Lundi 28 février 2022 : La restauration de la statue de la liberté 2/2

Photographie de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi.

La réponse

Qui donc était cette grande dame parisienne objet de soins attentifs ? Vous l’aurez peut-être deviné en lisant la date gravée sur la tablette de bronze : IV juillet 1776, jour de la signature de la Déclaration d’indépendance des États-Unis. Il s’agit de la Statue de la Liberté qui se dresse à la pointe de l’île aux Cygnes, dans le 15e arrondissement. La photographie illustre sa restauration entreprise en 1986, à l’occasion des célébrations du centenaire de sa grande sœur américaine réalisée par le sculpteur Auguste Bartholdi. Haute de 9 mètres, la statue parisienne fut offerte en 1885 à la Ville de Paris par le Comité de la colonie parisienne des États-Unis. Très abîmée, sa structure souffrant d’une importante corrosion, l’œuvre risquait de s’effondrer. La municipalité consacra plus de 2 millions de francs pour requinquer Miss Liberty. L’aboutissement de ce chantier de plusieurs mois fut marqué par une cérémonie présidée par Jacques Chirac, maire de Paris et Premier ministre, en présence de l’ambassadeur des États-Unis. Le 23 juin, à midi pile, Line Renaud et Barbara Hendricks entonnèrent successivement les hymnes nationaux, pavoisées aux couleurs de leurs pays par le couturier Guy Laroche. La statue dévoilée, les discours prononcés, la centaine d’invités rassemblée à bord d’un bateau-mouche, remonta le fleuve en musique jusqu’à l’Hôtel de Ville où une réception réunit 3000 personnes.

Si les caméras ont immortalisé la cérémonie (à voir sur Youtube, le journal télévisé du 20 juin 1986 et ce documentaire de 1986 du Forum des Images), Dominique Doignon a suivi durant cinq mois, d’un œil attentif, la restauration de la Statue de la Liberté. Photographe amateur, il était muni d’une autorisation lui permettant d’arpenter l’échafaudage de 24 mètres de haut à l’intérieur duquel œuvraient les restaurateurs. En 2020, il a fait don aux Archives de Paris de près de 900 diapositives issues de son reportage. Destinées à la réalisation d’un diaporama sonorisé, dispositif en vogue dans les années 80, ces images constituent une chronique du chantier et un témoignage du savoir-faire des artisans. Le fonds Doignon (51Fi) vient compléter les archives dont nous disposons sur ce monument emblématique du paysage de la Seine. De surcroît, l’entrée de ces photographies aux Archives de Paris témoigne de l’importance des dons de particuliers qui, dans le cas présent, constitue un apport à l’histoire de la pratique amatrice de la photographie.

Images : photographies de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi.

Photographie de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi. Photographies de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi. Photographie de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi. Photographie de Dominique Doignon, 1986. Archives de Paris, 51Fi.