27 mai 1871 : le mur des fédérés

Rapport du commissariat de police de Versailles, 27 mai 1871. Archives de Paris, 1AZ 18, dossier 166, pièce 114.

Le 27 mai 1871 dès l’aube, les Versaillais reprennent l’attaque de la barricade de la mairie du 11e arrondissement avec une batterie de 6 canons. Les insurgés commencent à manquer de munitions. Dans l’après-midi, les canons fédérés des Buttes-Chaumont se taisent. Les troupes régulières ont fait tomber la barricade de la rue Puebla (actuelle rue des Pyrénées), ont repris les portes de Montreuil et de Bagnolet, la place du Trône (actuelle place de la Nation) et la place des Fêtes. Près de 200 fédérés se sont réfugiés dans le cimetière du Père-Lachaise, où ils sont assiégés. Les troupes régulières enfoncent d’un coup de canon la grande porte du cimetière. On se bat entre les tombes à coup de couteau et de baïonnette. Là, les Versaillais fusillent les 147 fédérés survivants et les enterrent à la hâte dans une fosse commune le long du mur d’enceinte du cimetière.

Le soir, les derniers résistants, dans le quartier de Belleville, sont encerclés par les troupes versaillaises. Toute la nuit, les obus s’abattent sur le quartier.

Le rapport du commissariat de police de Versailles évoque brièvement les combats dans le cimetière du Père-Lachaise et conclut par : « on y aurait fait un grand nombre de prisonniers ». Il y eu au Père-Lachaise bien plus de fédérés fusillés qu’appréhendés.

Le mur des fédérés devient, dès la loi d’amnistie des Communard.es en 1880, un lieu de commémoration de la Commune (voir à ce sujet notre dossier pour la classe et plus particulièrement la notice « Rapport du conservateur du cimetière du Père Lachaise sur la manifestation des 24 et 25 mai 1902 au mur des Fédérés »). Le 25 juillet 1887, le Conseil de Paris autorise l’élévation d’un monument commémoratif sur la partie de l’enceinte du cimetière où ont été exécutés les insurgés.

Image : Rapport du commissariat de police de Versailles, 27 mai 1871. Archives de Paris, 1AZ 18, dossier 166, pièce 114.