15 mars 1871 : vote des statuts du comité central de la Fédération de la garde nationale

Affiche du Comité central de la garde nationale, 4 mars 1871. Archives de Paris, ATLAS 527.

Le 15 mars 1871, la fédération de la Garde nationale vote les statuts de son comité central.

Nous avons beaucoup évoqué le rôle et le fonctionnement de la garde nationale parisienne, héritière de la milice bourgeoise de la Révolution française (voir les publications du 19 juillet 2020 et du 17 octobre 2020 notamment). À Paris, où elle constitue, pendant le siège, la principale force aux côtés de l’armée régulière et de la garde mobile, la garde nationale parisienne représente 250 000 hommes en armes, issus de toutes classes et milieux sociaux, parfois sans aucune expérience militaire. Ils ont été recrutés par arrondissement et organisés en bataillons. En novembre 1870, ces bataillons ont élu leurs chefs, conformément au fonctionnement de la garde nationale, ce qui constitue, pour un grand nombre de leurs membres, la toute première expérience démocratique et citoyenne.

En réaction à l’élection d’une Assemblée majoritairement favorable à une Restauration le 8 février 1870, les déléguées des bataillons parisiens de la garde nationale se réunissent les 15 et 24 février au Tivoli-Vauxhall, une salle de spectacle du 19e arrondissement. Ces réunions donnent lieu à la création de la Fédération républicaine de la garde nationale. La Fédération se compose de l’assemblée générale des délégués, du cercle de bataillon, du conseil de légion et du comité central. Ses statuts sont détaillés dans le numéro du Cri du Peuple daté du 9 mars 1871 et ont pour préambule la déclaration suivante :

« La République est le seul gouvernement possible ; elle ne peut être mise en discussion.

La garde nationale a le droit absolu de nommer tous ses chefs et de les révoquer dès qu’ils ont perdu la confiance de ceux qui les ont élus, toutefois après enquête préalable destinée à sauvegarder les droits sacrés de la justice. »

Les membres de la Fédération (les « Fédérés ») s’engagent ainsi à protéger la République à tout prix. S’il n’est pas encore question de l’instauration d’une Commune dans les statuts de la Fédération, c’est pourtant bien son instance exécutive, le comité central, dont le rôle est défini par le vote du 15 mars 1871, qui dirigera Paris pendant la deuxième Commune de son histoire.

Image : Affiche du Comité central de la garde nationale, 4 mars 1871. Archives de Paris, ATLAS 527.