La photographie à Paris

Paul Geniaux (1873-1929), Le port Saint-Nicolas, plaque de verre positive rehaussée à la couleur, ca. 1900. Archives de Paris, 7Fi 1.

Pour accompagner notre cycle de conférences consacré à la photographie à Paris, nous vous proposons de découvrir les photographies conservées dans les fonds des Archives de Paris à travers deux rendez-vous hebdomadaires, à retrouver ici et sur notre page Facebook : « Le mercredi de la photographie », pour aborder la photographie sous son aspect documentaire au sens large, et « La photo du week-end », pour une approche plus ludique. 

Lundi 29 novembre

La réponse

Photographie angle rue Pierre Lescot et rue Rambuteau, 2021. ©Archives de Paris/Laurence Benoist.

Un certain nombre d’entre vous ont bien reconnu l’angle des rues Rambuteau (n°92) et Pierre Lescot (n°9), dans le quartier des Halles, qui a subi de nombreuses mutations, et dont vous trouverez plusieurs reproductions dans notre rubrique « documents pour la classe » sous l’onglet offre éducative de notre site internet.

Jusqu’à sa transformation dans les années 1970, le quartier des Halles de Paris est investi par les commerces de bouche en gros ou au détail, les cafés et les restaurants, comme en témoignent les enseignes pittoresques visibles sur cette photographie. Ce que confirme également la consultation des Bottins commerciaux, conservés dans la bibliothèque des Archives de Paris sous la cote PER292.

À partir des années 1871-1872, on trouve au 9 rue Pierre Lescot un commerce d’épicerie, salaisons et comestibles puis, une dizaine d’années plus tard, une crèmerie. Il faut attendre encore quarante ans pour voir le nom d’enseigne « La Ruche » apparaître, et comme son nom ne l’indique pas, La Ruche est un café-comptoir ! Fondé en 1935 par Paul Cauqui, le café est, à son décès en 1948, repris par sa veuve Lucienne et son fils René Noël. Cette information est révélée par la consultation du fonds du tribunal de commerce de la Seine conservé aux Archives de Paris. Il conviendrait de poursuivre sa recherche dans les Bottins pour déterminer la date de fin de cette activité.

Image : Société d’économie mixte d’aménagement des Halles (SEMAH) : quartier des Halles, destruction des anciennes halles et repérages des rues du quartier : photographie, angle rue Pierre Lescot et rue Rambuteau, 1968. Archives de Paris, 3478W 77. Photographie de ce même angle de rues, 2021, ©Archives de Paris/Laurence Benoist.

Société d’économie mixte d’aménagement des Halles (SEMAH) : quartier des Halles, destruction des anciennes halles et repérages des rues du quartier : photographie, angle rue Pierre Lescot et rue Rambuteau, 1968. Archives de Paris, 3478W 77.

Vendredi 26 novembre

La photo du week-end

© Archives de Paris

Notre photo du week-end nous transporte en 1968, dans un quartier éminemment parisien qui a connu de nombreuses transformations.

Saurez-vous retrouver de quelle rue il s’agit ?

À vous de jouer !

Image : Archives de Paris.

Mercredi 24 novembre

Le mercredi de la photographie

Siège très ouvragé, s.d. Archives de Paris, 11Fi 2707.

Un grand nombre de procédés photographiques ont pour base la même technologie : un support, recouvert d’une émulsion composée d’un liant et de la matière sensible à la lumière qui va restituer l’image. D’autres couches peuvent venir s’ajouter, en fonction de la technique photographique employée.

Tous les objets photographiques peuvent être sujets à des détériorations, quel que soit leur procédé. Ces altérations sont chimiques (inhérentes au procédé lui-même), ou mécaniques (c’est-à-dire exogènes, comme des déchirures ou des lacunes) ; elles racontent la vie de cet objet.

Peut-être avez-vous déjà observé sur des photos anciennes un reflet argenté, plus prononcé sur les parties sombres de l’image. Cette altération particulière s’appelle « miroir d’argent » ; elle est intrinsèque au procédé lorsque la substance photosensible utilisée est l’halogénure d’argent. Si la photographie est soumise à un fort taux d’humidité, des ions d’argent mobiles se forment et deviennent de l’argent métallique, qui remonte à la surface de l’image.

De nos jours, les professionnel.les de la restauration considèrent qu’il ne faut pas intervenir sur ce type de détérioration, car elle est constitutive de l’objet.

Image : siège très ouvragé : 2 têtes de lion, les ailes formant les accoudoirs. En haut, couronne de monarque, 43,2 x 31,1 cm, s.d. Archives de Paris, 11Fi 2707.

Siège très ouvragé, s.d. Archives de Paris, 11Fi 2707.Siège très ouvragé, s.d. Archives de Paris, 11Fi 2707.

Lundi 22 novembre

La réponse

Album photographique, usine de fabrication des pavés en bois, janvier-février 1910. Archives de Paris, non coté, Pavés_NC_158.

Il s’agit de l’usine municipale de fabrication de pavés en bois, implantée à Javel, entre le quai de Javel et les rues des Cévennes, Gutenberg et Cauchy.

Le pavage en bois a fait son apparition à Paris dans les années 1880, largement imité du pavage en bois sur couche de béton développé depuis 1872 en Angleterre. Son avantage était d’amortir le bruit des sabots des chevaux. Créée en 1886, l’activité de l’usine municipale de pavés de bois a commencé à décliner dans les années 20. Glissants et fragiles, en dépit du fait qu'ils étaient saupoudrés de sable ou de gravier pour plus d'adhérence, les pavés de bois ont été définitivement abandonnés en 1938, au profit des pavés de granit. La crue de 1910 a détruit plusieurs de ces chaussées pavées de bois. Vous pouvez retrouver une vue de la rue du Bac transformée en rivière sur laquelle flottent des carrés de bois, en consultant notre dossier consacré à la crue de 1910. La photographie prise récemment dans le passage du 81 rue Saint-Maur vous donnera un aperçu du rendu d’un pavage de chaussée en bois.

Image : album photographique, usine de fabrication des pavés en bois, janvier-février 1910. Archives de Paris, non coté, Pavés_NC_158. Photographie de pavage en bois, rue Saint-Maur, 2021.

Album photographique, usine de fabrication des pavés en bois, janvier-février 1910. Archives de Paris, non coté, Pavés_NC_158. Photographie de pavage en bois, rue Saint-Maur, 2021.

Vendredi 19 novembre

La photo du week-end

Photographie Archives de Paris.

En écho à la publication des 5 et 8 novembre, vous devriez aisément reconnaître quelle est l’activité de cette fabrique qui a été victime des eaux de la dernière crue centennale de 1910. Pouvez-vous aussi la localiser ?

Mercredi 17 novembre

Le mercredi de la photographie

Photographie réalisée pour un article [env. 1970] : bague de la reine Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209.

Les noms de Clotaire, Chilpéric ou Brunehaut vous sont familiers ? C’est grâce à Grégoire de Tours, patron des historiens, que l’on célèbre en ce 17 novembre. À travers le « Liber historiae Francorum », écrit par cet évêque du VIe siècle, on connaît bien des aspects de la vie politique, économique et religieuse de la France mérovingienne.

Né vers 538 à Clermont, Grégoire est issu d’une famille de l’aristocratie sénatoriale gallo-romaine. Instruit des auteurs chrétiens par deux oncles évêques, il est élu à son tour évêque en 573, à Tours. Prélat soucieux de gouverner sa cité, attentif au culte de saint Martin et à l’extension du christianisme dans les campagnes de son diocèse, Grégoire est aussi proche des rois mérovingiens jusqu’à sa mort en 593 ou 594. Enfant, il a connu Clotilde, la femme de Clovis, puis son fils Clotaire 1er ; surtout, il est le témoin de guerres civiles qui ravagent le royaume franc dans le dernier quart du VIe siècle.

C’est son époque que raconte Grégoire de Tours dans les dix livres de son « Histoire des Francs », un récit empreint de morale chrétienne où il encense les bons souverains, charitables, pieux et qui craignent Dieu, et critique les mauvais qui ignorent les commandements de l'Église et la vertu.

L’œuvre de Grégoire de Tours, maintes fois recopiée, poursuivie par des auteurs non identifiés qui privilégient la gloire des rois francs et écartent sa volonté ecclésiologique, connaît une grande célébrité au XIXe siècle quand Augustin Thierry la paraphrase dans « Les récits des temps mérovingiens ». Ces « Récits » popularisent les déchirements du royaume des Francs entre les quatre petits-fils de Clovis et l’affrontement sans merci entre Frédégonde et Brunehaut, qui entrent ainsi dans les livres d’école des petits Français et dans la mémoire collective.

Le succès de l’œuvre d’Augustin Thierry et la fascination romantique pour les Mérovingiens se révèlent ainsi à Paris quand en 1846, on donne à une rue, aujourd’hui dans le VIe arrondissement, le nom de Grégoire de Tours, « personnage illustre et distingué ».

Dans les années 1960, c’est grâce à l’« Histoire des Francs » et à une bague gravée à son nom (Arnegundis regine) que Michel Fleury, conservateur aux Archives de la Seine, historien et archéologue, peut relier la grande dame luxueusement ensevelie dans un sarcophage à Saint-Denis à la reine Arégonde, troisième épouse du roi Clotaire 1er et mère de Chilpéric 1er. L’important fonds de Michel Fleury, découvreur de la tombe d’Arégonde, est conservé aux Archives de Paris, sous la cote D62J. Si une grande partie de ce fonds reste à classer, les articles déjà inventoriés contiennent en particulier des photographies documentaires des découvertes de la tombe d’Arégonde ayant servi à étayer une publication scientifique.

Images : Photographies et schéma réalisés pour un article [env. 1970] : bague de la reine Arégonde ; reconstitution du vêtement et de la parure d’Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 207 et 209.

Photographie réalisée pour un article [env. 1970] : bague de la reine Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209.Photographie réalisée pour un article [env. 1970] : reconstitution du vêtement et de la parure d’Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209.Photographie réalisée pour un article [env. 1970], fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 209.Schéma réalisés pour un article [env. 1970] : reconstitution du vêtement et de la parure d’Arégonde, fonds Michel Fleury. Archives de Paris, D62J 207.

Lundi 15 novembre

La réponse

Exposition coloniale internationale, temple d'Angkor Vat, Braun et Cie, éditeurs-concessionnaires, 1931. Archives de Paris, 11Fi 2772.

Il s’agissait de l’Exposition coloniale qui avait ouvert ses portes au grand public le 6 mai 1931 et les refermait le 15 novembre. L’Exposition promouvait une image de la France à l’apogée de sa puissance et montrait aux visiteurs les richesses et les splendeurs de ses territoires colonisés, sur les cinq continents, depuis plusieurs siècles. Les possessions françaises pouvaient être découvertes en déambulant, de reproductions monumentales d’architectures indigènes en reconstitutions de souk ou jardin, depuis la station de métro porte Dorée (anciennement Picpus) sur tout le bois de Vincennes. L’Indochine était, par exemple, représentée par une fidèle copie du massif central du temple cambodgien d’Angkor Vat. Attraction majeure de l’Exposition,  ce temple, spectaculaire par ses dimensions et sa magnificence, avait nécessité six années de travaux préparatoires aux architectes Blache père et fils. 

Outre ces architectures éphémères, c’est tout un peuple d’habitants des colonies qui était à voir et à écouter. Vous pouvez en retrouver certains grâce aux "musiques et parlers coloniaux" enregistrés à l'occasion de cette exposition, sur le site internet de nos collègues de la Bibliothèque nationale de France.

Images : Exposition coloniale internationale, temple d’Angkor Vat, Braun et Cie, éditeurs-concessionnaires, 1931. Archives de Paris, 11Fi 2772 et Encart publicitaire pour l’exposition coloniale in Le petit bleu, avril 1931. Archives de Paris, VM21 4.

Encart publicitaire pour l’exposition coloniale in "Le petit bleu", avril 1931. Archives de Paris, VM21 4.Encart publicitaire pour l’exposition coloniale in "Le petit bleu", avril 1931. Archives de Paris, VM21 4.

Vendredi 12 novembre

La photo du week-end

Carte photographique, Archives de Paris.

Il y a 90 ans, auriez-vous profité de votre fin de semaine pour aller visiter cette « attraction » déployée dans l’est parisien ?

Mercredi 10 novembre

Le mercredi de la photograhie

Album photographique : la guerre, 1914-1917, Paris. Archives de Paris, 9Fi 8.

Le 28 juillet 1919, la Ville de Paris reçoit la croix de guerre avec palme, décoration créée en 1915 pour matérialiser les citations récompensent de la bravoure militaire. La remise officielle a lieu en très grandes pompes sur le parvis de l’Hôtel de Ville le 19 octobre 1919, en présence du président de la République Raymond Poincaré. La citation à l’armée de Georges Clemenceau, président du Conseil des ministres, évoque la bravoure des Parisiennes et des Parisiens, qui ont supporté « avec une vaillance aussi ferme que souriante de nombreux bombardements par avions et par pièces à longue portée ».

Les Archives de Paris conservent des albums photographiques qui témoignent visuellement des difficultés endurées par les populations civiles de la capitale pendant ce premier conflit mondial, mais aussi des manifestations de liesse spontanées après l’annonce de la signature de l’armistice. Cotés 9Fi 8 et 9Fi 9, ils permettent de mieux appréhender la dimension humaine des destructions et des privations subies par les Parisien.nes pendant la guerre, dont attestent plus formellement les documents administratifs également conservés aux Archives de Paris (notamment, mais pas exclusivement, dans le fonds des dommages de guerre).

Outre les bombardements, le paysage de la capitale est aussi marqué par les réquisitions. Un troisième album relatif à cette période et conservé aux Archives de Paris, montre la transformation du Grand Palais, réquisitionné dès le 2 août 1914, en hôpital militaire à partir du 4 septembre de la même année. Conçu comme un album-souvenir édité à 500 exemplaires et illustré de tirages d’époque, il est préfacé par M. Deglane, architecte conservateur du Grand Palais, le médecin principal Coppin, médecin chef et le médecin major Jean Camus.

Bien que l’on ignore l’identité des auteurs des prises de vue des albums 9Fi 8 et 9Fi 9 (à noter, certaines photographies portent le timbre sec « Cliché identité judiciaire) et l’usage auquel elles étaient alors destinées, ces photographies ouvrent une fenêtre sur la vie quotidienne des Parisien.nes pendant la Première Guerre mondiale.

Images : albums photographiques : la guerre, 1914-1917 et 1917-1919, Paris. Archives de Paris, 9Fi 8 et 9. Le Grand Palais pendant la guerre, 1914-1915-1916. Archives de Paris, 9Fi 1.

Le Grand Palais pendant la guerre, 1914-1915-1916. Archives de Paris, 9Fi 1.

Le Grand Palais pendant la guerre, 1914-1915-1916. Archives de Paris, 9Fi 1.

Album photographique : la guerre, 1914-1917, Paris. Archives de Paris, 9Fi 8.Album photographique : la guerre, 1917-1919, Paris. Archives de Paris, 9Fi 9.Album photographique : la guerre, 1917-1919, Paris. Archives de Paris, 9Fi 9.Album photographique : la guerre, 1917-1919, Paris. Archives de Paris, 9Fi 9.

Lundi 7 novembre

La réponse

Service technique de la voie publique et de l’éclairage, atelier municipal, exposition universelle de Paris 1900. Archives de Paris, ATLAS 1013.

Les granitiers et terrassiers parmi vous auront reconnu ces outils utilisés (vers 1900) pour le pavage en pierre et en bois. Cette photographie est issue d’un album consacré au service technique de la voie publique et de l’éclairage, réalisé pour l’exposition universelle de 1900. D’autres photographies extraites de ce même album, vous permettront de faire mieux connaissance avec l’atelier et ses protagonistes.

Images : album photographique, service technique de la voie publique et de l’éclairage, atelier municipal, Exposition universelle de Paris, 1900. Archives de Paris, ATLAS 1013.

Service technique de la voie publique et de l’éclairage, atelier municipal, exposition universelle de Paris 1900. Archives de Paris, ATLAS 1013.

Vendredi 5 novembre

La photo du week-end

Photographie : Archives de Paris.

Encore une devinette pour cette nouvelle « photo du week-end » : savez-vous à quel(s) corps de métier ces outils sont destinés ?

La réponse lundi !

Mercredi 3 novembre

Le mercredi de la photographie

Service municipal des pompes funèbres : 4 photographies de corbillards de 1re, 2e, 3e et 4e classe, s.d. [1910-1930]. Archives de Paris, 2484W 601.

La loi du 28 décembre 1904 transfère aux communes le monopole des inhumations, jusque-là détenu par les fabriques des églises et les consistoires depuis la loi du 23 prairial an XII (13 juin 1804).

La fourniture des cercueils ainsi que la mise à disposition des corbillards, des tentures et du personnel nécessaire aux inhumations, exhumations et crémations… deviennent ainsi un service public.

À Paris, cette loi est appliquée à partir du 1er janvier 1906. Le transfert de compétences concernant aussi bien les services que le foncier, le bâtiment situé au n°104 de la rue d’Aubervilliers, construit en 1874 par l’archevêché de Paris pour y installer les pompes funèbres parisiennes, abrite désormais le service central des pompes funèbres de la Ville de Paris. Le service municipal des pompes funèbres sera ainsi géré par la préfecture de la Seine puis la municipalité jusqu’en 1997, date à laquelle il cesse son activité mise à mal par la fin du monopole communal sur l’organisation des obsèques, instauré par la loi du 8 janvier 1993.

Cette fermeture est l’occasion pour les Archives de Paris de collecter les archives du service, réparties en plusieurs versements.

En particulier, le fonds coté 2484W 1-601, outre son intérêt généalogique et sociologique, offre une documentation visuelle précieuse pour qui s’intéresse aux pratiques funéraires du XXe siècle : de nombreuses photographies donnent à voir les prestations proposées (corbillards par classes d’enterrement, livrées des croque-morts, catafalques et cercueils) et leur évolution dans le temps, du début du XXe siècle aux années 1980.

Pour en savoir plus sur l’historique de ce service, reportez-vous à l’introduction de l’instrument de recherche du fonds 2484W 1-601, disponible en ligne sur notre site internet.

Images : service municipal des pompes funèbres : 4 photographies de corbillards de 1re, 2e, 3e et 4e classe ; 3 photographies de croque-morts en livrée, s.d. [1910-1930]. Archives de Paris, 2484W 572 et 2484W 601.

Photographie d'un croque-mort en livrée, s.d. [1910-1930]. Archives de Paris, 2484W 601.

Photographie d'un croque-mort en livrée, s.d. [1910-1930]. Archives de Paris, 2484W 601.

Photographie d'un croque-mort en livrée, s.d. [1910-1930]. Archives de Paris, 2484W 601.

Lundi 1er novembre

La réponse

"Construction d'un pont en acier au-dessus du cimetière du Nord", 1888. Archives de Paris, ATLAS 117.

Notre photo du week-end vous emmenait dans le 18e arrondissement, au cimetière du Nord, plus connu sous le nom de cimetière de Montmartre.

Inauguré le 1er janvier 1825, il s’étend sur près de 11 hectares et abrite les sépultures de nombreux.ses anonymes, artistes et célébrités.

La photographie est extraite d’un atlas de la direction des Travaux de Paris qui documente la construction du pont Caulaincourt en 1888. Ce dernier enjambe littéralement le cimetière de Montmartre, comme le démontrent ces plans de la Butte Montmartre avant et après sa construction, ainsi que cet autre cliché, tirés du même atlas.

Images : direction des Travaux de Paris, plans, dessins d’exécution et photographies reliés en atlas : construction d’un pont en acier au-dessus du cimetière du Nord, 1888. Archives de Paris, ATLAS 117.

"Construction d'un pont en acier au-dessus du cimetière du Nord", 1888. Archives de Paris, ATLAS 117.

"Construction d’un pont en acier au-dessus du cimetière du Nord", 1888. Archives de Paris, ATLAS 117.

Vendredi 29 octobre

La photo du week-end

Photographie Archives de Paris

Le cœur de l’automne est une période de transition, associé dans de nombreuses cultures au souvenir des morts. Ce dimanche aura lieu Hallowe’en, fête anglo-saxonne d’origine gaélique, suivi le 1er novembre par le Diá de los muertos mexicain et par la commémoration des fidèles défunts le 2 novembre. Suscitant l’effroi, le recueillement ou la joie, ces célébrations ont une chose en commun : elles enjoignent les vivants à se recueillir sur les tombes de celles et ceux qui leur sont chers.

Célébrez aussi les défunts en consultant les actes de décès de l’état civil reconstitué (XVIe-1859) numérisés et désormais accessibles sur notre site internet !

Saurez-vous reconnaître quel cimetière parisien apparaît sur cette photographie ?

La réponse lundi ! 

Mercredi 27 octobre 2021

Le mercredi de la photographie

Photomontage de l'exécution des généraux Lecomte et Clément-Thomas à Montmartre, E. Appert, 1871. Archives de Paris, D1J 10, dossier 219.

Objet photographique à part, les photomontages sont présents dans les fonds des Archives de Paris. Aujourd’hui largement numérique, le photomontage est presque aussi ancien que la photographie elle-même puisqu’il apparaît dès la fin des années 1860. Obtenu à partir du collage de plusieurs tirages, parfois rehaussé de dessin ou de peinture, il est à l’origine destiné à pallier deux difficultés techniques : les temps de pose encore longs et un matériel pénible à transporter. Le photomontage permet donc la recréation a posteriori d’un événement.

Les photographes et frères Eugène (1830-1905) et Ernest (1831-1890) Appert emploient ce procédé, dont on leur attribue souvent la paternité ou du moins la promotion, pour dénoncer les « Crimes de la Commune ». Partisans de Versailles, les frères Appert (les spécialistes ne s’accordent pas sur l’identité précise de l’auteur) y réduisent l’entreprise communaliste à une escalade de violence, choisissant de montrer des épisodes de la guerre civile à charge pour les insurgé.es. Reproduites au format carte de visite, ces images sont profusément diffusées et contribuent à nourrir la légende noire de la Commune.

Entre recherche de réalisme et image de propagande, le photomontage nous rappelle que la photographie n’est pas et n’a jamais été une source historique garante d’une quelconque objectivité : elle résulte elle aussi de l’œil subjectif de la personne qui réalise la prise de vue.

Images : photomontage de l'exécution des généraux Lecomte et Clément-Thomas à Montmartre, E. Appert, 1871. Archives de Paris, D1J 10, dossier 219. Massacre des Dominicains d’Arcueil, route d’Italie n°38, le 25 mai 1871 à 4 heures (13 victimes), E. Appert. Archives de Paris, 11Fi 2026.

assacre des Dominicains d’Arcueil, route d’Italie n°38, le 25 mai 1871 à 4 heures (13 victimes), E. Appert. Archives de Paris, 11Fi 2026.

Lundi 25 octobre 2021

La réponse

Métro Porte des lilas, portrait de Georges Brassens sur le quai de la ligne 11, direction Châtelet. Photographie Archives de Paris / Laurence Benoist.

Avez-vous découvert à quelle personnalité faisait allusion la photographie IGN publiée vendredi dernier ? Il s’agissait bien sûr de Georges Brassens, dont nous fêtions samedi 23 octobre dernier le centenaire de la naissance à Sète. L’indice en image représentait la Porte des Lilas au début des années 1960, pendant la construction du réservoir des Lilas, soit à peu près à la même époque que le film de René Clair « La Porte des Lilas », sorti en 1957 et interprété par Pierre Brasseur et Georges Brassens, donc, qui en signe également la bande originale. Sur cette image, à l’actuel emplacement des Archives de Paris, deux grands hangars semblent préfigurer les deux silos de conservation d’archives qui sortiront du sol en 1989 !

Brassens a également chanté la porte des Lilas dans sa chanson « Les Lilas », dont on peut lire un extrait sur le quai de la station Porte des Lilas sur la ligne 11, en direction d’Hôtel de Ville, station qui vous est peut-être familière si vous êtes une visiteuse ou un visiteur assidu.e des Archives de Paris !

Vendredi 22 octobre 2021

La photo du week-end

Porte des Lilas au début des années 1960, photographie IGN.

Pour notre première « photo du week-end », nous vous proposons une double énigme !

Nous fêtons aujourd’hui le centenaire de sa naissance. Qui est-il ? Cette image vous donnera peut-être un indice, si vous connaissez bien son œuvre, et si vous parvenez à déterminer où la photographie a été prise…

Celle-ci fait partie des collections de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN). Elle avait été utilisée pour une exposition organisée aux Archives de Paris en 1996. Explorez les collections de l’IGN en utilisant l’outil « Remonter le temps » qui permet d’observer l’évolution du territoire français : comparez en ligne, des cartes et photographies aériennes anciennes et actuelles. 

Image : Vue aérienne de la Porte des Lilas au début des années 1960, IGN.

Mercredi 20 octobre 2021

Le mercredi de la photographie

Photographie du 21 rue de la Lancette, 12e arrondissement, s.d. [circa 1894-1898], collection UPF. Archives de Paris, 11Fi 3634.

Bienvenu.es dans le « Mercredi de la photographie » !

 

Pour accompagner les conférences proposées en partenariat avec le Comité d’histoire de la Ville de Paris sur « La photographie à Paris » (le programme complet de la première saison est ici : http://archives.paris.fr/a/804/la-photographie-a-paris/), les Archives de Paris vous proposeront, pendant deux saisons, deux rendez-vous hebdomadaires consacrés aux photographies issues de nos fonds, à retrouver ici, et sur notre site internet : http://archives.paris.fr/r/315/?pr=1.

 

Tous les mercredis, nous aborderons la photographie sous son aspect documentaire au sens large, ce qui permettra également d’envisager les différentes techniques et procédés présents dans nos fonds.

Nous commençons par le fonds dit UPF, bien connu des lectrices et lecteurs les plus assidu.es de de cette page.

Fondée en 1893 par Jean-Baptiste Laroche, ouvrier photographe, l’Union photographique française est une association fonctionnant sur le modèle de la coopérative ouvrière. Spécialisée, mais pas exclusivement,  dans les « travaux pour ingénieurs, architectes et constructeurs », l’UPF est choisie par le bureau des traités et acquisitions de la direction des services d’architecture et des promenades et plantations de la Ville de Paris pour photographier, entre 1898 et 1914, des quartiers populaires et/ou encore ruraux de la capitale amenés à disparaître.

Depuis une quarantaine d’années, la ville a déjà subi de nombreuses transformations. Aux grands travaux haussmanniens ont succédé les reconstructions nécessaires après la guerre civile de 1871. À l’aube du 20e siècle, la municipalité souhaite engager une nouvelle campagne d’urbanisation d’envergure, afin d’éradiquer l’habitat insalubre et endiguer la propagation de la tuberculose. Les photographies commanditées aux opérateurs de l’UPF doivent servir de base à l’architecte-voyer en chef pour l’estimation des indemnités d’expropriation ou d’éviction des habitants des quartiers concernés. Elles nourrissent également une pensée architecturale naissante, orientée vers l’édification d’une ville moins austère (à l’inverse du projet haussmannien) mais plus humaine et agréable.

Inscrits dans la tradition des commandes publiques de photographies d’architecture, ces clichés nous permettent aujourd’hui de documenter l’évolution du paysage urbain parisien. La connaissance du terrain qu’ont les opérateurs se reflète dans la présence souvent complice d’habitants de ce Paris populaire, vision éphémère suspendue entre passé et futur.

Ainsi cette vue du n°21 de la rue de la Lancette, dans le 12e arrondissement, semble-t-elle avoir été prise dans un village rural, à quelques rues à peine de la fourmillante Gare de Lyon.

Dès demain à 17h00, assistez en salle Verlaine des Archives de Paris à la première conférence du cycle : « Perspectives urbaines : Paris dans les Archives de la Planète. », par David-Sean Thomas, chargé d'expositions au Musée départemental d'Albert-Kahn.

Image : photographie du  21 rue de la Lancette, 12e arrondissement, s.d. [circa 1894-1898], collection UPF. Archives de Paris, 11Fi 3634.