Mercredi 17 novembre 2021 : Le fonds Michel Fleury (D62J)

Photographie réalisée pour un article [env. 1970] : bague de la reine Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209.

Le mercredi de la photographie

Les noms de Clotaire, Chilpéric ou Brunehaut vous sont familiers ? C’est grâce à Grégoire de Tours, patron des historiens, que l’on célèbre en ce 17 novembre. À travers le « Liber historiae Francorum », écrit par cet évêque du VIe siècle, on connaît bien des aspects de la vie politique, économique et religieuse de la France mérovingienne.

Né vers 538 à Clermont, Grégoire est issu d’une famille de l’aristocratie sénatoriale gallo-romaine. Instruit des auteurs chrétiens par deux oncles évêques, il est élu à son tour évêque en 573, à Tours. Prélat soucieux de gouverner sa cité, attentif au culte de saint Martin et à l’extension du christianisme dans les campagnes de son diocèse, Grégoire est aussi proche des rois mérovingiens jusqu’à sa mort en 593 ou 594. Enfant, il a connu Clotilde, la femme de Clovis, puis son fils Clotaire 1er ; surtout, il est le témoin de guerres civiles qui ravagent le royaume franc dans le dernier quart du VIe siècle.

C’est son époque que raconte Grégoire de Tours dans les dix livres de son « Histoire des Francs », un récit empreint de morale chrétienne où il encense les bons souverains, charitables, pieux et qui craignent Dieu, et critique les mauvais qui ignorent les commandements de l'Église et la vertu.

L’œuvre de Grégoire de Tours, maintes fois recopiée, poursuivie par des auteurs non identifiés qui privilégient la gloire des rois francs et écartent sa volonté ecclésiologique, connaît une grande célébrité au XIXe siècle quand Augustin Thierry la paraphrase dans « Les récits des temps mérovingiens ». Ces « Récits » popularisent les déchirements du royaume des Francs entre les quatre petits-fils de Clovis et l’affrontement sans merci entre Frédégonde et Brunehaut, qui entrent ainsi dans les livres d’école des petits Français et dans la mémoire collective.

Le succès de l’œuvre d’Augustin Thierry et la fascination romantique pour les Mérovingiens se révèlent ainsi à Paris quand en 1846, on donne à une rue, aujourd’hui dans le VIe arrondissement, le nom de Grégoire de Tours, « personnage illustre et distingué ».

Dans les années 1960, c’est grâce à l’« Histoire des Francs » et à une bague gravée à son nom (Arnegundis regine) que Michel Fleury, conservateur aux Archives de la Seine, historien et archéologue, peut relier la grande dame luxueusement ensevelie dans un sarcophage à Saint-Denis à la reine Arégonde, troisième épouse du roi Clotaire 1er et mère de Chilpéric 1er. L’important fonds de Michel Fleury, découvreur de la tombe d’Arégonde, est conservé aux Archives de Paris, sous la cote D62J. Si une grande partie de ce fonds reste à classer, les articles déjà inventoriés contiennent en particulier des photographies documentaires des découvertes de la tombe d’Arégonde ayant servi à étayer une publication scientifique.

Images : Photographies et schéma réalisés pour un article [env. 1970] : bague de la reine Arégonde ; reconstitution du vêtement et de la parure d’Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 207 et 209.

Photographie réalisée pour un article [env. 1970] : bague de la reine Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209. Photographie réalisée pour un article [env. 1970] : reconstitution du vêtement et de la parure d’Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209. Photographie réalisée pour un article [env. 1970], fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209. Schéma réalisés pour un article [env. 1970] : reconstitution du vêtement et de la parure d’Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 207.