée d’honneur du Palais des Tuileries, 1871. Archives de Paris, 11Fi 2191. Pêcheurs au bord de la Seine, s.d. [2e moitié 19e siècle]. Archives de Paris, 11Fi 2182. Exposition universelle de 1878 : Palais du Trocadéro. Archives de Paris, 11Fi 2174. Collection stéréoscopique du Bazar de l’Hôtel de Ville : le quai aux Fleurs, s.d. [2e moitié 19e siècle]. Archives de Paris, 11Fi 2114.

Pêcheurs au bord de la Seine, s.d. [2e moitié 19e siècle]. Archives de Paris, 11Fi 2182. Exposition universelle de 1878 : Palais du Trocadéro. Archives de Paris, 11Fi 2174. Collection stéréoscopique du Bazar de l’Hôtel de Ville : le quai aux Fleurs, s.d. [2e moitié 19e siècle]. Archives de Paris, 11Fi 2114.

Lundi 18 avril 2022 : Au Lapin Agile

Sommier foncier (3e série), 4 rue des Saules (18e), 1881-1945. Archives de Paris, DQ18 1873.

Vous avez bien sûr deviné qu’il s’agissait du cabaret Au Lapin Agile et du cimetière Saint-Vincent, situés à l’angle des rues des Saules et Saint-Vincent. Décédée en 1964, Ninette Aubart, rescapée du Titanic, est inhumée au cimetière Saint-Vincent. Lorsqu’elle rencontre Benjamin Guggenheim en 1912, elle se produit sur la scène du Lapin Agile, dont l’un des plus illustres propriétaires est sans doute Aristide Bruant. Le 15 mars 1913, Fernand Alexandre Gonin achète en effet le cabaret au nom du célèbre chansonnier au chapeau, qu’il désigne acquéreur réel deux jours plus tard, devant notaire.

Initialement situé au n°4 de la rue des Saules, le Lapin Agile est depuis l’arrêté de 1966, modifiant la numérotation de la rue, au n°22.

Image : sommier foncier (3e série), 4 rue des Saules (18e), 1881-1945. Archives de Paris, DQ18 1873.

Vendredi 15 avril 2022 : Ninette Aubart, rescapée du Titanic

La photo du week-end

« Le Vieux Montmartre », la rue Saint-Vincent, 1886. Archives de Paris, 11Fi 1882.

Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, il y a de cela 110 ans, le Titanic percute un iceberg au nord de l’océan Atlantique pendant sa traversée inaugurale entre Southampton et New York. Trois heures plus tard, le paquebot réputé insubmersible a coulé, entrainant par le fonds plus de 1500 de ses passager.es, dont une majorité de voyageurs de 3e classe.

Quelques français.es étaient à bord du Titanic. Notamment Léontine Aubart, dite Ninette, chanteuse dans un cabaret montmartrois, née le 20 mai 1887 dans le 5e arrondissement. Le 10 avril 1912 en fin d’après-midi, elle embarque lors de l’escale cherbourgeoise au bras de Benjamin Guggenheim, dont elle a fait la connaissance quelques mois auparavant. Ce richissime entrepreneur américain, coureur de jupons notoire, est notamment le frère du mécène et collectionneur d’art Solomon Guggenheim, et le père de Peggy Guggenheim, fondatrice du musée éponyme à Venise. Si Ninette Aubart parvient à prendre place dans l’un des canaux de sauvetage, Guggenheim, lui, ne survit pas au naufrage.

Ninette décède bien des années plus tard, le 29 octobre 1964, à Épinay-sur-Orge. Elle est inhumée dans l’un des trois cimetières de Montmartre, en face du cabaret où elle chantait autrefois.

Saurez-vous nommer cimetière et cabaret grâce à nos 2 indices photographiques ?

Image : « Le Vieux Montmartre », la rue Saint-Vincent, 1886. Archives de Paris, 11Fi 1882. « Le Vieux Montmartre », la rue des Saules, 25 septembre 1887. Archives de Paris, 11Fi 1885.

« Le Vieux Montmartre », la rue des Saules, 25 septembre 1887. Archives de Paris, 11Fi 1885.

Mercredi 13 avril 2022 : Le ferrotype (36Fi 77)

Le mercredi de la photographie

Portrait d’homme, s.d., ferrotype. Archives de Paris, 36Fi 77.

Le ferrotype est un procédé photographique monochrome, faux positif direct sur plaque de métal, puisqu’il s’agit en fait d’un négatif dont l’image est perçue comme positive, les grains d’argent révélant les parties claires (nous vous renvoyons une nouvelle fois vers le glossaire élaboré par l’ARCP sur le site de Paris Photo pour approfondir les spécificités techniques de ce procédé).

Le ferrotype est développé en France dès 1852 par le physicien Adolphe-Alexandre Martin (1824-1896), mais c’est aux États-Unis qu’il rencontre le plus de succès, notamment pendant la Guerre de Sécession, sous le nom de « melainotype » ou « tintype ». De fabrication rapide et peu onéreuse, il est largement diffusé par les photographes ambulants.

Utilisé pour la prise de vue de portraits, les ferrotypes sont habituellement de petits formats, le plus répandu étant le format carte de visite. Celui-ci, entré en 2017 aux Archives de Paris grâce au don de la famille d’André Parsy (fonds conservé sous la cote 36Fi), en est un bel exemple, son format étant de 5,6cm x 4,5cm. Ils sont le plus souvent présentés dans des montages en carton ou en papier rigide, l’image apparaissant grâce à une ouverture ovale ou carrée. L’altération la plus courante de ce procédé est l’apparition de rouille entre la plaque de métal et l’image.

Image : Photographies de la famille d’André Parsy : portrait d’homme, s.d., ferrotype. Archives de Paris, 36Fi 77.

Portrait d’homme, s.d., ferrotype. Archives de Paris, 36Fi 77.Portrait d’homme, s.d., ferrotype. Archives de Paris, 36Fi 77.Portrait d’homme, s.d., ferrotype. Archives de Paris, 36Fi 77.

Lundi 11 avril 2022 : Restaurant le Tout-va-Bien, boulevard Saint-Denis (2e arrondissement)

Permis de construire, façade 15 boulevard Saint-Denis, 2e arrondissement, 1999. Archives de Paris, 3588W 151.

Bravo, vous aimez flâner sur les grands boulevards et vous avez reconnu la façade du n°15 du boulevard Saint-Denis !

Édifiée en 1927, les noms de ses architecte (Ch. Goujon) et sculpteur (G. Danel) visibles sur notre photographie publiée vendredi (à droite au niveau du 1er étage) ont désormais disparu. L’enseigne « Tout va bien » reste toutefois associée au commerce actuel, comme à celui visible sur ce plan daté de 1999.

Si vous souhaitez découvrir d’anciens commerces, consultez nos archives numérisées en indiquant dans la rubrique légende des filtres : devanture

Image : Permis de construire, façade 15 boulevard Saint-Denis, 2e arrondissement, 1999. Archives de Paris, 3588W 151.

Permis de construire, façade 15 boulevard Saint-Denis, 2e arrondissement, 1999. Archives de Paris, 3588W 151.

Vendredi 8 avril 2022 : Restaurant le Tout-va-bien 1/2

La photo du week-end

Restaurant Tout va bien. Archives de Paris, 11Fi 452.

Vous êtes déjà certainement passé devant cet immeuble qui semble beaucoup plus anodin de nos jours. Pouvez-vous le localiser ? Une belle occasion de flâner en levant le nez pour retrouver sa façade.

Image : Restaurant Tout va bien. Archives de Paris, 11Fi 452.

 

Mercredi 6 avril 2022 : L’autochrome

Le mercredi de la photographie

Paul Géniaux, Quai du Louvre, bateau pour Saint Cloud, ca. 1900. Archives de Paris, 7Fi 2.

Le musée départemental Albert Kahn a fait peau neuve et à l’occasion de sa réouverture samedi dernier, nous consacrons notre mercredi de la photographie à l’autochrome.

L’autochrome est une diapositive couleurs sur plaque de verre. Il peut être projeté au moyen de lanternes à arc électrique ou observé dans une visionneuse individuelle. Les frères Lumière sont à l’origine de ce procédé couleur trichrome, dont ils déposent le brevet en 1904, et les premiers à en assurer la commercialisation à partir de 1907 via la société Lumière. La popularité de l’autochrome croît rapidement, mais l’apparition du Kodachrome au début des années 1930 met un terme à sa production dès 1932.

On doit au philanthrope Albert Kahn (1860-1940) l’une des plus riches collections d’autochromes, conservée dans le musée éponyme. Au tournant du siècle, il met sa fortune au service d’une conviction, celle que « la connaissance des cultures étrangères encourage le respect et les relations pacifiques entre les peuples ». Les nombreux opérateurs, hommes et femmes, qu’il envoie à travers le monde entre 1909 et 1931 avec pour mission de photographier et filmer différentes cultures dans une cinquantaine de pays, utilisent principalement l’autochrome, donnant ainsi naissance aux Archives de la Planète en couleur.

Si l’aspect technique du procédé vous intéresse, vous pouvez découvrir les secrets de sa fabrication grâce au glossaire technique élaboré par les équipes de l’Atelier de restauration et de conservation des photographies (ARCP) de la Ville de Paris, accessible sur le site de Paris Photo. 

Image : Paul Géniaux, Quai du Louvre, bateau pour Saint Cloud, ca. 1900. Archives de Paris, 7Fi 2.

Vendredi 1er avril 2022 : Poisson d'avril !

La photo du week-end

Poissonnerie 8 rue Notre-Dame des Champs, 6e arrondissement, s.d. Archives de Paris, 11Fi 4679.

Même si l’origine des canulars du 1er avril reste controversée, le poisson est pour nous tous associé à ce premier jour d’avril. Aujourd’hui, n’oubliez pas de passer par votre poissonnerie préférée.

Et pour votre sortie culturelle du weekend, pensez à la belle exposition actuellement visible à la bibliothèque Forney et dont l’affiche est complètement d’actualité !

Image : poissonnerie 8 rue Notre-Dame des Champs, 6e arrondissement, s.d. Archives de Paris, 11Fi 4679.

Mercredi 30 mars 2022 : Les plaques de verre

Le mercredi de la photographie

Fonds Chastin : photographie sur plaques de verre représentant les chiffonniers du Pré-Saint-Gervais au travail, s.d. Archives de Paris, 59Fi 124.

Les Archives de Paris ont acquis en vente publique un ensemble de 125 photographies sur plaques de verre ayant appartenu à Jean Chastin (1862-1943), illustrant les arts et métiers de Paris dans le premier quart du XXe siècle, comme ces chiffonniers du Pré-Saint-Gervais.

Peut-être ce professeur de lettres au lycée Voltaire, de 1890 à sa retraite en 1928, les utilisait-il à des fins pédagogiques : sur plusieurs de ces plaques, la mention du fabricant indique en effet « Fabrique d'instruments d'optique et de projections lumineuses. P. Baudin ». Cette entreprise, installée rue Vivienne (2e arr.), était notamment spécialisée dans la production de plaques photographiques pour le Musée pédagogique, fondé en 1879 par Jules Ferry pour soutenir l’éducation populaire par l’image. Aussi appelée diapositive sur verre, elles étaient conçues pour être vues par transparence ou projetées à l’aide d’une lanterne magique. Outre leur usage pédagogique, la projection d’images sur plaques de verre était également un divertissement très populaire. Toutefois, l’essor du cinéma à la fin du XIXe siècle et le développement rapide à partir de 1945 des diapositives en couleur les font tomber en désuétude.

Les premières expérimentations de photographies sur plaques de verre sont menées dès 1847 par Abel Niépce de Saint-Victor (1805-1870). Les frères William et Frederick Langenheim perfectionnent ensuite le procédé dans leur studio de Philadelphie. Les plaques albuminées utilisées à l’origine sont rapidement supplantées par une fixation au collodion humide qui réduit considérablement le temps de pose. Ce n’est qu’à partir des années 1880 que les photographes utilisent des plaques au gélatinobromure d’argent, à l’instar de celles provenant de la collection de Jean Chastin. Cette nouvelle technique permet, en particulier, de produire des images en série.

Aujourd’hui, les photographies sur plaque de verre sont considérées comme des objets patrimoniaux. Leur bonne conservation nécessite de les protéger de l’humidité, des températures trop extrêmes et de la lumière. Outre les fêlures et cassures, elles sont aussi sujettes aux altérations chromatiques, telles que le syndrome du miroir d’argent. Cette dégradation est souvent due à la mauvaise qualité du conditionnement d’origine.

Images : Fonds Chastin : photographies sur plaques de verre représentant les chiffonniers du Pré-Saint-Gervais au travail, s.d. Archives de Paris, 59Fi 123 et 124.

Fonds Chastin : photographie sur plaques de verre représentant les chiffonniers du Pré-Saint-Gervais au travail, s.d. Archives de Paris, 59Fi 123.

Vendredi 25 mars 2022 : L’impression par héliogravure des cartes postales

La photo du week-end

Carte postale, s.d. [XXe siècle]. Archives de Paris, NC.

Cherchez les ressemblances !

La simplicité et le faible coût de l’impression par héliogravure à partir des années 1920 permettent aux éditeurs d’utiliser plusieurs fois la même photo : en noir et blanc, colorisée, dessinée à partir du cliché d’origine. La qualité n’est pas toujours bonne mais le pittoresque s’allie ici à l’intemporel touristique des bouquinistes sur les quais avec Notre-Dame en arrière-plan.

Images : cartes postales, s.d. [XXe siècle]. Archives de Paris, NC.

Carte postale, s.d. [XXe siècle]. Archives de Paris, NC.Carte postale, s.d. [XXe siècle]. Archives de Paris, NC.Carte postale, s.d. [XXe siècle]. Archives de Paris, NC.Carte postale, s.d. [XXe siècle]. Archives de Paris, NC.

Mercredi 23 mars 2022 : La photomicrographie

Le mercredi de la photographie

Cyanophycées prélevées dans les lacs du bois de Vincennes, 5 juillet 2000. Archives de Paris, 3625W 21.

Aujourd’hui mercredi, c’est photomicrographie. Comme l’image vous le révèle, il s’agit de la photographie prise au microscope, apparue dès les débuts de la photographie. Très utilisée dès les années 1880 elle est toujours en usage de nos jours.

Appelée à l’origine microphotographie, ce terme est désormais réservé aux photographies microscopiques ou de très petit format.

Les sujets de ces prises de vue sont des micro-organismes : cyanophycées (algues bleues) provenant des lacs du bois de Vincennes et spores de champignon prélevés sur un arbre blessé. Ces images proviennent du fonds d’archives du Centre de recherche, d’expertise et de contrôle des eaux de Paris (CRECEP), héritier des activités d'analyses chimiques et bactériologiques des eaux alimentant Paris menées dès 1877 par l'Observatoire municipal de Montsouris. Une partie des activités du CRECEP (liquidé en 2009) a été reprise par Eau de Paris.

Images : Cyanophycées prélevées dans les lacs du bois de Vincennes, 5 juillet 2000 et spores de champignons prélevés sur une blessure d’arbre, 27 juin 2000. Archives de Paris, 3625W 21.

Spores de champignons prélevés sur une blessure d’arbre, 27 juin 2000. Archives de Paris, 3625W 21.

Lundi 21 mars 2022 : Jeunes apprentis menuisiers du lycée professionnel Jean Jaurès 2/2

La réponse

École nationale de perfectionnement Jean Jaurès (19e arr.) : 2 élèves montant un fauteuil pliant de jardin, en 3e année de menuiserie (1969-1970). Archives de Paris, 3686W 46.

Vous l’avez deviné, nous fêtions samedi dernier la Saint-Joseph, saint patron des charpentiers, des menuisiers et des ébénistes.

Les Archives de Paris conservent sous la cote 3686W 1-48 le fonds du lycée professionnel établissement régional d’enseignement adapté (EREA) Jean Jaurès, aujourd’hui situé rue Clavel, dans le 19e arrondissement, qui forme les élèves aux métiers du bâtiment et des travaux publics. Autrefois dénommé École nationale de perfectionnement, l’établissement enseignait les métiers artisanaux. Ces deux jeunes élèves, photographiés en train de monter un fauteuil pliant de jardin, sont en 3e année de menuiserie (année scolaire 1969-1970). Cette photographie est malheureusement la seule que l’on trouve dans ce fonds, qui contient toutefois quelques cahiers d'exercices et de travaux pratiques, parmi lesquels les plans du fauteuil de jardin en cours de montage sur cette image.

Images : École nationale de perfectionnement puis lycée professionnel - établissement régional d'enseignement adapté (EREA) Jean Jaurès (19e arr.) : 2 élèves montant un fauteuil pliant de jardin, en 3e année de menuiserie (1969-1970). Archives de Paris, 3686W 46.

École nationale de perfectionnement Jean Jaurès (19e arr.) : exercice et travaux pratiques : réalisation d’un fauteuil pliant de jardin (1969-1970). Archives de Paris, 3686W 45.École nationale de perfectionnement Jean Jaurès (19e arr.) : exercice et travaux pratiques : réalisation d’un fauteuil pliant de jardin (1969-1970). Archives de Paris, 3686W 45.École nationale de perfectionnement Jean Jaurès (19e arr.) : exercice et travaux pratiques : réalisation d’un fauteuil pliant de jardin (1969-1970). Archives de Paris, 3686W 45.

Vendredi 18 mars 2022 : Jeunes apprentis menuisiers du lycée professionnel Jean Jaurès 1/2

La photo du week-end

Archives de Paris, 3686W 46.

Ces jeunes gens sont formés au sein d’un lycée professionnel parisien à un métier dont nous fêterons le saint patron dans les jours qui viennent.

Saurez-vous trouver lequel ?

Mercredi 16 mars 2022 : Le cyanotype

Le mercredi de la photographie

Photographies, album de Robert Sohier, 1896-1900. Archives de Paris, 9Fi 7.

Le cyanotype est une technique photographique monochrome appartenant à la famille des procédés négatif-positif. Les images, dont la tonalité va du bleu cyan au bleu de Prusse, sont obtenues par contact entre un négatif et un support de tout type rendu photosensible par l’application d’un mélange de ferricyanure de potassium et de citrate d’ammonium ferrique. Une exposition plus ou moins prolongée à des rayons ultraviolets permet la réduction du fer, qui va prendre sa teinte bleue caractéristique. Le support est ensuite rincé à l’eau claire, permettant d’éliminer le fer de couleur jaune-vert qui n’a pas réagi à la lumière.

Ce procédé est découvert en 1842 par le scientifique et astronome britannique Sir John Frederik William Herschel, né à Slough (Angleterre) le 7 mars 1792, il y a de cela 230 ans, et décédé le 11 mai 1871 à Collingwood (Angleterre).

Il est popularisé par Anna Atkins (16 mars 1799-9 juin 1871), botaniste elle aussi britannique qui, la première, utilise des images photographiques, en l’occurrence des herbiers, pour illustrer des ouvrages imprimés.

L’usage du cyanotype décroît lentement au court du 19e siècle, sans pour autant être totalement délaissé. Il connaît depuis les années 1980 un regain d’intérêt de la part des artistes contemporains.

Les Archives de Paris conservent un album photographique de 118 pages dont 114 cyanotypes, collés en plein et légendés. Entré en janvier 2014 dans le fonds des documents figurés par voie extraordinaire grâce au don de monsieur Jean Demenge. Le photographe, Robert Sohier, né à Paris en 1875, y apparait en première page, posant avec une nonchalance étudiée, la pipe au coin des lèvres, le chapeau en arrière, avec toute l’assurance de ses 21 ans. Photos de famille, Exposition universelle de 1900, 14 juillet de fête, vacances au bord de la Manche, funérailles de Félix Faure, le tournant du siècle entre petite et grande Histoire prend une saveur particulière relevée de cyan.

Images : Photographies, album de Robert Sohier, 1896-1900. Archives de Paris, 9Fi 7. État signalétique et des services de Robert Sohier, classe 1895, 2e bureau, matricule 3601. Archives de Paris, D4R1 842.

État signalétique et des services de Robert Sohier, classe 1895, 2e bureau, matricule 3601. Vue 1. Archives de Paris, D4R1 842.

État signalétique et des services de Robert Sohier, classe 1895, 2e bureau, matricule 3601. Vue 2. Archives de Paris, D4R1 842.

Photographies, album de Robert Sohier, 1896-1900. Archives de Paris, 9Fi 7.Photographies, album de Robert Sohier, 1896-1900. Archives de Paris, 9Fi 7.Photographies, album de Robert Sohier, 1896-1900. Archives de Paris, 9Fi 7.Photographies, album de Robert Sohier, 1896-1900. Archives de Paris, 9Fi 7.

Lundi 14 mars 2022 : Bercy 2/2

La réponse

Photographies des chais de Bercy, cour Nicolai, Atelier parisien d’urbanisme (APUR), date. Archives de Paris, 3431W 677.

Il s’agit en effet de la commune de Bercy, désormais appelée « village », dans l’actuel 12e arrondissement. C’est au début du XIXe siècle que de nombreux entrepôts à vin ont pris place à proximité des quais de la Seine, marquant durablement l’image du site associée au commerce vinicole. Répartis alors sur 43 hectares, dans un périmètre délimité par les boulevards de Bercy et des Maréchaux, la rue de Bercy et la Seine, les entrepôts étaient-jusqu’en 1860-en dehors des murs parisiens et de la barrière d’octroi, auquel le vin n’était donc pas soumis. Le quartier devint la plus grande plateforme viticole du monde à la fin du XIXe siècle. À partir des années 1960, l’activité décline et le quartier est progressivement délaissé. En 1986, 42 de ces anciens entrepôts construits par l’architecte Ernest Lheureux, en 1886, sont inscrits à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques et tout le reste est détruit permettant le déploiement d’un quartier restructuré. Les photographies sélectionnées témoignent de l’état d’abandon en 1980, avant le développement des projets de restauration des entrepôts sauvegardés. Elles concernent le quadrilatère délimité par les rues des Pirogues de Bercy (ex rue de l’Yonne), Baron-Le-Roy (ex rue de la Garonne), avenue des Terroirs de France (ex cour Nicolai) et rue Lheureux, désormais occupé par le musée des arts forains et l’école de boulangerie et de pâtisserie de Paris. Quelques rails vestiges du transport de tonneaux et platanes de l’époque d’activité subsistent encore, ainsi que la recette de l’entrecôte Bercy…

Images : Photographies des chais de Bercy, cour Nicolai, rue Thorins, Atelier parisien d’urbanisme (APUR), [1983]. Archives de Paris, 3431W 677. Photographies de la rue Thorins et de l’avenue des Terroirs de France, 2022. ©Archives de Paris/Laurence Benoist Laurence Benoist. Plan du 12e arrondissement en 1980 en 2000.

Photographies des chais de Bercy, rue Thorins, Atelier parisien d’urbanisme (APUR), date. Archives de Paris, 3431W 677. Photographie de la rue Thorins, 2022. ©Archives de Paris/Laurence Benoist Laurence Benoist. Photographie de l’avenue des Terroirs de France, 2022. ©Archives de Paris/Laurence Benoist Laurence Benoist. Photographie de l’avenue des Terroirs de France, 2022. ©Archives de Paris/Laurence Benoist Laurence Benoist.

Vendredi 11 mars 2022 : Bercy 1/2

La photo du week-end

Archives de Paris,  3431W 677, vues E et F.

Reconnaissez-vous cet endroit intégré à Paris en 1860 et très remanié dans les années 80 ?

Mercredi 9 mars 2022 : La base image des dessins et modèles de fabrique

Le mercredi de la photographie

Modèle de flacon pour la parfumerie déposé par John Gosnell et compagnie au greffe des produits chimiques du Conseil de prud'hommes de la Seine, le 27 février 1902, dépôt n°14561. Archives de Paris, D7U10 136 © Archives de Paris / Françoise Rivière.

Les Archives de Paris sont régulièrement à l‘initiative de campagnes photographique et/ou de numérisation visant à remplacer la consultation d’originaux particulièrement fragiles ou très consultés par une consultation dématérialisée. La rubrique archives numérisées de notre site internet permet ainsi d’accéder de chez soi à plus de 16 millions d'images d’archives. Des sources originales désormais préservées de trop de manipulations et conservées dans des conditions optimales. Le 1er mars, ce sont 15 000 nouvelles images qui ont été ajoutées à notre offre.

Grâce à une base de recherche dédiée, il est dorénavant possible de visualiser 1000 dépôts de créations et d’objets industriels, sortis du fonds des dessins et modèles. Pour en savoir plus sur cette mise en ligne, cliquez ici et découvrez trésors de la mode et inventions en tous genres.

Illustrations :

Modèle de flacon pour la parfumerie déposé par John Gosnell et compagnie au greffe des produits chimiques du Conseil de prud'hommes de la Seine, le 27 février 1902, dépôt n°14561. Archives de Paris, D7U10 136 © Archives de Paris / Françoise Rivière.
Modèle de corset déposé par Berthe Seuvrey (dite Sander), fabricante de corsets, au greffe des tissus du Conseil de prud'hommes de la Seine, le 14 mars 1894, dépôt n°16225. Archives de Paris, DEM PROV 3 / D6U10 660. © Archives de Paris / Françoise Rivière.
Modèle de robe "San Salvador" déposé par Christian Dior SARL au greffe des tissus du Conseil de prud'hommes de la Seine, le 11 septembre 1951, dépôt n°21248, modèle n°11. Archives de Paris, D14U10 1216.
Modèle de jardinière déposé par Legras et compagnie / Verreries et cristalleries de Saint-Denis au greffe des produits chimiques du Conseil de prud'hommes de la Seine, le 27 octobre 1887, dépôt n°5646. Archives de Paris, D7U10 82 © Archives de Paris / Françoise Rivière.
Quatre modèles de boîtes à thé, poudre de cacao et chocolat déposés par C. Choquart au greffe des produits chimiques du Conseil de prud'hommes de la Seine, le 23 mai 1865, dépôt n°2232. Archives de Paris, D7U10 42 © Archives de Paris / Laurent Kruszyk.

Modèle de corset déposé par Berthe Seuvrey (dite Sander), fabricante de corsets, au greffe des tissus du Conseil de prud'hommes de la Seine, le 14 mars 1894, dépôt n°16225. Archives de Paris, DEM PROV 3 / D6U10 660. © Archives de Paris / Françoise RivièreModèle de jardinière déposé par Legras et compagnie / Verreries et cristalleries de Saint-Denis au greffe des produits chimiques du Conseil de prud'hommes de la Seine, le 27 octobre 1887, dépôt n°5646. Archives de Paris, D7U10 82 © Archives de Paris / FraQuatre modèles de boîtes à thé, poudre de cacao et chocolat déposés par C. Choquart au greffe des produits chimiques du Conseil de prud'hommes de la Seine, le 23 mai 1865, dépôt n°2232. Archives de Paris, D7U10 42 © Archives de Paris / Laurent Kruszyk.

Lundi 7 mars 2022 : La halle aux blés 2/2

La réponse

Gravure « Vue de la halle au blé et de sa belle coupole » s.d. [19e siècle]. Archives de Paris, D2Z 1.

Avez-vous reconnu la cour intérieure de la halle aux blés, sur cette photographie de Charles Marville datant du Second Empire ?

Le premier édifice, œuvre de l’architecte Nicolas Le Camus de Mézières, est érigé au cœur du quartier des Halles entre 1763 et 1767. Conçu de manière circulaire, il se compose de deux galeries concentriques ouvertes sur l’extérieur par 24 arcades, surmontées d’un grenier vouté. À l’origine, la cour intérieure n’est pas couverte, ce qui nuit à la bonne conservation des grains. La cour intérieure, initialement non couverte, nuit à la bonne conservation des grains. Entre 1782 et 1783, le bâtiment est donc recouvert d’une coupole reposant sur une charpente en bois. Détruite par un incendie en 1802, elle est reconstruite avec une charpente en fonte coiffée de feuilles de cuivre, remplacées par des vitres en 1838.

En 1873, le bâtiment est fermé, le commerce du blé n’ayant cessé de décroître. Il est affectéà la Bourse du Commerce en 1885 et entièrement réaménagé sous la direction de l’architecte Henri Blondel. Il rouvre ses portes en 1889, à l’occasion de l’Exposition universelle.

En 1949, la Ville de Paris en transfère la propriété à la Chambre de commerce et d’industrie pour 1 franc symbolique.

En 2017, la municipalité rachète le bâtiment, dont la gestion est confiée à François Pinault. La Bourse du commerce présente ainsi depuis mai 2021 la collection d’art contemporain de l’homme d’affaires.

La coupole et les décors sont classés monument historique depuis 1986.

Images : gravures « Vue de la halle au blé et de sa belle coupole » et « Travaux de la Halle aux Blés » s.d. [19e siècle]. Nouvelle Bourse de commerce, architecte M. Blondel, in « La construction moderne », 1890. Archives de Paris, D2Z 1.

Gravure « Travaux de la Halle aux Blés » s.d. [19e siècle]. Archives de Paris, D2Z 1.Nouvelle Bourse de commerce, architecte M. Blondel, in « La construction moderne », 1890. Archives de Paris, D2Z 1.

Vendredi 4 mars 2022 : La halle aux blés 1/2

La photo du week-end

Archives de Paris, 11Fi 62.

Celles et ceux d’entre vous qui sauront reconnaître ce monument historique parisien, récemment reconverti en lieu d’exposition d’art contemporain, pourront s’y rendre dès demain : le premier samedi de chaque mois, la nocturne est gratuite de 17h à 21h.

 

Mercredi 2 mars 2022 : Les cartes postales 4/4

Le mercredi de la photographie

Une pensée de Paris, après 1904. Archives de Paris, 8Fi 13.

À l’issue de ce parcours à travers leur histoire, terminons par quelques cartes postales représentatives de la diversité des sujets qu’elles ont illustrés.

Moins prestigieux que les grands monuments, les rues et quartiers de Paris montrent souvent des habitants qui posent, ou encore les employés de la boutique comme devant cette droguerie qui vend aussi des cartes postales. Les cartes rappellent des événements marquants : rues pavoisées lors de visites officielles ou cortège des funérailles nationales du maréchal Foch en 1929, ou encore des moments dramatiques comme les inondations de 1910 ou ces éboulements de juin 1914.

Elles peuvent servir de support publicitaire ou contribuer à diffuser les images de l’art, en montrant les salles des musées, leurs tableaux et sculptures.

Lors de la Première Guerre mondiale, les cartes nourrissent le patriotisme par leurs photomontages de poilus sur fond de tranchées ; vierges de toute illustration, elles retrouvent leur vocation originelle de support de correspondance. 

Si leur essor était en partie lié au développement du tourisme « de masse », le relatif déclin des cartes postales à partir de 1920 est lié à celui d’autres modes de communication, le téléphone et le cinéma.

Images : Une pensée de Paris, après 1904. Archives de Paris, 8Fi 13. Paris. Rue du théâtre (15e arrondissement), vers 1909. Archives de Paris, non cotée. Une droguerie, vers 1905. Archives de Paris, non cotée. Funérailles du maréchal Foch, 26 mars 1929. Archives de Paris, 8Fi 13. L’orage du 15 juin [1914] à Paris. Place Saint-Philippe-du-Roule. Archives de Paris, 8Fi 13. Papeterie de la Bourse. Archives de Paris, non cotée. Prud’hon (Pierre). L’impératrice Joséphine. Archives de Paris, non cotée. Carte postale de correspondance militaire, fonds Bouvier. Archives de Paris, D57J 2. Carte patriotique, fonds Achile-Dumont. Archives de Paris, D57J 2.

Papeterie de la Bourse. Archives de Paris, non cotée.

Prud’hon (Pierre). L’impératrice Joséphine. Archives de Paris, non cotée.

Carte postale de correspondance militaire, fonds Bouvier. Archives de Paris, D57J 2.

Carte patriotique, fonds Achile-Dumont. Archives de Paris, D57J 2.

Paris. Rue du théâtre (15e arrondissement), vers 1909. Archives de Paris, non cotée.Une droguerie, vers 1905. Archives de Paris, non cotée. Funérailles du maréchal Foch, 26 mars 1929. Archives de Paris, 8Fi 13. L’orage du 15 juin [1914] à Paris. Place Saint-Philippe-du-Roule. Archives de Paris, 8Fi 13.

Lundi 28 février 2022 : La restauration de la statue de la liberté 2/2

La réponse

Photographie de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi.

Qui donc était cette grande dame parisienne objet de soins attentifs ? Vous l’aurez peut-être deviné en lisant la date gravée sur la tablette de bronze : IV juillet 1776, jour de la signature de la Déclaration d’indépendance des États-Unis. Il s’agit de la Statue de la Liberté qui se dresse à la pointe de l’île aux Cygnes, dans le 15e arrondissement. La photographie illustre sa restauration entreprise en 1986, à l’occasion des célébrations du centenaire de sa grande sœur américaine réalisée par le sculpteur Auguste Bartholdi. Haute de 9 mètres, la statue parisienne fut offerte en 1885 à la Ville de Paris par le Comité de la colonie parisienne des États-Unis. Très abîmée, sa structure souffrant d’une importante corrosion, l’œuvre risquait de s’effondrer. La municipalité consacra plus de 2 millions de francs pour requinquer Miss Liberty. L’aboutissement de ce chantier de plusieurs mois fut marqué par une cérémonie présidée par Jacques Chirac, maire de Paris et Premier ministre, en présence de l’ambassadeur des États-Unis. Le 23 juin, à midi pile, Line Renaud et Barbara Hendricks entonnèrent successivement les hymnes nationaux, pavoisées aux couleurs de leurs pays par le couturier Guy Laroche. La statue dévoilée, les discours prononcés, la centaine d’invités rassemblée à bord d’un bateau-mouche, remonta le fleuve en musique jusqu’à l’Hôtel de Ville où une réception réunit 3000 personnes.

Si les caméras ont immortalisé la cérémonie (à voir sur Youtube, le journal télévisé du 20 juin 1986 et ce documentaire de 1986 du Forum des Images), Dominique Doignon a suivi durant cinq mois, d’un œil attentif, la restauration de la Statue de la Liberté. Photographe amateur, il était muni d’une autorisation lui permettant d’arpenter l’échafaudage de 24 mètres de haut à l’intérieur duquel œuvraient les restaurateurs. En 2020, il a fait don aux Archives de Paris de près de 900 diapositives issues de son reportage. Destinées à la réalisation d’un diaporama sonorisé, dispositif en vogue dans les années 80, ces images constituent une chronique du chantier et un témoignage du savoir-faire des artisans. Le fonds Doignon (51Fi) vient compléter les archives dont nous disposons sur ce monument emblématique du paysage de la Seine. De surcroît, l’entrée de ces photographies aux Archives de Paris témoigne de l’importance des dons de particuliers qui, dans le cas présent, constitue un apport à l’histoire de la pratique amatrice de la photographie.

Images : photographies de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi.

Photographie de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi.Photographies de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi.Photographie de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi.Photographie de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi.

Vendredi 25 février 2022 : La restauration de la statue de la liberté 1/2

La photo du week-end

Photographie de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi.

Quel monument parisien fait l’objet d’une toilette minutieuse sur cette photo prise en 1986 ?

Mercredi 23 février 2022 : Les cartes postales 3/4

Le mercredi de la photographie

Boulevard Denain et la gare du Nord, 17 juin 1940. Archives de Paris, 45Fi 1. Recto.

À travers une série de cartes postales très touristiques de l’éditeur André Leconte, nous vous proposons une nouvelle fois la correspondance d’un soldat à sa famille. Tout comme les guides et plans de Paris publiés par l’entreprise Leconte, installée depuis 1928 rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie (4e arr.), les cartes postales des collections « Notre Beau Paris » ou « Paris et ses merveilles » éditées sous les marques « A. L. » et « Guy » ont connu une large diffusion. Les monuments de Paris qu’elles montraient en faisaient un objet idéal pour les touristes.

Ça n’est pas un touriste qui envoie ces cartes à sa famille mais un soldat de l’armée d’occupation. Nous sommes en juin 1940, depuis trois jours, l’armée allemande est entrée dans Paris. Avec quelques mots simples où, censure oblige, il n’y a aucune information sur les opérations militaires, ce soldat cherche à rassurer en disant qu'il va bien et que le moral est bon. Il déplore la séparation d'avec les siens et exprime son espoir de voir la guerre se terminer bientôt, afin de les retrouver. Dans ses mots en écriture gothique, point de triomphalisme ou d’arrogance du vainqueur, mais le choix de ces vues emblématiques de Paris que sont la tour Eiffel, l’Opéra et la place de la Concorde, vaut sans doute beaucoup de discours. Une semaine plus tard, ce sont des photos d’Hitler devant la tour Eiffel qui symboliseront la victoire de l’Allemagne.

Images : boulevard Denain et la gare du Nord, 17 juin 1940. Archives de Paris, 45Fi 1. La place de la Concorde, juin 1940. Archives de Paris, 45Fi 5.

Boulevard Denain et la gare du Nord, 17 juin 1940. Archives de Paris, 45Fi 1. Verso.La place de la Concorde, juin 1940. Archives de Paris, 45Fi 5. Recto.La place de la Concorde, juin 1940. Archives de Paris, 45Fi 5. Verso.

Lundi 21 février 2022 : Camille Corot 2/2

La réponse

Portrait de Camille Corot, s.d. [1866-1975]. Archives de Paris, 9Fi 5.

Certain.es d’entre vous l’ont peut-être reconnu à sa mise, il s’agit du peintre et dessinateur Camille Corot, né le 16 juillet 1796 à Paris, où il s’est éteint le 22 février 1875.

Artiste prolifique, Camille Corot peint avant tout la lumière. Ses paysages lyriques, aux inspirations bibliques et mythologues, l’apparentent au courant romantique. Il réalise également un grand nombre de portraits, dans desquels les figures féminines tiennent une place prépondérante.

Peintre française de renom, il participe régulièrement aux Salons à partir de 1835.

Il figure ainsi dans l’album de portraits de personnalités des années 1860-1870, conservé aux Archives de Paris sous la cote 9Fi 5.

Image : portrait de Camille Corot, s.d. [1866-1975]. Archives de Paris, 9Fi 5.

Vendredi 18 février 2022 : Camille Corot 1/2

La photo du week-end

S.d. [1866-1975]. Archives de Paris, 9Fi 5.

Saurez-vous reconnaître cet artiste ? Un indice : nous célébrons la semaine prochaine le 147e anniversaire de sa mort.

 

Mercredi 16 février 2022 : Les cartes postales 2/4

Le mercredi de la photographie

"Paris - Gare du Quai d'Orsay", carte postale, recto, 1918. Archives de Paris, fonds Dupin, NC.

Lors de l'exposition universelle de 1889, une carte dessinée représentant la tour Eiffel est vendue à 300 000 exemplaires. Avec l’expansion du procédé d’impression par phototypie au tournant du siècle, les cartes postales se répandent dans toute la société. En novembre 1903, la réglementation permet de diviser le dos de la carte entre correspondance et adresse. Si l’image devient prépondérante, l’écrit dispose désormais d’une place dédiée. Durant la Première Guerre mondiale, c’est ce moyen de communication que les familles séparées vont utiliser quotidiennement. Permettant d’échanger des nouvelles entre les hommes partis combattre et les civils, 4 à 5 milliards de cartes postales circulent entre le front et l’arrière.

Parmi les fonds des Archives de Paris se trouve une série de 29 cartes postales envoyées par Herment Dupin natif d’Estramiac (Gers), maréchal des logis au 3e régiment de chasseur à cheval, en garnison à Paris en 1917-1918, pour assurer le service d’ordre des gares. Les cartes postales montrent sans originalité Notre-Dame, la Concorde ou les Buttes-Chaumont (mais pas de tour Eiffel). La correspondance au dos, envoyée à sa femme Olympe et à sa petite fille Madeleine, a l’intérêt d’évoquer l’activité de ces militaires qui ne sont pas au front. Herment Dupin qui a plus de 40 ans, fait partie de la « territoriale » et assure la sécurité des gares et stations de métro : « on dit que c’est la guerre, on ne le dirait pas avec l’affluence de monde à tous les trains […]. Ce sont des bousculades continuelles surtout aux départs du soir ». Il mentionne plusieurs fois les « gotha », ces avions allemands de bombardement qui mettent Paris en tension depuis 1917. Quelques chevauchées au bois de Boulogne avec son capitaine viennent agrémenter ce temps qui lui semble si long à Paris, alors que sa femme est à la peine avec les labours par temps de sécheresse. À quand le retour au pays par le train qui part de la gare d’Orsay dont il envoie la carte en septembre 1918 ?

Images : deux cartes postale recto verso, 1918. Archives de Paris, fonds Dupin, NC.

"Paris - Gare du Quai d'Orsay", carte postale, verso, 1918. Archives de Paris, fonds Dupin, NC."Paris - Place de la Concorde", carte postale, recto, 1918. Archives de Paris, fonds Dupin, NC."Paris - Place de la Concorde", carte postale, verso, 1918. Archives de Paris, fonds Dupin, NC.

Lundi 14 février 2022 : Les grilles du square Montholon 2/2

La réponse

Photographie des grilles du square Montholon, 2022. ©Archives de Paris/Laurence Benoist.

Oui, il s’agit du square Montholon, qui tient son nom d’une rue voisine du même nom. Il a été créé par Jean-Charles Alphand en 1862-1863, lors du prolongement de la rue Lafayette (9e arrondissement). Les grilles en fonte, au style très particulier et unique dans Paris, ont été dessinées par Gabriel Davioud, architecte, et réalisées par le fondeur Christophe-François Calla. Elles sont, avec les deux platanes d’Orient plus que centenaires, tout ce qui subsiste du jardin tel qu’il a été conçu par le service des promenades et plantations et représenté sur ce plan. Vous avez peut-être remarqué que l’éclairage public est différent : le lampadaire intégré à la grille et visible sur la photo publiée vendredi, a été décapité ; seule la base subsiste aujourd’hui.

Ce square, complètement rénové en 1981, est actuellement fermé au public (jusqu’en mars prochain), pour travaux. Peut-être pourrez-vous, de l’extérieur, apercevoir le groupe statuaire qui s’y trouve, intitulé « Sainte Catherine », dont le socle porte la mention « À l’Ouvrière Parisienne ». La municipalité achète cette œuvre au sculpteur Julien Lorieux en 1913. Le dossier d’acquisition, conservé aux Archives de Paris, contient une photographie du groupe, ainsi qu’un rapport de l’architecte des promenades explicitant le choix de l’emplacement, en lieu et place de « trois groupes de petits enfants, œuvres du sculpteur Claude Vignon (morte depuis longtemps) d’une valeur artistique des plus médiocres »…

Image : Photographie des grilles du square Montholon, 2022. ©Archives de Paris/Laurence Benoist. Service des promenades et plantations. Square Montholon, création et aménagement : plans, s.d. [1862-1905]. Archives de paris, VM90 394(1). Photographie du groupe « Sainte Catherine » de Julien Lorieux, s.d. [1909-1913] ; rapport de l’architecte des promenades sur l’emplacement du groupe dans le square Montholon, 27 juin 1913. Archives de Paris, PEROTIN/10624/72/1 24.

Square Montholon, création et aménagement : plans, s.d. [1862-1905]. Archives de Paris, VM90 394(1). Photographie du groupe « Sainte Catherine » de Julien Lorieux, s.d. [1909-1913]. Archives de Paris, PEROTIN/10624/72/1 24.Rapport de l'architecte des promenades sur l'emplacement du groupe dans le square Montholon, 27 juin 1913. Archives de Paris, PEROTIN/10624/72/1 24.

Vendredi 11 février 2022 : Les grilles du square Montholon 1/2

La photo du week-end

Album photographique, types de candélabres courants et spéciaux, vers 1900. Archives de Paris, ATLAS 1033.

Pour la Saint-Valentin, vous souhaiterez peut-être voir de plus près les grilles en forme de cœur de ce square parisien. Savez-vous où il se trouve ?

Mercredi 9 février 2022 : Les cartes postales 1/4

Le mercredi de la photographie

Carte postale adressée à Jacques Bouteron, recto, 1902. Archives de Paris, NC.

Prise du théâtre de la Ville, cette perspective assez atypique montre l'animation du Pont au change et des quais près du Palais de justice et du tribunal de commerce. La représentation "en nuage" de la photographie est caractéristique des cartes postales antérieures à 1904 : elle permet d’écrire à côté de l’image tandis que l'adresse occupe tout le recto. Outre l’image souvent attrayante, la partie écrite peut aussi mériter toute notre attention.

Ici, l’expéditeur souhaite inviter un ami à dîner trois jours plus tard. À une époque où le téléphone est encore peu répandu, la carte postale permet d'échanger efficacement et agréablement des nouvelles de peu d'importance : en 1902, les Parisiens bénéficient de pas moins de 10 levées postales par jour et de 7 distributions dans les boîtes aux lettres. Celui ou celle qui écrit la carte est ainsi certain.e qu'elle arrivera à temps et qu'il-elle aura réponse. Le destinataire n’est pas un inconnu : il s’agit de Jacques Bouteron, étudiant en droit, futur inspecteur général de la Banque de France et professeur de droit commercial au Conservatoire national des arts et métiers, grand spécialiste du droit des chèques et lettres de change. Le Marcel mentionné dans la carte est peut-être son frère, spécialiste de Balzac et futur conservateur de la bibliothèque de l’Institut, membre de l’Académie des sciences morales et politiques dont les Archives de Paris conservent un petit fonds.

La collection de cartes postales des Archives de Paris est assez modeste. Elle est constituée pour l’essentiel de dons de personnes privées ou de doubles d’autres bibliothèques. Une partie de cette collection est consultable en salle de lecture sous forme de reproductions. Et des publications à venir ici-même, vous permettront d’en découvrir d’autres…

Images : carte postale recto verso, 1902. Archives de Paris, NC. Levées de la poste en 1902, Annuaire du commerce, 1900, p.38 Archives de Paris, PER292 1902.

Carte postale adressée à Jacques Bouteron, verso, 1902. Archives de Paris, NC.Levées de la poste en 1902, Annuaire du commerce, 1900, p.38 Archives de Paris, PER292 1902.

Dimanche 6 février 2022 : Visite officielle d’Elizabeth II à Paris 2/2

La réponse

Direction du patrimoine et de l’architecture : agence d’études d’architecture, réception de la Reine d’Angleterre, 1957. Archives de Paris, 4122W 141.

Bravo, vous avez bien sûr deviné qu’il s’agissait de la reine Elizabeth II, qui fête aujourd’hui son jubilée de platine, soit ses 70 ans de règne ! Ces photographies ont été prises en 1957 à l’occasion d’une visite officielle à Paris, où la reine est accompagnée de son mari, le prince Philip, décédé l’année dernière.

À sa naissance le 21 avril 1926, Elizabeth n’est que troisième dans l’ordre de succession, mais l’abdication en 1936 de son oncle Edward VIII, quelques mois seulement après son accession au trône, fait d’elle l’héritière présomptive de la couronne britannique. Elle n’a que 25 ans lorsque, le 6 février 1952, elle devient reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne, d’Irlande du Nord et des autres royaumes du Commonwealth, après le décès de son père, le roi Georges VI. Celle qui n’était pas supposée régner est, depuis 2016, entrée dans l’histoire : elle est, hommes et femmes confondu.es, la souveraine la plus âgée et au règne le plus long de l’histoire. Long live the Queen !

Image : direction du patrimoine et de l’architecture : agence d’études d’architecture, réception de la Reine d’Angleterre, 1957. Archives de Paris, 4122W 141.

Direction du patrimoine et de l’architecture : agence d’études d’architecture, réception de la Reine d’Angleterre, 1957. Archives de Paris, 4122W 141.

Vendredi 4 février 2022 : Visite officielle d’Elizabeth II à Paris 1/2

La photo du week-end

Archives de Paris, 4122W 141.

Voici sans doute notre photo mystère la plus facile à ce jour ! Pour quelle personnalité reçue par la municipalité parisienne les services techniques de la direction du patrimoine et de l’architecture ont-ils construit ce débarcadère quai d’Orsay, documenté par l’agence d’études d’architecture ?

Exceptionnellement, la réponse dès dimanche !

Archives de Paris, 4122W 141.Archives de Paris, 4122W 141.

Mercredi 2 février 2022 : Les photographies numérisées sur le site des Archives de Paris

Le mercredi de la photographie

Photographie du 42 rue de Bretagne, 3e arrondissement, 1907, collection UPF. Archives de Paris, 11Fi 3027.

C’est la Chandeleur : cette vue d’une boulangerie située au 42 de la rue de Bretagne (en 1907), vous donnera peut-être l’idée/l’envie de vérifier si votre boulanger a cuit des crêpes pour l’occasion. Cette photographie est extraite du fonds de l’Union photographique française (voir notre post du 20 octobre 2021). Vous pourrez la retrouver -et en découvrir d’autres- dans notre rubrique Archives numérisées > Documents iconographiques > Collections photographiques.

Image : photographie du 42 rue de Bretagne, 3e arrondissement, 1907, collection UPF. Archives de Paris, 11Fi 3027.

Lundi 31 janvier 2022 : Les photographies de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) 2/2

La réponse

Atelier parisien d’urbanisme (APUR) : Photographie du centre Georges-Pompidou, 1977. Archives de Paris, 1514W 99.

Bravo, notre photo du week-end représentait bien les immeubles n°111 à 131 de la rue Saint-Martin (in Inventaire des immeubles situés entre les pavillons des halles et le plateau Beaubourg, 1967-1969. Archives de Paris, 3431W 696, fonds de l’Atelier parisien d’urbanisme). C’est au 113 que Marcelin Berthelot habita entre 1852 et 1861, comme une plaque l’indiquait à l’époque de cette photographie. Le parking au premier plan est désormais remplacé par un grand espace piéton … le parvis du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou (CNAC) encore dénommé Centre Pompidou ou Beaubourg. C’est précisément un 31 janvier, il y a 45 ans (en 1977) que ce centre a été inauguré.

Cette photographie aérienne extraite elle aussi d’un fonds de l’APUR montre cette même portion de la rue Saint-Martin après sa réhabilitation. Le plan de la zone est du secteur piétonnier de la ZAC des Halles permet d’appréhender l’implantation du Centre Pompidou dans le quartier.

Images : Atelier parisien d’urbanisme (APUR) : Photographie du centre Georges-Pompidou, 1977. Archives de Paris, 1514W 99. Intégration du centre Beaubourg : secteur piétonnier des Halles zone est, 1971-1977. Archives de Paris, 1514W 157.

APUR : intégration du centre Beaubourg : secteur piétonnier des Halles zone est, 1971-1977. Archives de Paris, 1514W 157.

Vendredi 28 janvier : Les photographies de l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) 1/2

La photo du week-end

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Avis aux amateurs.trices de quizz urbains ! Marcellin Berthelot, scientifique et esperantophone, habita dans l’une de ces maisons.

La réponse lundi !

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Mercredi 26 janvier 2022 : La photo de classe

Le mercredi de la photographie

 Lycée Charlemagne, photographies des professeurs et des élèves, 1892-1893. Archives de Paris, PEROTIN/704/73/2 90.

À l’occasion de la journée internationale de l’éducation le 24 janvier dernier, nous consacrons ce mercredi de la photographie à la photo de classe. Cette dernière, apparue dès les années 1850-1860, est d’abord utilisée par les établissements de renom à des fins de valorisation. Son usage se répand plus largement grâce à la démocratisation de la photographie et à l’engouement des familles pour ces clichés.

La photo de classe, d’abord assujettie à un très long temps de pose, est prise en extérieur. À partir des années 1930, les prises de vues en intérieur avec en fond un élément architectural remarquable de l’établissement se multiplient.

Quant à l’évolution des mises en scène, elle peut refléter celle, plus lente, de l’institution scolaire et de son histoire politique et sociale. Les élèves, au début, sont souvent en blouses et alignés, dans des postures figées. Avec les lois Ferry sur l’école gratuite, laïque et obligatoire, les nouvelles valeurs d’ordre, d’excellence et de discipline sont incarnées par le maître ou la maîtresse au centre de l’image. Dans les années 30, le groupe en salle de classe est représenté en situation d’apprentissage. Tout au long du XXe siècle, les postures des élèves comme des enseignants se décontractent progressivement.

Les photos de classe conservées aux Archives de Paris font partie des fonds collectés dans les écoles. Quand ces témoignages ont été conservés, ils ne sont pas toujours datés et les personnes photographiées sont rarement identifiées.

Images : Lycée Charlemagne, photographies des professeurs et des élèves, 1892-1893, 1904-1905, 1918-1920. Archives de Paris, PEROTIN/704/73/2 90, 96 et 101. École maternelle 34 rue Manin, 19e arrondissement : Enfants et institutrice en classe, s.d. [vers 1930]. Archives de Paris, 2657W 8. École publique maternelle 22 rue Antoine Chantin, Paris 14e arrondissement : photographie de classes enfantines, s.d. [1944-1960]. Archives de Paris, 3117W 13.

 Lycée Charlemagne, photographies des professeurs et des élèves, 1904-1905, 1918-1920. Archives de Paris, PEROTIN/704/73/2 96.  Lycée Charlemagne, photographies des professeurs et des élèves, 1918-1920. Archives de Paris, PEROTIN/704/73/2 101. École maternelle 34 rue Manin, 19e arrondissement : Enfants et institutrice en classe, s.d. [vers 1930]. Archives de Paris, 2657W 8.École publique maternelle 22 rue Antoine Chantin, Paris 14e arrondissement : photographie de classes enfantines, s.d. [1944-1960]. Archives de Paris, 3117W 13.

Vendredi 21 janvier 2022 : Les bouquinistes

La photo du week-end

Mobilier urbain, quai Malaquais, 1908. Archives de Paris, V37M1 1(51).

Pour relayer l’opération nuit de la lecture, nous évoquons aujourd’hui les bouquinistes des quais de Seine chers à Paris, même si leurs boîtes sont le plus souvent closes la nuit !

C’est précisément lorsque les vendeurs ambulants de vieux livres et livres d’occasion ont été autorisés à laisser leur marchandise la nuit sur le lieu de vente que ces boîtes font leur apparition (arrêté municipal de 1891). Les bouquinistes ne payent ni droit de concession, ni loyer mais sont soumis à des obligations telles que hauteur totale maximale au-dessus du sol (2,10 m), peinture verte identique à celle du mobilier urbain, ouverture quatre jours par semaine…

Pour en savoir plus (emplacements notamment) cliquez ici. Et si vous rêvez d’ouvrir une boite verte avec vue sur la Seine, sachez que la Ville de Paris lance un appel à candidatures (jusqu'au 18 février 2022) pour attribuer les emplacements de bouquiniste devenus vacants.

Bonne lecture et bonne nuit !

Image : mobilier urbain, quai Malaquais, 1908. Archives de Paris, V37M1 1(51).

Mercredi 19 janvier 2022 : Album attribué à Ernest Appert (1831-1890)

Le mercredi de la photographie

Portraits de Mme Leroy et Marie-Jeanne Moussu, par Ernest Appert, 1871, Archives de Paris, 9Fi 5.

Notre dernière photo du week-end (voir notre post du vendredi 7 janvier dernier) a suscité beaucoup d’intérêt. Le portrait de Louise Michel est tiré d’un album acquis par les Archives de Paris en vente publique en décembre 2012. Attribué au photographe Ernest Charles Appert (1831-1890), cet album mesurant 22,5x32 cm, contient 252 portraits, au format carte de visite et présentés par paires. Si la première page porte la mention de l’année 1866, les clichés ont sans doute été réalisés entre 1866 et 1872.

Outre des personnalités françaises et étrangères, politiques, ecclésiastiques, mondaines ou artistiques, cet album présente l’intérêt de contenir de nombreux portraits de membres de la Commune de Paris, dont onze femmes, parmi lesquelles Louise Michel donc, mais aussi Eulalie Papavoine, Hortense David, Élisabeth Rétiffe, Joséphine Marchais, Marie-Jeanne Moussu, et d’autres encore…

Images : Portraits de Mme Leroy, Marie-Jeanne Moussu, Hortense David et ?, par Ernest Appert, 1871, Archives de Paris, 9Fi 5.

Portraits de Hortense David et ?, par Ernest Appert, 1871, Archives de Paris, 9Fi 5.

vendredi 14 janvier 2022 : L’album des associations ouvrières de production à l'exposition universelle de 1900

La photo du week-end

Album photographique des associations ouvrières de production à l'exposition universelle de 1900. Archives de Paris, ATLAS 1010.

Votre sapin de Noël trône encore au milieu du salon ? Pourquoi ne pas profiter du week-end pour le déposer dans l’un des points de collecte parisiens qui permettra son recyclage ? Vous avez jusqu’au 20 janvier pour lui donner une deuxième vie : transformé en broyat, il sera ensuite utilisé par les jardiniers municipaux sous forme de paillage et répandu au pied des massifs et sur les sentiers. Pour en savoir plus et trouver le point de collecte le plus proche de chez vous : https://www.paris.fr/pages/recyclons-nos-sapins-3193.

Et si l’année prochaine vous souhaitez opter pour une solution plus durable et moins contraignante, les Archives de Paris vous suggèrent cette version conceptuelle et design, qui facilitera de surcroît la tâche au Père Noël !

Image : album photographique des associations ouvrières de production à l'exposition universelle de 1900. Archives de Paris, ATLAS 1010.

Mercredi 12 janvier 2022 : Les dossiers d’aides aux artistes

Le mercredi de la photographie

Photographie d’une sculpture en plâtre d'Auguste Paris représentant Bobillot, 1888. Archives de Paris, PEROTIN/10624/72/1 144

On peut trouver aux Archives de Paris des tirages photographiques dans des albums dédiés, mais aussi dans des fonds d’archives papier. C’est le cas du fonds qui regroupe les dossiers de commandes d’œuvres d’art, et d’aides aux artistes (Perotin/10624/72/1) que nous mettons à l’honneur aujourd’hui. Ces dossiers composés généralement de propositions d’acquisitions contiennent des échanges de correspondance et souvent des reproductions photographiques d’œuvres réalisées par les artistes.

Le dossier concernant Auguste Paris en est un exemple. Ce sculpteur a notamment remporté le concours lancé pour la réalisation d’un monument à Jules Bobillot. C’est la photographie représentant la sculpture initiale qui se trouve dans le dossier. La statue du sergent Bobillot, coulée en bronze, mesurait 3,20 m et était juchée sur un socle en pierre d’égale hauteur, à la jonction des boulevards Richard-Lenoir et Voltaire (11e arr.). Ne cherchez pas le monument : il a été fondu, comme d’autres statues en bronze, pour contribution de guerre à l’occupant Allemand en 1941. En 1959, une autre sculpture a été élevée en sa mémoire : un buste en pierre installé place Paul Verlaine (13e arr.).

Jules Bobillot (1860-1885), ancien journaliste, s’était engagé dans la guerre que la France menait dans les années 1880 contre l’influence de la Chine dans le Tonkin, avant d’être mortellement blessé le 18 février 1883, lors du siège de Tuyen-Quan (actuel Vietnam). Le monument commémoratif fut inauguré le 15 juillet 1888, dans le 11e arrondissement.

Image : Dossier de commandes d’œuvres d’art à Auguste PARIS, photographie d’une sculpture en plâtre représentant Bobillot, 1888. Archives de Paris, PEROTIN/10624/72/1 144.

Lundi 10 janvier 2022 : Louise Michel 2/2

La réponse

Portrait de Louise Michel, par Ernest Appert, 1871. Archives de Paris, 9Fi 5.

Vous avez bien sûr reconnu ce célèbre portrait de Louise Michel, réalisé par Ernest Appert alors qu’elle est incarcérée à la prison des chantiers à Versailles en 1871. Membre de la Commune, insurgée, institutrice, féministe, militante anarchiste et révolutionnaire maintes fois évoquée ici, Louise Michel est décédée le 9 janvier 1905 à Marseille, il y a de cela 117 ans cette année presque jour pour jour.

Ce tirage d’époque est conservé aux Archives de Paris sous la cote 9Fi 5, dans un album dont nous vous reparlerons ultérieurement…

Bonne semaine à toutes et tous !

Image : portrait de Louise Michel, par Ernest Appert, 1871. Archives de Paris, 9Fi 5.

Vendredi 7 janvier 2022 : Louise Michel 1/2

La photo du week-end

Archives de Paris, 9Fi 5.

Pour bien commencer l’année, une devinette à laquelle vous connaissez toutes et tous la réponse ! Qui se cache derrière ce portrait dont un tirage d’époque est conservé aux Archives de Paris ?

Bon week-end à tous et toutes !

Mercredi 5 janvier 2022 : Les photographies coloriées

Le mercredi de la photographie

Photographie de spectacle de l’école publique maternelle sise 22 rue Antoine Chantin, Paris 14e, 1950-1960. Archives de Paris, 3117W 18.

Aujourd’hui nous évoquons le procédé qui consiste à ajouter de la couleur aux tirages photographiques sur papier noir et blanc, généralement pour créer des images plus réalistes et attrayantes. Les premiers coloriages remontent au milieu du XIXe siècle. Il s’agit d’une opération manuelle consistant à colorier au pinceau notamment, en utilisant des colorants, de l'aquarelle, des huiles et d'autres pigments pour créer des effets variés sur une image photographique. Dans les années 1950-1960, la photographie couleur étant plus répandue, la production des photographies coloriées à la main régresse. Les photographies choisies pour illustrer ce procédé sont signées Georges et G. Broihanne (94 chaussée de l'Étang à Saint-Mandé, actuel Val-de-Marne) et proviennent du fonds d’une école maternelle. Elles montrent les élèves en salle de classe et lors de spectacles de fin d’année. Nous aurons prochainement l’occasion de vous présenter quelques photographies de classe…

Image : photographies de spectacles de l’école publique maternelle sise 22 rue Antoine Chantin, Paris 14e, 1950-1960. Archives de Paris, 3117W 18, 45

Photographie de spectacle de l’école publique maternelle sise 22 rue Antoine Chantin, Paris 14e, 1950-1960. Archives de Paris, 3117W 45

Lundi 3 janvier 2022 : Les dessins et modèles de fabrique 2/2

La réponse

Modèle de sachet déposé par Guillaume fils aîné et Bouton, fabricant de sachets, le 25 novembre 1909, sous le n°4626 auprès du greffe des tissus du Conseil de prud’hommes de la Seine. Archives de Paris, D6U10 744.

Aviez-vous deviné que nos photographies du week-end étaient des dessins et modèles de fabrique ? Il s’agissait plus précisément d’un modèle de robe et d’un modèle de pyjama, déposés sous le n°13194 auprès du greffe des tissus du Conseil de prud’hommes de la Seine par Madeleine Vionnet, le 24 novembre 1930, et conservés sous la cote D12U10 638.

Nous évoquons régulièrement ici ce fonds des dessins et modèles, provenant du tribunal de commerce de la Seine puis de Paris, mais savez-vous vraiment de quoi il s’agit ?

Celui-ci vous est enfin expliqué grâce à une présentation, désormais accessible dans notre rubrique d'aide à la recherche, qui retrace l’historique de ce fonds d’archives atypique, constituant l’une des trois composantes de la propriété industrielle, avec les marques et les brevets d’invention. Les méthodes de classement et de recherche dans ce fonds aux mille merveilles, qui couvre la période 1845-1979, sont aussi détaillées et illustrées de quelques exemples. Flacons à parfum, vêtements de grands couturiers, modèles d’orfèvrerie, etc., déposés en 2 ou 3 dimensions n’auront ainsi plus de secrets pour vous ! Une base de recherche dédiée à ce fonds sera également mise en ligne prochainement pour vous faire découvrir une large sélection de ces curiosités.

Image : Modèle de sachet déposé par Guillaume fils aîné et Bouton, fabricant de sachets, le 25 novembre 1909, sous le n°4626 auprès du greffe des tissus du Conseil de prud’hommes de la Seine. Archives de Paris, D6U10 744.

Vendredi 31 décembre 2021 : Les dessins et modèles de fabrique 1/2

La photo du week-end

©Archives de Paris

Pour le réveillon du 31 décembre, vous êtes plutôt robe de soirée ou robe de chambre ?

Et à votre avis, de quel fonds conservé aux Archives de Paris proviennent ces photographies ?

La réponse lundi !

Bonne soirée à toutes et tous, en pyjama ou en paillettes !

Images : Archives de Paris.

 

Mercredi 29 décembre 2021 : Le flou cinétique

Le mercredi de la photographie

Kiosque n° 264, rue Halévy, n° 12, 35,2 x 27,2 cm, 1906. Archives de Paris, 11Fi 169.

On distingue en photographie le flou de bougé du flou cinétique. Le premier est produit par le mouvement de l’objectif pendant la prise de vue, le second par le mouvement du sujet photographié.

Les débuts de la photographie sont marqués par des temps de pose très longs, qui nécessitent une parfaite immobilité du sujet. Un faible éclairage rend également nécessaire un temps d’ouverture plus long de l’obturateur.

Ainsi, sur les deux photographies présentées aujourd’hui, les objets principaux (kiosque et feu de carrefour) sont immobiles. Le temps de pose court n’a donc pas permis de fixer les éléments en mouvement dont seule la trace évanescente est immortalisée. Silhouette de véhicule étirée, telle un fantôme et personnages en demi-transparence sorte de persistance rétinienne photographique qui restitue la présence fugitive de passants.

Images : Kiosque n° 264, rue Halévy, n° 12, 1906. Archives de Paris, 11Fi 169. Feu de carrefour sur candélabre avec boîte de commande des 4 feux du carrefour, vers 1900. Archives de Paris, ATLAS 1034.

Feu de carrefour sur candélabre avec boîte de commande des 4 feux du carrefour, album, vers 1900. Archives de Paris, ATLAS 1034.

Vendredi 24 décembre 2021 : L’Arbre de Noël de l’Hôtel de Ville, 1922

La photo du week-end

Conseil municipal de Paris, protocole : fête enfantine de Noël à l’Hôtel de Ville, 22 décembre 1926. Archives de Paris, VK3 344.

Pour qui sait bien chercher dans les fonds conservés aux Archives de Paris, il est possible de trouver l’esprit de Noël !

Le 22 décembre 1926, le Conseil municipal de Paris organise dans les salons de l’Hôtel de Ville un arbre de Noël pour les enfants pauvres de la capitale. Les petits visages solennels ou intimidés des jeunes invité.es à cette « fête enfantine », tenant dans leurs mains leurs précieux cadeaux, sont immortalisés dans l’un des albums photographiques du service du protocole.

Image : conseil municipal de Paris, protocole : organisation d’un arbre de Noël pour les enfants pauvres, 22 décembre 1926. Archives de Paris, VK3 344.

Mercredi 22 décembre 2021 : La photothèque de l’Agence d’études d’architecture

Le mercredi de la photogaphie

Noël télévisé, tirage noir et blanc 18 x 24 cm, 1957. Archives de Paris, 4122W 114.

En 1957, les célébrations de Noël organisées par la municipalité parisienne sont retransmises à la télévision : une première ! Sous l’œil des caméras, la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville a été fastueusement décorée par les services techniques de la direction de l’architecture et du patrimoine (DPA, actuelle direction constructions publiques et architecture).

Pour mener à bien leurs missions, ces services s’appuient en interne sur l’Agence d’études d’architecture, qui analyse des besoins, étudie leur faisabilité et prépare les appels d’offre et les concours.

À partir de la fin des années 1940, l’agence constitue un corpus photographique à usage interne. Véritable documentation technique et visuelle, cet ensemble concerne le patrimoine municipal bâti et les évènements ou cérémonies qui s’y déroulent. 

Décontextualisées de leur usage initial, depuis leur entrée aux Archives de Paris (en 2012, 2019, puis février 2021 ; l’instrument de recherche est accessible en ligne sur notre site), ces photographies témoignent de la multiplicité des métiers du bâtiment au sein de la Ville de Paris, des chantiers patrimoniaux ou encore de l’activité protocolaire et festive de la municipalité, comme ce Noël télévisé en décembre 1957.

Image : direction du patrimoine et de l’architecture, agence d’études d’architecture : Noël télévisé, tirage noir et blanc 18 x 24 cm, 1957. Archives de Paris, 4122W 114.

Lundi 20 décembre 2021 : Le quartier de l’ancienne gare de Reuilly 2/2

La réponse

Gare de Reully, 2021. ©Archives de Paris/Laurence Benoist.

Certain.es d’entre vous sont parvenu.es à identifier le périmètre de la gare de Reuilly, dans le 12e arrondissement. Cette gare desservait autrefois la ligne Bastille-Marles-en-Brie (en Seine-et-Marne), sur l’ancien réseau de chemin de fer de l’est. Inaugurée en 1859, elle voit transiter les voyageurs jusqu’en 1969, quand le tracé de la ligne est en partie intégré à la ligne A du RER (Réseau express régional d’Île-de-France). Son activité se prolonge grâce au transport des marchandises mais cesse définitivement en 1985, date à laquelle la SNCF vend ces terrains à la municipalité parisienne, qui souhaite réhabiliter le quartier. Les images publiées ici vendredi dernier proviennent du dossier de demande permis de démolir préalable à ces opérations d’aménagement.

La gare de Reuilly abrite aujourd’hui la maison des associations du 12e arrondissement.

Images : Photographies allée Vivaldi, avenue Daumesnil, 2021. ©Archives de Paris/Laurence Benoist.

 

Photographie allée Vivaldi, avenue Daumesnil, 2021. ©Archives de Paris/Laurence Benoist.Photographie allée Vivaldi, avenue Daumesnil, 2021. ©Archives de Paris/Laurence Benoist.

Vendredi 17 décembre 2021 : Le quartier de l’ancienne gare de Reuilly 1/2

La photo du week-end

Photographie, 1985. Archives de Paris, 1785W 37.

Ce soir, vous serez nombreux à partir vers d’autres horizons… Quelles voies emprunterez-vous pour vos vacances de fin d’année ?

Celles-ci ne sont plus utilisées depuis les années 80. Le quartier est à peine reconnaissable à partir de ces photographies datant de 1985 et provenant du permis de démolir qui concerne un ensemble de 25 bâtiments. La réponse en images lundi…

Bons voyages et bonnes vacances.

Images : 3 photographies, 1985. Archives de Paris, 1785W 37.

Photographie, 1985. Archives de Paris, 1785W 37.Photographie, 1985. Archives de Paris, 1785W 37.

Mercredi 15 décembre 2021 : Le portrait-carte

Le mercredi de la photographie

Saada Abou Gedid, photographie H. Boulard, 1900. Archives de Paris, D29Z 166.

Le tirage photographique monté sur carte représentant une personne, appelé portrait-carte, ou portrait carte-de-visite ou encore photo-carte, apparait vers 1854 en France et connaît un succès spectaculaire durant le dernier quart du XIXe siècle.

L’inventeur de la photo-carte est un photographe marseillais d’origine italienne, Louis Dodéro (1824-1902). C’est à lui que revient l’idée, dès 1851, de remplacer sur une carte de visite le nom du porteur par un portrait photographique de petit format. Mais c’est Eugène Disdéri qui dépose en 1854 le brevet de la photo-carte de visite, après avoir mis au point un appareil photographique qui permet de réaliser huit prises de vues identiques ou différentes avec une seule plaque de verre au collodion, réduisant le coût de fabrication et favorisant par là-même l’essor du procédé. Dans les années 1860, des centaines d'ateliers photographiques s'ouvrent à Paris et dans les grandes villes de province, comme ceux de Pierre Petit, dont nous vous parlions la semaine dernière (voir notre post du mercredi 1er décembre). L’essor de la photo-carte de visite est une des principales raisons du développement fulgurant des ateliers de photographes, en France et à l'étranger.

Le tirage sur papier de la photographie est de faible dimension, soit 5,2 cm sur 8,7 cm : il est ensuite contrecollé sur un carton qui adopte le format d'une carte de visite en usage dès 1860, soit 6,2 cm sur 10,3 cm. Le nom du photographe apparaît généralement imprimé sous le cliché. Le dos, d'abord vierge, est progressivement réservé à la publicité du studio qui produit ce type de format, comme vous pouvez en voir quelques exemples ici.

Ces cartes sont extraites d’une collection constituée à l’occasion de l’Exposition universelle Paris 1900, rassemblant de manière alphabétique les cartes de visite des exposants, qui indiquent au dos l’emplacement et/ou le numéro de stand. Elles sont conservées aux Archives de Paris sous la cote D29Z 166.

Images : Saada Abou Gedid, photographie H. Bouloy ; André Brouillet, photographie Ladrey-Disderi ; Henri Cain, photographie Pierre Petit, 1900. Archives de paris, D29Z 166.

 André Brouillet, photographie Ladrey-Disderi, 1900. Archives de Paris, D29Z 166.Henri Cain, photographie Pierre Petit, 1900. Archives de Paris, D29Z 166.

Lundi 13 décembre 2021 : Les dommages de guerre 2/2

Immeuble 1 rue Gudin, 2021. ©Archives de Paris/Eric Grusse-Dagneau.

Vendredi dernier, notre photo du week-end vous emmenait dans le Paris d’après-guerre, au chevet d’un immeuble partiellement détruit par un bombardement aérien, selon toute vraisemblance celui du 15 septembre 1943.

Depuis trois jours, vous avez pu aisément constater, grâce à la participation de nos perspicaces lectrices et lecteurs, que la physionomie de cet immeuble a bien changé ! Ce laps de temps nous a permis de retrouver le dossier de demande d’indemnisation du propriétaire de l’hôtel Gudin, situé à l’angle de la rue Gudin et du boulevard Murat et répertorié dans notre instrument de recherche à « boulevard Murat » et non à « rue Gudin » (50W 967). Autrefois identique à son voisin sis au n°3 de la rue Gudin, l’immeuble reconstruit au n°1 rompt désormais l’homogénéité architecturale initiale de la parcelle.

Images : photographies de l’immeuble 1 rue Gudin, 2021. ©Archives de Paris/Eric Grusse-Dagneau.

Immeuble 1 rue Gudin, 2021. ©Archives de Paris/Eric Grusse-Dagneau.Immeuble 1 rue Gudin, 2021. ©Archives de Paris/Eric Grusse-Dagneau.

Vendredi 10 décembre 2021 : Les dommages de guerre 1/2

La photo du week-end

Photographie, immeuble 1 rue Gudin Paris 16e, 1955. Archives de Paris, 1131W 214.

Aujourd’hui nous vous embarquons en 1955, devant cet immeuble situé 1 rue Gudin (16e arr.) en partie démoli, vraisemblablement par le bombardement aérien du 15 septembre 1943. Cette photographie provient du fonds des dommages de la Seconde Guerre. Ce fonds volumineux comprend majoritairement des dossiers de demandes d’indemnisation : 71 046 dossiers, dont 4 893 demandes rejetées au 1er mars 1954 (175 ml). Eu égard au volume que cette production administrative a généré, l’intégralité des dossiers de demandes n’a pas été conservé, comme c’est le cas pour cet immeuble qui n’a pas été intégralement détruit. Les 12 fichiers conservent en revanche la trace de toutes les demandes formulées par les sinistrés du département de la Seine. Vous pouvez accéder à l’instrument de recherche qui vous permettra de vérifier si un dossier existe. Seule la consultation du dossier original en salle de lecture vous permettra de savoir si des photographies s’y trouvent conservées.

Qu’est devenu cet immeuble après indemnisation ? Pour ceux qui ne souhaitent ni aller visiter ce quartier, ni interroger leur moteur de recherche préféré, la vue actuelle du 1 rue Gudin sera publiée lundi.

Image : photographie, immeuble 1 rue Gudin Paris 16e, 1955. Archives de Paris, 1131W 214.

Photographie, immeuble 1 rue Gudin Paris 16e, 1955. Archives de Paris, 1131W 214.

Mercredi 8 décembre 2021 : Pierre Petit, photographe (1831-1909)

Le mercredi de la photographie

Autoportrait de Pierre Petit, recto, portrait carte-de-visite, 10,5 x 6,2 cm, 1900. Archives de Paris, D29Z 166.

Aujourd’hui nous vous présentons un photographe photographié. Il s’agit de Pierre Petit, reconnaissable à sa foisonnante chevelure qui lui a valu le surnom de "Collodion le chevelu ».

Né à Aups, dans le Var, le 15 août 1831, Pierre, Lanith Petit entre au début des années 1850 dans l’atelier d’Eugène Disdéri (1819-1889), auprès duquel il se forme à la technique photographique. Il se spécialise dans le portrait au format carte-de-visite, dont Disdéri est l’inventeur. Petit devient alors l’un des promoteurs les plus prolifiques de ce procédé, que nous évoquerons à l’occasion d’un prochain mercredi de la photographie.

En 1858, Petit installe son studio au n°31 de la rue Cadet (9e arrondissement). Fort de son succès commercial, il ouvre une succursale à Bade (actuellement Baden Baden, Allemagne) en 1861, puis une seconde à Marseille en 1862. Il se spécialise dans les portraits de personnalités culturelles et politiques qui font sa renommée. Ses sujets sont généralement cadrés de près, dans un décor dépouillé qui tranche avec les compositions chargées en vogue à cette époque.

Témoignage de la concurrence féroce du milieu, Petit intente en 1862 un procès à son ex-associé (de 1859 à 1861) Antoine Trinquart, accusant ce dernier d’avoir ouvert un studio dans le voisinage immédiat du sien. Débouté, il déménage au 122 rue Lafayette (10e arrondissement) et choisit pour slogan publicitaire « Opère lui-même » (ce qui ne caractériserait pas Trinquart). Pierre Petit est photographe officiel et exclusif de l’Exposition universelle de 1867. C’est à l’occasion de celle de Paris, en 1900, qu’il réalise cet autoportrait au format photo-carte de visite, de profil, une autre de ses caractéristiques stylistiques.

Il s’éteint à l’âge de 77 ans, le 16 février 1909, dans son appartement de la rue Lafayette.

Image : autoportrait de Pierre Petit, portrait carte-de-visite, 10,5 x 6,2 cm, 1900. Archives de Paris, D29Z 166.

Autoportrait de Pierre Petit, verso, portrait carte-de-visite, 10,5 x 6,2 cm, 1900. Archives de Paris, D29Z 166.

Vendredi 3 décembre 2021 : La caserne de sapeurs-pompiers, rue du Jour

La photo du week-end

Cour intérieure, caserne de sapeurs-pompiers rue J.J. Rousseau et rue du Jour, album photographique, 1895-1897. Archives de Paris, ATLAS 1012.

Nous fêtons demain la Sainte Barbe et saluons dès à présent les sapeurs-pompiers parisiens.

En leur honneur, notre photo du week-end vous fait découvrir la très belle cour intérieure et une chambrée de troupe de la caserne Rousseau, dans le 1er arrondissement. L’agrandissement de cette caserne, dont l’entrée s’effectuait jusqu’alors par la rue Jean-Jacques Rousseau, est décidé en 1891 ; il est exhaustivement documenté dans deux articles du fonds des bâtiments communaux cotés VM15 7 et 8. Construit en 1895-1897, le nouveau bâtiment est traversant : il est augmenté de deux parcelles aux n°21-23 de la rue du Jour, par laquelle désormais les véhicules entrent et sortent. Sa conception est l’œuvre de l’architecte Édouard Perronne (1847-1904), qui, au cours d’une carrière principalement libérale, occupe dans les années 1890 le poste d’architecte de la 2e division du département de la Seine, qui lui confie notamment, en outre, la réalisation de l’école publique élémentaire de la rue de la Jussienne (2e arrondissement) et du pavillon de chirurgie de l'asile Sainte-Anne (14e arrondissement).

Édouard Perronne dédie « à Monsieur Leroux, directeur des Affaires départementales », cet album photographique entièrement consacré à la caserne Rousseau et conservé aux Archives de Paris.

La fiche biographique d’Édouard Perronne, détaillant ses travaux et ses distinctions, est librement consultable sur la base AGORA de l’Institut national de l’histoire de l’art. 

Images : album photographique « caserne de sapeurs-pompiers, rue J.J. Rousseau et rue du Jour, Edouard Perronne Architecte, 1895-1897 ». Archives de Paris, ATLAS 1012.

Cour intérieure, caserne de sapeurs-pompiers rue J.J. Rousseau et rue du Jour, album photographique, 1895-1897. Archives de Paris, ATLAS 1012.Chambrée, caserne de sapeurs-pompiers rue J.J. Rousseau et rue du Jour, album photographique, 1895-1897. Archives de Paris, ATLAS 1012.Album photographique « caserne de sapeurs-pompiers, rue J.J. Rousseau et rue du Jour, Edouard Perronne Architecte, 1895-1897 ». Archives de Paris, ATLAS 1012.

Mercredi 1er décembre 2021 : Le fonds Maurice Bertrand (35Fi)

Le mercredi de la photographie

Photographies prises entre 1942 et 1948, extraites du fonds Bertrand. Archives de Paris, 35Fi 290.

Sous les fenêtres du musée du Louvre, la Guêpe file à bonne allure, doublant la Nouvelle Aurore. L’épais panache de fumée noire craché par la cheminée du vieux remorqueur apporte à l’image un caractère pittoresque et désuet car les bateaux à vapeur ont depuis longtemps disparu du paysage de la Seine. Pourtant, en 1946 déjà, la silhouette fumante de la Nouvelle Aurore devait sembler sortie d’une autre époque. Construit en 1917 par les chantiers Jabon frères, à Ombret (Belgique), le bateau assurait un service fluvial pour le compte de la Compagnie française des remorqueurs. Assemblée en 1928 par les chantiers de Normandie pour la Société générale de touage et de remorquage, la Guêpe no75 présentait des lignes plus allongées que celles des premiers remorqueurs du type Guêpe mis à flot en 1907. Longue de 28 mètres, la coque en acier n’était plus surmontée d’une cheminée qu’il fallait parfois abaisser au passage des ponts. Elle emportait un moteur diesel dont l’usage se généralisa à partir de 1931 pour les remorqueurs.

Vous avez déjà vu ici des clichés pris par ce photographe, notamment à l’occasion de la journée internationale de la frite le ler août dernier. Il s’agit de Maurice Bertrand (1910-1976) qui travaillait depuis 1943 comme photographe pour des petites entreprises de la capitale. Il a certainement capturé ce témoignage de l’évolution de la batellerie parisienne tandis qu’il se trouvait quai Conti, au niveau du pont des Arts. Équipé le plus souvent d’un Rolleiflex 6x6, il pratiquait volontiers, à titre de loisir, la photographie de rue comme le montrent les quelques 8200 phototypes (négatifs et tirages) donnés par ses héritiers aux Archives de Paris, en 2017. Parmi ce fonds pléthorique documentant Paris et ses habitants, pour l’essentiel entre 1942 et 1948, la Seine et ses canaux représentent un thème cher au photographe et les bateaux, de tout type, sont un sujet de prédilection. On découvre, pêle-mêle, le Martinet fendant les eaux et laissant derrière lui le pont Bir-Hakeim, le Victor crachotant dans un ciel de neige, ou un autre remorqueur hâlant une péniche près du Palais de Justice et que la pénombre a rendu anonyme. Photographiés à l’amarrage, ces bateaux offrent des motifs séduisants à l’œil du photographe qui les intègrent dans des compositions soignées. Un autre cliché montre les poupes sombres et massives des bateaux amarrés quai de Charenton comme un repoussoir au paysage industriel d’Ivry où l’on reconnaît l’usine de quinquina Saint-Raphaël et les longues cheminées de la centrale électrique alimentant le métro parisien.

Témoignages de la batellerie parisienne au mitan du xxe siècle, ces photographies de remorqueurs documentent un élément singulier du patrimoine fluvial francilien dont les spécimens subsistants font l’objet d’une protection et d’une valorisation assurées par les DRAC et les associations. Ces vues illustrent, en outre, l’activité industrielle et marchande de la Seine encore vivace vers 1950 et rappellent le lien indéfectible qui unit, depuis sa fondation, Paris à son fleuve.

Images : Photographies prises entre 1942 et 1948, extraites du fonds Bertrand. Archives de Paris, 35Fi 288, 290, 293, 294, 296.

Photographies prises entre 1942 et 1948, extraites du fonds Bertrand. Archives de Paris, 35Fi 288.Photographies prises entre 1942 et 1948, extraites du fonds Bertrand. Archives de Paris, 35Fi 293.Photographies prises entre 1942 et 1948, extraites du fonds Bertrand. Archives de Paris, 35Fi 294.Photographies prises entre 1942 et 1948, extraites du fonds Bertrand. Archives de Paris, 35Fi 296.

Lundi 29 novembre 2021 : La Ruche, rues Rambuteau et Pierre Lescot 2/2

La réponse

Photographie angle rue Pierre Lescot et rue Rambuteau, 2021. ©Archives de Paris/Laurence Benoist.

Un certain nombre d’entre vous ont bien reconnu l’angle des rues Rambuteau (n°92) et Pierre Lescot (n°9), dans le quartier des Halles, qui a subi de nombreuses mutations, et dont vous trouverez plusieurs reproductions dans notre rubrique « documents pour la classe » sous l’onglet offre éducative de notre site internet.

Jusqu’à sa transformation dans les années 1970, le quartier des Halles de Paris est investi par les commerces de bouche en gros ou au détail, les cafés et les restaurants, comme en témoignent les enseignes pittoresques visibles sur cette photographie. Ce que confirme également la consultation des Bottins commerciaux, conservés dans la bibliothèque des Archives de Paris sous la cote PER292.

À partir des années 1871-1872, on trouve au 9 rue Pierre Lescot un commerce d’épicerie, salaisons et comestibles puis, une dizaine d’années plus tard, une crèmerie. Il faut attendre encore quarante ans pour voir le nom d’enseigne « La Ruche » apparaître, et comme son nom ne l’indique pas, La Ruche est un café-comptoir ! Fondé en 1935 par Paul Cauqui, le café est, à son décès en 1948, repris par sa veuve Lucienne et son fils René Noël. Cette information est révélée par la consultation du fonds du tribunal de commerce de la Seine conservé aux Archives de Paris. Il conviendrait de poursuivre sa recherche dans les Bottins pour déterminer la date de fin de cette activité.

Image : Société d’économie mixte d’aménagement des Halles (SEMAH) : quartier des Halles, destruction des anciennes halles et repérages des rues du quartier : photographie, angle rue Pierre Lescot et rue Rambuteau, 1968. Archives de Paris, 3478W 77. Photographie de ce même angle de rues, 2021, ©Archives de Paris/Laurence Benoist.

Société d’économie mixte d’aménagement des Halles (SEMAH) : quartier des Halles, destruction des anciennes halles et repérages des rues du quartier : photographie, angle rue Pierre Lescot et rue Rambuteau, 1968. Archives de Paris, 3478W 77.

Vendredi 26 novembre 2021 : La Ruche, rues Rambuteau et Pierre Lescot 1/2

La photo du week-end

© Archives de Paris

Notre photo du week-end nous transporte en 1968, dans un quartier éminemment parisien qui a connu de nombreuses transformations.

Saurez-vous retrouver de quelle rue il s’agit ?

À vous de jouer !

Image : Archives de Paris.

Mercredi 24 novembre 2021 : Le miroir d’argent

Le mercredi de la photographie

Siège très ouvragé, s.d. Archives de Paris, 11Fi 2707.

Un grand nombre de procédés photographiques ont pour base la même technologie : un support, recouvert d’une émulsion composée d’un liant et de la matière sensible à la lumière qui va restituer l’image. D’autres couches peuvent venir s’ajouter, en fonction de la technique photographique employée.

Tous les objets photographiques peuvent être sujets à des détériorations, quel que soit leur procédé. Ces altérations sont chimiques (inhérentes au procédé lui-même), ou mécaniques (c’est-à-dire exogènes, comme des déchirures ou des lacunes) ; elles racontent la vie de cet objet.

Peut-être avez-vous déjà observé sur des photos anciennes un reflet argenté, plus prononcé sur les parties sombres de l’image. Cette altération particulière s’appelle « miroir d’argent » ; elle est intrinsèque au procédé lorsque la substance photosensible utilisée est l’halogénure d’argent. Si la photographie est soumise à un fort taux d’humidité, des ions d’argent mobiles se forment et deviennent de l’argent métallique, qui remonte à la surface de l’image.

De nos jours, les professionnel.les de la restauration considèrent qu’il ne faut pas intervenir sur ce type de détérioration, car elle est constitutive de l’objet.

Image : siège très ouvragé : 2 têtes de lion, les ailes formant les accoudoirs. En haut, couronne de monarque, 43,2 x 31,1 cm, s.d. Archives de Paris, 11Fi 2707.

Siège très ouvragé, s.d. Archives de Paris, 11Fi 2707.Siège très ouvragé, s.d. Archives de Paris, 11Fi 2707.

Lundi 22 novembre 2021 : Usine de pavés de bois de Javel 2/2

La réponse

Album photographique, usine de fabrication des pavés en bois, janvier-février 1910. Archives de Paris, non coté, Pavés_NC_158.

Il s’agit de l’usine municipale de fabrication de pavés en bois, implantée à Javel, entre le quai de Javel et les rues des Cévennes, Gutenberg et Cauchy.

Le pavage en bois a fait son apparition à Paris dans les années 1880, largement imité du pavage en bois sur couche de béton développé depuis 1872 en Angleterre. Son avantage était d’amortir le bruit des sabots des chevaux. Créée en 1886, l’activité de l’usine municipale de pavés de bois a commencé à décliner dans les années 20. Glissants et fragiles, en dépit du fait qu'ils étaient saupoudrés de sable ou de gravier pour plus d'adhérence, les pavés de bois ont été définitivement abandonnés en 1938, au profit des pavés de granit. La crue de 1910 a détruit plusieurs de ces chaussées pavées de bois. Vous pouvez retrouver une vue de la rue du Bac transformée en rivière sur laquelle flottent des carrés de bois, en consultant notre dossier consacré à la crue de 1910. La photographie prise récemment dans le passage du 81 rue Saint-Maur vous donnera un aperçu du rendu d’un pavage de chaussée en bois.

Image : album photographique, usine de fabrication des pavés en bois, janvier-février 1910. Archives de Paris, non coté, Pavés_NC_158. Photographie de pavage en bois, rue Saint-Maur, 2021.

Album photographique, usine de fabrication des pavés en bois, janvier-février 1910. Archives de Paris, non coté, Pavés_NC_158. Photographie de pavage en bois, rue Saint-Maur, 2021.

Vendredi 19 novembre 2021 : Usine de pavés de bois de Javel 1/2

La photo du week-end

Photographie Archives de Paris.

En écho à la publication des 5 et 8 novembre, vous devriez aisément reconnaître quelle est l’activité de cette fabrique qui a été victime des eaux de la dernière crue centennale de 1910. Pouvez-vous aussi la localiser ?

Mercredi 17 novembre 2021 : Le fonds Michel Fleury (D62J)

Le mercredi de la photographie

Photographie réalisée pour un article [env. 1970] : bague de la reine Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209.

Les noms de Clotaire, Chilpéric ou Brunehaut vous sont familiers ? C’est grâce à Grégoire de Tours, patron des historiens, que l’on célèbre en ce 17 novembre. À travers le « Liber historiae Francorum », écrit par cet évêque du VIe siècle, on connaît bien des aspects de la vie politique, économique et religieuse de la France mérovingienne.

Né vers 538 à Clermont, Grégoire est issu d’une famille de l’aristocratie sénatoriale gallo-romaine. Instruit des auteurs chrétiens par deux oncles évêques, il est élu à son tour évêque en 573, à Tours. Prélat soucieux de gouverner sa cité, attentif au culte de saint Martin et à l’extension du christianisme dans les campagnes de son diocèse, Grégoire est aussi proche des rois mérovingiens jusqu’à sa mort en 593 ou 594. Enfant, il a connu Clotilde, la femme de Clovis, puis son fils Clotaire 1er ; surtout, il est le témoin de guerres civiles qui ravagent le royaume franc dans le dernier quart du VIe siècle.

C’est son époque que raconte Grégoire de Tours dans les dix livres de son « Histoire des Francs », un récit empreint de morale chrétienne où il encense les bons souverains, charitables, pieux et qui craignent Dieu, et critique les mauvais qui ignorent les commandements de l'Église et la vertu.

L’œuvre de Grégoire de Tours, maintes fois recopiée, poursuivie par des auteurs non identifiés qui privilégient la gloire des rois francs et écartent sa volonté ecclésiologique, connaît une grande célébrité au XIXe siècle quand Augustin Thierry la paraphrase dans « Les récits des temps mérovingiens ». Ces « Récits » popularisent les déchirements du royaume des Francs entre les quatre petits-fils de Clovis et l’affrontement sans merci entre Frédégonde et Brunehaut, qui entrent ainsi dans les livres d’école des petits Français et dans la mémoire collective.

Le succès de l’œuvre d’Augustin Thierry et la fascination romantique pour les Mérovingiens se révèlent ainsi à Paris quand en 1846, on donne à une rue, aujourd’hui dans le VIe arrondissement, le nom de Grégoire de Tours, « personnage illustre et distingué ».

Dans les années 1960, c’est grâce à l’« Histoire des Francs » et à une bague gravée à son nom (Arnegundis regine) que Michel Fleury, conservateur aux Archives de la Seine, historien et archéologue, peut relier la grande dame luxueusement ensevelie dans un sarcophage à Saint-Denis à la reine Arégonde, troisième épouse du roi Clotaire 1er et mère de Chilpéric 1er. L’important fonds de Michel Fleury, découvreur de la tombe d’Arégonde, est conservé aux Archives de Paris, sous la cote D62J. Si une grande partie de ce fonds reste à classer, les articles déjà inventoriés contiennent en particulier des photographies documentaires des découvertes de la tombe d’Arégonde ayant servi à étayer une publication scientifique.

Images : Photographies et schéma réalisés pour un article [env. 1970] : bague de la reine Arégonde ; reconstitution du vêtement et de la parure d’Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 207 et 209.

Photographie réalisée pour un article [env. 1970] : bague de la reine Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209.Photographie réalisée pour un article [env. 1970] : reconstitution du vêtement et de la parure d’Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209.Photographie réalisée pour un article [env. 1970], fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209.Schéma réalisés pour un article [env. 1970] : reconstitution du vêtement et de la parure d’Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 207.

Lundi 15 novembre 2021 : Exposition coloniale internationale de 1931 2/2

La réponse

Exposition coloniale internationale, temple d'Angkor Vat, Braun et Cie, éditeurs-concessionnaires, 1931. Archives de Paris, 11Fi 2772.

Il s’agissait de l’Exposition coloniale qui avait ouvert ses portes au grand public le 6 mai 1931 et les refermait le 15 novembre. L’Exposition promouvait une image de la France à l’apogée de sa puissance et montrait aux visiteurs les richesses et les splendeurs de ses territoires colonisés, sur les cinq continents, depuis plusieurs siècles. Les possessions françaises pouvaient être découvertes en déambulant, de reproductions monumentales d’architectures indigènes en reconstitutions de souk ou jardin, depuis la station de métro porte Dorée (anciennement Picpus) sur tout le bois de Vincennes. L’Indochine était, par exemple, représentée par une fidèle copie du massif central du temple cambodgien d’Angkor Vat. Attraction majeure de l’Exposition,  ce temple, spectaculaire par ses dimensions et sa magnificence, avait nécessité six années de travaux préparatoires aux architectes Blache père et fils. 

Outre ces architectures éphémères, c’est tout un peuple d’habitants des colonies qui était à voir et à écouter. Vous pouvez en retrouver certains grâce aux "musiques et parlers coloniaux" enregistrés à l'occasion de cette exposition, sur le site internet de nos collègues de la Bibliothèque nationale de France.

Images : Exposition coloniale internationale, temple d’Angkor Vat, Braun et Cie, éditeurs-concessionnaires, 1931. Archives de Paris, 11Fi 2772 et Encart publicitaire pour l’exposition coloniale in Le petit bleu, avril 1931. Archives de Paris, VM21 4.

Encart publicitaire pour l’exposition coloniale in "Le petit bleu", avril 1931. Archives de Paris, VM21 4.Encart publicitaire pour l’exposition coloniale in "Le petit bleu", avril 1931. Archives de Paris, VM21 4.

Vendredi 12 novembre 2021 : Exposition coloniale internationale de 1931 1/2

La photo du week-end

Carte photographique, Archives de Paris.

Il y a 90 ans, auriez-vous profité de votre fin de semaine pour aller visiter cette « attraction » déployée dans l’est parisien ?

Mercredi 10 novembre 2021 : Les albums photographiques de la Grande Guerre (9Fi)

Le mercredi de la photograhie

Album photographique : la guerre, 1914-1917, Paris. Archives de Paris, 9Fi 8.

Le 28 juillet 1919, la Ville de Paris reçoit la croix de guerre avec palme, décoration créée en 1915 pour matérialiser les citations récompensent de la bravoure militaire. La remise officielle a lieu en très grandes pompes sur le parvis de l’Hôtel de Ville le 19 octobre 1919, en présence du président de la République Raymond Poincaré. La citation à l’armée de Georges Clemenceau, président du Conseil des ministres, évoque la bravoure des Parisiennes et des Parisiens, qui ont supporté « avec une vaillance aussi ferme que souriante de nombreux bombardements par avions et par pièces à longue portée ».

Les Archives de Paris conservent des albums photographiques qui témoignent visuellement des difficultés endurées par les populations civiles de la capitale pendant ce premier conflit mondial, mais aussi des manifestations de liesse spontanées après l’annonce de la signature de l’armistice. Cotés 9Fi 8 et 9Fi 9, ils permettent de mieux appréhender la dimension humaine des destructions et des privations subies par les Parisien.nes pendant la guerre, dont attestent plus formellement les documents administratifs également conservés aux Archives de Paris (notamment, mais pas exclusivement, dans le fonds des dommages de guerre).

Outre les bombardements, le paysage de la capitale est aussi marqué par les réquisitions. Un troisième album relatif à cette période et conservé aux Archives de Paris, montre la transformation du Grand Palais, réquisitionné dès le 2 août 1914, en hôpital militaire à partir du 4 septembre de la même année. Conçu comme un album-souvenir édité à 500 exemplaires et illustré de tirages d’époque, il est préfacé par M. Deglane, architecte conservateur du Grand Palais, le médecin principal Coppin, médecin chef et le médecin major Jean Camus.

Bien que l’on ignore l’identité des auteurs des prises de vue des albums 9Fi 8 et 9Fi 9 (à noter, certaines photographies portent le timbre sec « Cliché identité judiciaire) et l’usage auquel elles étaient alors destinées, ces photographies ouvrent une fenêtre sur la vie quotidienne des Parisien.nes pendant la Première Guerre mondiale.

Images : albums photographiques : la guerre, 1914-1917 et 1917-1919, Paris. Archives de Paris, 9Fi 8 et 9. Le Grand Palais pendant la guerre, 1914-1915-1916. Archives de Paris, 9Fi 1.

Le Grand Palais pendant la guerre, 1914-1915-1916. Archives de Paris, 9Fi 1.

Le Grand Palais pendant la guerre, 1914-1915-1916. Archives de Paris, 9Fi 1.

Album photographique : la guerre, 1914-1917, Paris. Archives de Paris, 9Fi 8.Album photographique : la guerre, 1917-1919, Paris. Archives de Paris, 9Fi 9.Album photographique : la guerre, 1917-1919, Paris. Archives de Paris, 9Fi 9.Album photographique : la guerre, 1917-1919, Paris. Archives de Paris, 9Fi 9.

Lundi 7 novembre 2021 : Granitiers et terrassiers de la Ville de Paris 2/2

La réponse

Service technique de la voie publique et de l’éclairage, atelier municipal, exposition universelle de Paris 1900. Archives de Paris, ATLAS 1013.

Les granitiers et terrassiers parmi vous auront reconnu ces outils utilisés (vers 1900) pour le pavage en pierre et en bois. Cette photographie est issue d’un album consacré au service technique de la voie publique et de l’éclairage, réalisé pour l’exposition universelle de 1900. D’autres photographies extraites de ce même album, vous permettront de faire mieux connaissance avec l’atelier et ses protagonistes.

Images : album photographique, service technique de la voie publique et de l’éclairage, atelier municipal, Exposition universelle de Paris, 1900. Archives de Paris, ATLAS 1013.

Service technique de la voie publique et de l’éclairage, atelier municipal, exposition universelle de Paris 1900. Archives de Paris, ATLAS 1013.

Vendredi 5 novembre 2021 : Granitiers et terrassiers de la Ville de Paris 1/2

La photo du week-end

Photographie : Archives de Paris.

Encore une devinette pour cette nouvelle « photo du week-end » : savez-vous à quel(s) corps de métier ces outils sont destinés ?

La réponse lundi !

Mercredi 3 novembre 2021 : Le service municipal des pompes funèbres (2484W)

Le mercredi de la photographie

Service municipal des pompes funèbres : 4 photographies de corbillards de 1re, 2e, 3e et 4e classe, s.d. [1910-1930]. Archives de Paris, 2484W 601.

La loi du 28 décembre 1904 transfère aux communes le monopole des inhumations, jusque-là détenu par les fabriques des églises et les consistoires depuis la loi du 23 prairial an XII (13 juin 1804).

La fourniture des cercueils ainsi que la mise à disposition des corbillards, des tentures et du personnel nécessaire aux inhumations, exhumations et crémations… deviennent ainsi un service public.

À Paris, cette loi est appliquée à partir du 1er janvier 1906. Le transfert de compétences concernant aussi bien les services que le foncier, le bâtiment situé au n°104 de la rue d’Aubervilliers, construit en 1874 par l’archevêché de Paris pour y installer les pompes funèbres parisiennes, abrite désormais le service central des pompes funèbres de la Ville de Paris. Le service municipal des pompes funèbres sera ainsi géré par la préfecture de la Seine puis la municipalité jusqu’en 1997, date à laquelle il cesse son activité mise à mal par la fin du monopole communal sur l’organisation des obsèques, instauré par la loi du 8 janvier 1993.

Cette fermeture est l’occasion pour les Archives de Paris de collecter les archives du service, réparties en plusieurs versements.

En particulier, le fonds coté 2484W 1-601, outre son intérêt généalogique et sociologique, offre une documentation visuelle précieuse pour qui s’intéresse aux pratiques funéraires du XXe siècle : de nombreuses photographies donnent à voir les prestations proposées (corbillards par classes d’enterrement, livrées des croque-morts, catafalques et cercueils) et leur évolution dans le temps, du début du XXe siècle aux années 1980.

Pour en savoir plus sur l’historique de ce service, reportez-vous à l’introduction de l’instrument de recherche du fonds 2484W 1-601, disponible en ligne sur notre site internet.

Images : service municipal des pompes funèbres : 4 photographies de corbillards de 1re, 2e, 3e et 4e classe ; 3 photographies de croque-morts en livrée, s.d. [1910-1930]. Archives de Paris, 2484W 572 et 2484W 601.

Photographie d'un croque-mort en livrée, s.d. [1910-1930]. Archives de Paris, 2484W 601.

Photographie d'un croque-mort en livrée, s.d. [1910-1930]. Archives de Paris, 2484W 601.

Photographie d'un croque-mort en livrée, s.d. [1910-1930]. Archives de Paris, 2484W 601.

Lundi 1er novembre 2021 : Cimetière de Montmartre 1/2

La réponse

"Construction d'un pont en acier au-dessus du cimetière du Nord", 1888. Archives de Paris, ATLAS 117.

Notre photo du week-end vous emmenait dans le 18e arrondissement, au cimetière du Nord, plus connu sous le nom de cimetière de Montmartre.

Inauguré le 1er janvier 1825, il s’étend sur près de 11 hectares et abrite les sépultures de nombreux.ses anonymes, artistes et célébrités.

La photographie est extraite d’un atlas de la direction des Travaux de Paris qui documente la construction du pont Caulaincourt en 1888. Ce dernier enjambe littéralement le cimetière de Montmartre, comme le démontrent ces plans de la Butte Montmartre avant et après sa construction, ainsi que cet autre cliché, tirés du même atlas.

Images : direction des Travaux de Paris, plans, dessins d’exécution et photographies reliés en atlas : construction d’un pont en acier au-dessus du cimetière du Nord, 1888. Archives de Paris, ATLAS 117.

"Construction d'un pont en acier au-dessus du cimetière du Nord", 1888. Archives de Paris, ATLAS 117.

"Construction d’un pont en acier au-dessus du cimetière du Nord", 1888. Archives de Paris, ATLAS 117.

Vendredi 29 octobre 2021 : Cimetière de Montmartre 1/2

La photo du week-end

Photographie Archives de Paris

Le cœur de l’automne est une période de transition, associé dans de nombreuses cultures au souvenir des morts. Ce dimanche aura lieu Hallowe’en, fête anglo-saxonne d’origine gaélique, suivi le 1er novembre par le Diá de los muertos mexicain et par la commémoration des fidèles défunts le 2 novembre. Suscitant l’effroi, le recueillement ou la joie, ces célébrations ont une chose en commun : elles enjoignent les vivants à se recueillir sur les tombes de celles et ceux qui leur sont chers.

Célébrez aussi les défunts en consultant les actes de décès de l’état civil reconstitué (XVIe-1859) numérisés et désormais accessibles sur notre site internet !

Saurez-vous reconnaître quel cimetière parisien apparaît sur cette photographie ?

La réponse lundi ! 

Mercredi 27 octobre 2021 : Le photomontage

Le mercredi de la photographie

Photomontage de l'exécution des généraux Lecomte et Clément-Thomas à Montmartre, E. Appert, 1871. Archives de Paris, D1J 10, dossier 219.

Objet photographique à part, les photomontages sont présents dans les fonds des Archives de Paris. Aujourd’hui largement numérique, le photomontage est presque aussi ancien que la photographie elle-même puisqu’il apparaît dès la fin des années 1860. Obtenu à partir du collage de plusieurs tirages, parfois rehaussé de dessin ou de peinture, il est à l’origine destiné à pallier deux difficultés techniques : les temps de pose encore longs et un matériel pénible à transporter. Le photomontage permet donc la recréation a posteriori d’un événement.

Les photographes et frères Eugène (1830-1905) et Ernest (1831-1890) Appert emploient ce procédé, dont on leur attribue souvent la paternité ou du moins la promotion, pour dénoncer les « Crimes de la Commune ». Partisans de Versailles, les frères Appert (les spécialistes ne s’accordent pas sur l’identité précise de l’auteur) y réduisent l’entreprise communaliste à une escalade de violence, choisissant de montrer des épisodes de la guerre civile à charge pour les insurgé.es. Reproduites au format carte de visite, ces images sont profusément diffusées et contribuent à nourrir la légende noire de la Commune.

Entre recherche de réalisme et image de propagande, le photomontage nous rappelle que la photographie n’est pas et n’a jamais été une source historique garante d’une quelconque objectivité : elle résulte elle aussi de l’œil subjectif de la personne qui réalise la prise de vue.

Images : photomontage de l'exécution des généraux Lecomte et Clément-Thomas à Montmartre, E. Appert, 1871. Archives de Paris, D1J 10, dossier 219. Massacre des Dominicains d’Arcueil, route d’Italie n°38, le 25 mai 1871 à 4 heures (13 victimes), E. Appert. Archives de Paris, 11Fi 2026.

assacre des Dominicains d’Arcueil, route d’Italie n°38, le 25 mai 1871 à 4 heures (13 victimes), E. Appert. Archives de Paris, 11Fi 2026.

Lundi 25 octobre 2021 : Georges Brassens 2/2

La réponse

Métro Porte des lilas, portrait de Georges Brassens sur le quai de la ligne 11, direction Châtelet. Photographie Archives de Paris / Laurence Benoist.

Avez-vous découvert à quelle personnalité faisait allusion la photographie IGN publiée vendredi dernier ? Il s’agissait bien sûr de Georges Brassens, dont nous fêtions samedi 23 octobre dernier le centenaire de la naissance à Sète. L’indice en image représentait la Porte des Lilas au début des années 1960, pendant la construction du réservoir des Lilas, soit à peu près à la même époque que le film de René Clair « La Porte des Lilas », sorti en 1957 et interprété par Pierre Brasseur et Georges Brassens, donc, qui en signe également la bande originale. Sur cette image, à l’actuel emplacement des Archives de Paris, deux grands hangars semblent préfigurer les deux silos de conservation d’archives qui sortiront du sol en 1989 !

Brassens a également chanté la porte des Lilas dans sa chanson « Les Lilas », dont on peut lire un extrait sur le quai de la station Porte des Lilas sur la ligne 11, en direction d’Hôtel de Ville, station qui vous est peut-être familière si vous êtes une visiteuse ou un visiteur assidu.e des Archives de Paris !

Vendredi 22 octobre 2021 : Georges Brassens 1/2

La photo du week-end

Porte des Lilas au début des années 1960, photographie IGN.

Pour notre première « photo du week-end », nous vous proposons une double énigme !

Nous fêtons aujourd’hui le centenaire de sa naissance. Qui est-il ? Cette image vous donnera peut-être un indice, si vous connaissez bien son œuvre, et si vous parvenez à déterminer où la photographie a été prise…

Celle-ci fait partie des collections de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Elle avait été utilisée pour une exposition organisée aux Archives de Paris en 1996. Explorez les collections de l’IGN en utilisant l’outil « Remonter le temps » qui permet d’observer l’évolution du territoire français : comparez en ligne, des cartes et photographies aériennes anciennes et actuelles. 

Image : Vue aérienne de la Porte des Lilas au début des années 1960, IGN.

Mercredi 20 octobre 2021 : Le fonds UPF (11fi)

Le mercredi de la photographie

Photographie du 21 rue de la Lancette, 12e arrondissement, s.d. [circa 1894-1898], collection UPF. Archives de Paris, 11Fi 3634.

Bienvenu.es dans le « Mercredi de la photographie » !

 

Pour accompagner les conférences proposées en partenariat avec le Comité d’histoire de la Ville de Paris sur « La photographie à Paris » (le programme complet de la première saison est ici : https://archives.paris.fr/a/804/la-photographie-a-paris/), les Archives de Paris vous proposeront, pendant deux saisons, deux rendez-vous hebdomadaires consacrés aux photographies issues de nos fonds, à retrouver ici, et sur notre site internet : https://archives.paris.fr/r/315/?pr=1.

 

Tous les mercredis, nous aborderons la photographie sous son aspect documentaire au sens large, ce qui permettra également d’envisager les différentes techniques et procédés présents dans nos fonds.

Nous commençons par le fonds dit UPF, bien connu des lectrices et lecteurs les plus assidu.es de de cette page.

Fondée en 1893 par Jean-Baptiste Laroche, ouvrier photographe, l’Union photographique française est une association fonctionnant sur le modèle de la coopérative ouvrière. Spécialisée, mais pas exclusivement,  dans les « travaux pour ingénieurs, architectes et constructeurs », l’UPF est choisie par le bureau des traités et acquisitions de la direction des services d’architecture et des promenades et plantations de la Ville de Paris pour photographier, entre 1898 et 1914, des quartiers populaires et/ou encore ruraux de la capitale amenés à disparaître.

Depuis une quarantaine d’années, la ville a déjà subi de nombreuses transformations. Aux grands travaux haussmanniens ont succédé les reconstructions nécessaires après la guerre civile de 1871. À l’aube du 20e siècle, la municipalité souhaite engager une nouvelle campagne d’urbanisation d’envergure, afin d’éradiquer l’habitat insalubre et endiguer la propagation de la tuberculose. Les photographies commanditées aux opérateurs de l’UPF doivent servir de base à l’architecte-voyer en chef pour l’estimation des indemnités d’expropriation ou d’éviction des habitants des quartiers concernés. Elles nourrissent également une pensée architecturale naissante, orientée vers l’édification d’une ville moins austère (à l’inverse du projet haussmannien) mais plus humaine et agréable.

Inscrits dans la tradition des commandes publiques de photographies d’architecture, ces clichés nous permettent aujourd’hui de documenter l’évolution du paysage urbain parisien. La connaissance du terrain qu’ont les opérateurs se reflète dans la présence souvent complice d’habitants de ce Paris populaire, vision éphémère suspendue entre passé et futur.

Ainsi cette vue du n°21 de la rue de la Lancette, dans le 12e arrondissement, semble-t-elle avoir été prise dans un village rural, à quelques rues à peine de la fourmillante Gare de Lyon.

Dès demain à 17h00, assistez en salle Verlaine des Archives de Paris à la première conférence du cycle : « Perspectives urbaines : Paris dans les Archives de la Planète. », par David-Sean Thomas, chargé d'expositions au Musée départemental d'Albert-Kahn.

Image : photographie du  21 rue de la Lancette, 12e arrondissement, s.d. [circa 1894-1898], collection UPF. Archives de Paris, 11Fi 3634.