2 avril 1871 : séparation de l'Église et de l'État

Affiche du décret de séparation de l’Église et de l’État, 3 avril 1871. Archives de Paris, ATLAS 528.

Après les premiers décrets passés dès le lendemain de son installation à l’Hôtel de Ville, le gouvernement de la Commune poursuit son œuvre réformatrice en décidant, le 2 avril 1871, de plafonner le traitement des fonctionnaires à 6000 francs annuels et en décrétant la séparation de l’Église et de l’État, garantissant ainsi la liberté de conscience et supprimant le budget des cultes. Le terme laïcisation et son champ lexical sont absents du texte officiel, qui par ailleurs semble concerner principalement l’église catholique, qui s’était ralliée à Napoléon III dès son coup d’état en décembre 1851. Cette mesure présentée par Félix Pyat préfigure pourtant bien les grandes réformes de la société française menées par les républicains à la fin du XIXe siècle, initiées par la laïcisation de l’enseignement en 1882 et culminant avec la loi de 1905. Plus remarquable encore, par ce décret à portée nationale, la Commune dépasse son statut de gouvernement municipal.

Pendant que la Commune débat puis adopte à l’unanimité ce décret, l’armée de Versaillais attaque des troupes communardes à Courbevoie, les contraignant à se replier sur Neuilly. La lutte armée entre Communards et Versaillais a commencé.

Image : Affiche du décret de séparation de l’Église et de l’État, 3 avril 1871. Archives de Paris, ATLAS 528.