28 octobre 1870 : la bataille du Bourget

Garde nationale mobile, 14e bataillon, état nominatif des militaires tués, blessés ou faits prisonniers de guerre au Bourget pendant les journées des 28, 29 et 30 octobre 1870. Archives de Paris, VH4 2.

Le 28 octobre 1870, le général de Bellemare, commandant de Saint-Denis, envoie le commandant Rolland et 300 de ses hommes reprendre aux Prussiens Le Bourget. Le village n’est alors guère plus qu’une petite bourgade longeant la route de Flandre, et les bataillons ennemis, qui y sont postés en faible nombre, en sont rapidement chassés. Cependant, dès le 30 octobre, l’armée prussienne mène une contre-offensive de taille. Le gouvernement de la Défense nationale refuse une sortie massive. Rapidement encerclés à l’ouest, au nord, et au sud, les soldats français sont contraints battre en retraite. L’opération se solde par une lourde défaite. Dans les rangs français, beaucoup d’hommes sont fait prisonniers, quand ils ne sont pas blessés ou tués.

Si la guerre franco-prussienne est largement perçue comme un conflit du XIXe siècle à l’imagerie presque désuète, sa réalité est cependant bien plus sombre et moderne. En premier lieu, les deux forces en présence ne mènent pas la même guerre : les Allemands sont certes attaqués, mais ils ne se battent pas sur leur territoire, quand les populations civiles françaises sont, elles, directement touchées. Un ensemble de faits, associés dans l’imaginaire collectif aux grands conflits mondiaux du XXe siècle, apparaissent dès 1870 : chacun des protagonistes reproche à l’autre sa barbarie ; les exactions sont relayées par la presse et l’opinion publique internationale qui s’en émeuvent. Les populations civiles sont bombardées, à Strasbourg, Belfort ou Paris, et l’on se réfugie dans les caves. Enfin, les prisonniers français, dont le nombre dépasse tout ce que l’état-major prussien aurait pu anticiper, posent la question de leurs conditions de détention.

Les Archives de Paris conservent dans le fonds des «  Faits de guerre » de l’administration communale, coté VH4, un état nominatif des militaires appartenant au 14e bataillon de la garde nationale mobile, tués, blessés ou faits prisonniers de guerre au Bourget pendant les journées des 28, 29 et 30 octobre 1870. Cette liste, qui ne comprend pas moins de 7 feuillets, permet de saisir l’ampleur numéraire du phénomène.

Image : Administration communale, faits de guerre : garde nationale mobile, 14e bataillon, état nominatif des militaires tués, blessés ou faits prisonniers de guerre au Bourget pendant les journées des 28, 29 et 30 octobre 1870. Archives de Paris, VH4 2.