3 novembre 1870 : plébiscite pour le maintien du gouvernement de la Défense nationale

Mairie du 2e arrondissement, affiche du plébiscite du 3 novembre 1870. Archives de Paris, VD6 978.

Les conséquences du mouvement insurrectionnel du 31 octobre 1870 sont multiples. En premier lieu, l’événement provoque au sein du gouvernement des désaccords profonds qui engendrent des démissions, et un remaniement de facto. Les élections législatives, promises aux insurgés et nécessairement à l’échelle nationale, ne peuvent être organisées sans un armistice avec la Prusse. Adolphe Thiers voit son autorité renforcée à l’issue de cet épisode, mais se présente face à Bismarck en position de faiblesse, car ce dernier n’ignore pas la crise politique que traverse la France. L’impunité garantie aux insurgés par Edmond Adam, préfet de Police, est rejetée par plusieurs membres du gouvernement le 1er novembre et dès, plusieurs émeutiers sont arrêtés, dont Gustave Flourens. Enfin, la confiance du gouvernement dans la garde nationale est largement ébranlée et certains chefs de bataillon sont destitués, comme Jean-Baptiste Millière.

Mais dans l’immédiat, le gouvernement de la Défense nationale veut prévenir une nouvelle insurrection et s’assurer une certaine forme de légitimité, malgré l’impossibilité de tenir des élections législatives. On a donc recours au plébiscite, dont l’usage s’est répandu sous l’Empire. Le 3 novembre 1870, dans chacun des 20 arrondissements parisiens divisés en sections, les hommes se rendent dans leur bureau de vote afin de dire si oui ou non ils conservent leur confiance au gouvernement. Il est intéressant de noter, comme le permet le texte de cette affiche annonçant le plébiscite, que ce dernier s’adresse exclusivement aux Parisiens. C’est à eux seuls que l’on demande de statuer sur le sort d’un gouvernement qui dirige pourtant la nation entière. Certes, Paris est à cette heure une des villes souffrant le plus et le plus directement des conséquences de la guerre contre la Prusse. Mais c’est aussi une poudrière, et les craintes que le peuple de Paris inspire au gouvernement ont une influence directe sur ses décisions, en termes de politique intérieure et étrangère.

Les Archives de Paris conservent dans le fonds des mairies d’arrondissement les procès-verbaux du recensement des votes pour la plupart des arrondissements. Ils permettent de constater une certaine homogénéité des votes, même lorsque l’on compare des arrondissements très différents. Dans le 2e arrondissement, 89% des votants souhaitent le maintien du gouvernement. Dans le 18e arrondissement, le oui chute à 71%, mais reste toutefois majoritaire. Sur l’ensemble du territoire parisien, le oui l’emporte, avec 557 996 voix, contre 62 638 non. Ce résultat conforte les républicains dans leur volonté de punir la sédition.

Images : administration communale, mairies d’arrondissement : mairie du 2e arrondissement, affiche du plébiscite du 3 novembre et procès-verbal du vote, 1er et 3 novembre 1870. Archives de Paris, VD6 978. Mairie du 18e arrondissement, procès-verbal du vote, 3 novembre 1870. Archives de Paris, VD6 2452.