Mercredi 30 mars 2022 : Les plaques de verre

Fonds Chastin : photographie sur plaques de verre représentant les chiffonniers du Pré-Saint-Gervais au travail, s.d. Archives de Paris, 59Fi 124.

Le mercredi de la photographie

Les Archives de Paris ont acquis en vente publique un ensemble de 125 photographies sur plaques de verre ayant appartenu à Jean Chastin (1862-1943), illustrant les arts et métiers de Paris dans le premier quart du XXe siècle, comme ces chiffonniers du Pré-Saint-Gervais.

Peut-être ce professeur de lettres au lycée Voltaire, de 1890 à sa retraite en 1928, les utilisait-il à des fins pédagogiques : sur plusieurs de ces plaques, la mention du fabricant indique en effet « Fabrique d'instruments d'optique et de projections lumineuses. P. Baudin ». Cette entreprise, installée rue Vivienne (2e arr.), était notamment spécialisée dans la production de plaques photographiques pour le Musée pédagogique, fondé en 1879 par Jules Ferry pour soutenir l’éducation populaire par l’image. Aussi appelée diapositive sur verre, elles étaient conçues pour être vues par transparence ou projetées à l’aide d’une lanterne magique. Outre leur usage pédagogique, la projection d’images sur plaques de verre était également un divertissement très populaire. Toutefois, l’essor du cinéma à la fin du XIXe siècle et le développement rapide à partir de 1945 des diapositives en couleur les font tomber en désuétude.

Les premières expérimentations de photographies sur plaques de verre sont menées dès 1847 par Abel Niépce de Saint-Victor (1805-1870). Les frères William et Frederick Langenheim perfectionnent ensuite le procédé dans leur studio de Philadelphie. Les plaques albuminées utilisées à l’origine sont rapidement supplantées par une fixation au collodion humide qui réduit considérablement le temps de pose. Ce n’est qu’à partir des années 1880 que les photographes utilisent des plaques au gélatinobromure d’argent, à l’instar de celles provenant de la collection de Jean Chastin. Cette nouvelle technique permet, en particulier, de produire des images en série.

Aujourd’hui, les photographies sur plaque de verre sont considérées comme des objets patrimoniaux. Leur bonne conservation nécessite de les protéger de l’humidité, des températures trop extrêmes et de la lumière. Outre les fêlures et cassures, elles sont aussi sujettes aux altérations chromatiques, telles que le syndrome du miroir d’argent. Cette dégradation est souvent due à la mauvaise qualité du conditionnement d’origine.

Images : Fonds Chastin : photographies sur plaques de verre représentant les chiffonniers du Pré-Saint-Gervais au travail, s.d. Archives de Paris, 59Fi 123 et 124.

Fonds Chastin : photographie sur plaques de verre représentant les chiffonniers du Pré-Saint-Gervais au travail, s.d. Archives de Paris, 59Fi 123.