Mercredi 16 février 2022 : Les cartes postales 2/4

"Paris - Gare du Quai d'Orsay", carte postale, recto, 1918. Archives de Paris, fonds Dupin, NC.

Le mercredi de la photographie

Lors de l'exposition universelle de 1889, une carte dessinée représentant la tour Eiffel est vendue à 300 000 exemplaires. Avec l’expansion du procédé d’impression par phototypie au tournant du siècle, les cartes postales se répandent dans toute la société. En novembre 1903, la réglementation permet de diviser le dos de la carte entre correspondance et adresse. Si l’image devient prépondérante, l’écrit dispose désormais d’une place dédiée. Durant la Première Guerre mondiale, c’est ce moyen de communication que les familles séparées vont utiliser quotidiennement. Permettant d’échanger des nouvelles entre les hommes partis combattre et les civils, 4 à 5 milliards de cartes postales circulent entre le front et l’arrière.

Parmi les fonds des Archives de Paris se trouve une série de 29 cartes postales envoyées par Herment Dupin natif d’Estramiac (Gers), maréchal des logis au 3e régiment de chasseur à cheval, en garnison à Paris en 1917-1918, pour assurer le service d’ordre des gares. Les cartes postales montrent sans originalité Notre-Dame, la Concorde ou les Buttes-Chaumont (mais pas de tour Eiffel). La correspondance au dos, envoyée à sa femme Olympe et à sa petite fille Madeleine, a l’intérêt d’évoquer l’activité de ces militaires qui ne sont pas au front. Herment Dupin qui a plus de 40 ans, fait partie de la « territoriale » et assure la sécurité des gares et stations de métro : « on dit que c’est la guerre, on ne le dirait pas avec l’affluence de monde à tous les trains […]. Ce sont des bousculades continuelles surtout aux départs du soir ». Il mentionne plusieurs fois les « gotha », ces avions allemands de bombardement qui mettent Paris en tension depuis 1917. Quelques chevauchées au bois de Boulogne avec son capitaine viennent agrémenter ce temps qui lui semble si long à Paris, alors que sa femme est à la peine avec les labours par temps de sécheresse. À quand le retour au pays par le train qui part de la gare d’Orsay dont il envoie la carte en septembre 1918 ?

Images : deux cartes postale recto verso, 1918. Archives de Paris, fonds Dupin, NC.

"Paris - Gare du Quai d'Orsay", carte postale, verso, 1918. Archives de Paris, fonds Dupin, NC. "Paris - Place de la Concorde", carte postale, recto, 1918. Archives de Paris, fonds Dupin, NC. "Paris - Place de la Concorde", carte postale, verso, 1918. Archives de Paris, fonds Dupin, NC.