Août et septembre 1870 : la course au réarmement des fortifications.

Note sur le levage des ponts-levis en cas de siège, 22 août 1870. Archives de Paris, VONC 193.

Avant même sa défaite retentissante et la capture de l’empereur à Sedan le 2 septembre, l’armée française, en infériorité numérique et moins bien équipée que son adversaire prussien, essuie de nombreux revers. Dès le mois d’août, les services municipaux et préfectoraux s’emploient à la réfection et au réarmement des fortifications de Paris. Érigées entre 1840 et 1844, sous l’impulsion d’Adolphe Thiers, chef du gouvernement sous Louis-Philippe, elles ne sont plus équipées militairement et font office d’octroi. Dans la précipitation, la défense nationale s’organise et les retranchements, bastions et pont-levis sont renforcés.

Les Archives de Paris conservent de très nombreux documents qui témoignent de ces réparations hâtives, notamment dans la sous-série VONC 1-3256 concernant la voirie parisienne. Instructions pour la pose de pont-levis, consignes données aux chefs de services de la voie publique afin que ces derniers soient joignables à toute heure du jour et de la nuit et préparations très concrètes à l’état de siège... ces pièces permettent d’envisager le climat fébrile au sein des services municipaux parisiens face à l’imminence du siège qui semble, dès le mois d’août, inéluctable.

Images : Voirie et travaux publics : instructions pour la pose des ponts-levis, 1870 ; précisions sur le levage des ponts-levis en cas de siège, 22 août 1870 ; note de la direction de la voie publique et des promenades aux chefs de services, 13 août 1870, Archives de Paris, VONC 193. Note de la direction de la voie publique et des promenades sur les positions à tenir lors du siège, 14 septembre 1870. Archives de Paris, VONC 208.