16 avril 1871 : affranchissement de la misère par le travail

Note de la Commission du travail de la Commune de Paris aux municipalités parisiennes, 5 avril 1871. Archives de Paris, VD3 14.

Dans la politique sociale de la Commune, le travail occupe une place centrale : conçu comme un devoir et comme un droit universel, le travail est, dans la pensée communaliste, un facteur de paix sociale, de richesse collective et de progrès individuel. On peut citer l’exemple des cantines nouvelles instaurées par Jules Allix dans le 8e arrondissement, dont il est maire (à découvrir dans la notice qui leur est consacrée dans notre dossier thématique sur la Commune de Paris à destination des enseignants sur ce site).

Dès le début du mois d’avril, soit quelques jours à peine après sa proclamation, le gouvernement de la Commune instaure une Commission du travail. Cette dernière met en place un système de bourse de l’emploi, dont le fonctionnement est décrit dans la note en date du 5 avril 1871 : la tenue de deux registres sur lesquels sont consignés respectivement les besoins et compétences des travailleurs et les offres d’emploi doit permettre la reprise des activités perturbées par la guerre franco-prussienne et le siège et faciliter la résorption du chômage. La note du 26 avril 1871 concernant les ouvriers boulangers insiste sur cette organisation et sur sa dynamique volontariste.

Le 16 avril 1871, la Commune va plus loin et décrète la réquisition des ateliers abandonnés par leurs propriétaires, les confiant à des coopératives ouvrières. Le décret prévoit toutefois une indemnisation des patrons.

Il faut enfin noter, le 16 avril toujours, les élections complémentaires à la Commune, organisées pour pourvoir les sièges laissés vacants par les morts d’Émile Duval et d’Émile Flourens (voir notre billet 3 avril 1871 : mort de Gustave Flourens), les démissions et les élections multiples. Les résultats de ce scrutin souffrent d’une très mauvaise participation : l’abstention monte jusqu’à 85%, dans les arrondissements bourgeois comme dans les arrondissements populaires. Outre les départs de la capitale et le découragement de certains électeurs (imputable en partie à la promulgation du décret des otages), la date du scrutin a été plusieurs fois repoussée, créant une certaine confusion. Parmi les personnalités élues se trouvent Gustave Courbet pour le 6e arrondissement, Gustave Cluseret pour le 18e, ou encore Auguste Viard pour le 20e arrondissement.

Images : Notes de la Commission du travail de la Commune de Paris aux municipalités parisiennes, 5 et 26 avril 1871. Faire-part relatif au décès d’Émile Duval et à la tenue d’élections complémentaires, 9 avril 1871. Archives de Paris, VD3 14.