20 avril 1871 : interdiction du travail de nuit des boulangers

Notification aux mairies d'arrondissement du décret sur la suppression du travail de nuit des boulangers, 2 mai 1871. Archives de Paris, VD3 14.

De même que l’accès au travail est au centre des préoccupations de la Commune, la justice sociale pour les travailleuses et travailleurs est un des grands axes de sa politique réformatrice. C’est dans ce but que le 20 avril 1871, la Commission du travail supprime les bureaux de placement ouvriers et interdit le travail de nuit des boulangers. Propice à la fraude car mal éclairé, le travail de nuit fait régulièrement l’objet d’interdictions depuis le Moyen Âge. Il est cependant autorisé à Paris pour les professions qui touchent à l’approvisionnement de la capitale. Mais il est surtout incompatible avec l’accès à l’éducation, droit primordial dans la politique communarde. Son interdiction soulève de vives protestations de la part des patrons de boulangeries. Finalement, la Commune fixe la fin de la nuit à 5h, de sorte que les boulangers puissent produire du pain frais pour 9h du matin. Le décret n’est appliqué qu’à partir du 3 mai.

Il est intéressant de noter que les boulangers et boulangères, longtemps interdits de grève, devront attendre 2014 pour ne plus avoir à déclarer leurs congés en préfecture.

Image : Notification aux mairies d'arrondissement du décret sur la suppression du travail de nuit des boulangers, 2 mai 1871. Archives de Paris, VD3 14.