21 avril 1871 : le second siège de Paris

Mairie du 7e arrondissement, bons de pain, mai 1871. Archives de Paris, VD6 1566.

La gestion de la pénurie est, de fait, l’une des grandes préoccupations du gouvernement de la Commune. À partir du 21 avril 1871, Adolphe Thiers impose à Paris un blocus ferroviaire qui replonge la capitale dans les affres de la faim et du manque. On parle d’un second siège de Paris. Les Communards réactivent la plupart des dispositifs mis en œuvre pendant le premier siège, comme l’ouverture de boucheries communales, la vente publique de pommes de terres ou encore la distribution de bons de pain.

On trouve aux Archives de Paris une documentation abondante en la matière, conservée bien après la répression de la Commune. Elle devait en effet servir au dédommagement par la municipalité des sommes avancées pour la fourniture de certaines denrées aux plus pauvres. C’est le cas par exemple des boulangeries : le gouvernement communal leur demande de distribuer gratuitement du pain aux nécessiteux.ses sur présentation de bons. La farine utilisée pour ces pains leur est ensuite remboursée par les mairies d’arrondissement.

Les documents qui illustrent les conséquences de ce second siège ressemblent à s’y méprendre à ceux de l’hiver 1870-1871 : lettre d’un fournisseur de charbon dans l’incapacité d’honorer une vente, avis d’interruption de l’éclairage faute d’approvisionnement en houille, mesures pour lutter contre la spéculation sur le prix des denrées ou encore demande de bons de pains… autant de témoignages des difficultés éprouvées au quotidien par les Parisien.ne.s depuis près de neuf mois.

Images : mairie du 7e arrondissement, bons de pain, mai 1871. Archives de Paris, VD6 1566. Mairie du 6e arrondissement, bon de pain, s.d. Archives de Paris, VD6 1567. Administration communale : lettre du commissaire de Police du quartier Bonne Nouvelle au délégué à la mairie du 2e arrondissement demandant des bons de pain pour les nécessiteux, 21 avril 1871. Archives de Paris, VD3 13. Lettre du colonel commandant de la 5e légion de la garde nationale au délégué municipal du 11e arrondissement sur la pénurie de munitions, 23 avril 1871. Lettre du membre de la Commune délégué au ministère de l’Agriculture et du Commerce concernant la spéculation sur le prix des denrées, 24 avril 1871. Lettre du membre de la Commune délégué au ministère de l’Agriculture et du Commerce concernant la mise à disposition de pommes de terre pour les arrondissements, 2 mai 1871. Lettre de Léon Robin, fournisseur de charbons et cokes, 18 mai 1871. Note de l’ingénieur chef du service de l’éclairage et des concessions sur les coupures d’éclairage à prévoir en raison de la pénurie de houille, 20 mai 1871. Archives de Paris, VD3 14.