Mercredi 21 septembre 2022 : dossiers judiciaires

Dossier de mort sans suite, photographe anonyme. Tribunal de grande instance, Parquet.1961. Archives de Paris, 61W 14.

Le mercredi de la photographie

On peut aussi trouver des photographies dans les fonds d’archives judiciaires. Par exemple, des dossiers relatifs à des morts dites "suspectes" ou "violentes" : morts accidentelles, suicides et homicides. Transmis au Parquet qui n'a pas jugé nécessaire d'engager des poursuites ni d'ouvrir une information judiciaire, ces dossiers dits « morts sans suite » contiennent surtout des procès-verbaux de police (découverte du corps, interrogatoires), le rapport d'autopsie de l'institut médico-légal, et plus rarement des effets personnels trouvés sur la victime. Outre les photos du lieu où le corps a été retrouvé, on y voit des photographies cadavériques qui contribuent à l’identification du sujet. Pendant plus d’un siècle, c’était l’exposition publique des cadavres, entreposés derrière des baies vitrées de la morgue de Paris, qui pouvait permettre cette identification par le public qui s’y pressait. Cette visite à la morgue qui était devenue l’attraction du Tout-Paris, était relayée dans des guides de voyagistes. Cette pratique nous déconcerte aujourd’hui, la photo cadavérique provoquant déjà en elle-même un certain malaise. C’est par décision du préfet de police Lépine (décret de mars 1907) que ces expositions sont interdites.

Image : Dossier de mort sans suite, photographe anonyme. Tribunal de grande instance, Parquet.1961. Archives de Paris, 61W 14.