28 mai 1871 : fin de la Semaine sanglante

Photographie d’une rue de Paris en ruines extraite de Ruins of Paris & Environ. Photographs, par Tune, G. (photographe), 1871. Archives de Paris, 9Fi 4.

Le 28 mai 1871, les dernières barricades de la Commune se dressent rue de Paris (actuelle rue de Belleville) et rue Ramponneau dans le 20e arrondissement. Quelques fédérés sont encore retranchés dans le 11e arrondissement, entre la rue du Faubourg du Temple, la rue de la Fontaine au Roi et le boulevard de Belleville. Parmi eux se trouvent Eugène Varlin et Théophile Ferré, tous deux élus de la Commune. Varlin s’était opposé à la création du Comité de salut public. Le 26 mai, il tentait en vain d’empêcher le massacre de la rue Haxo auquel Ferré donnait son consentement. Ce dernier avait, lui, voté en faveur de la création du Comité. En ce matin du 28 mai, ils combattent côte à côte.

Dès 5h, les Versaillais attaquent par la Porte de Romainville (actuelle Porte des Lilas) et après des échanges de tirs atteignent la mairie du 20e arrondissement, dont ils se rendent maîtres peu après 8h. Autour du boulevard de Belleville, la résistance tient encore pour quelques heures. La guerre civile devient guérilla urbaine tandis que les deux camps s’affrontent dans les rues exiguës du 11e arrondissement. Varlin et Ferré parviennent à s’enfuir. Le premier est reconnu et dénoncé dans le 9e arrondissement. Arrêté par le lieutenant Sicre, il est violemment pris à partie par la foule pendant son transfert vers la rue des Rosiers (actuelle rue du Chevalier-de-la-Barre, dans le 18e) où il est fusillé. Témoin de l’exécution, le général Percin le dit « superbe de courage ». Ferré est quant à lui arrêté dans la nuit du 8 au 9 juillet 1871. Condamné à mort le 2 septembre, il est fusillé le 28 novembre au camp de Satory, près de Versailles, aux côtés de Louis Rossel, ancien délégué à la Guerre, qui a refusé l’exil.

 

Vers midi, les fédérés sont à court de munitions. La Commune a tiré son dernier coup de canon. Rue Ramponneau, la dernière barricade n’est plus défendue. Paris est aux mains des Versaillais, qui quadrillent la ville et traquent les derniers gardes fédérés. On ne peut ni entrer ni sortir de la capitale dévastée par cette Semaine sanglante. Les incendies sont maîtrisés, mais les exécutions se poursuivent. Les rues sont jonchées de cadavres. La Commune n’est plus.

 

Images : photographie d’une rue de Paris en ruines extraite de Ruins of Paris & Environ. Photographs, par Tune, G. (photographe), 1871. Archives de Paris, 9Fi 4. Brassards de gardes nationaux, sans doute de fédéré (à gauche) et de partisan de Versailles (à droite), 1871. Archives de Paris, VD3 11.