16 mai 1871 : démolition de la colonne Vendôme

Mairie du 8e arrondissement : rapport sur la démolition de la colonne Vendôme, 26 mai 1871. Archives de Paris, VD6 1586.

Le 8 mai 1871, Adolphe Thiers s’adresse aux Parisien.nes par voie d’affichage, leur demandant leur aide pour mettre fin à la Commune, faute de quoi l’armée régulière entrera en armes dans la ville pour y combattre les troupes communales. En réponse à cet ultimatum, le Comité de salut public décrète la saisie des biens meubles de Thiers ainsi que le dérasement de sa maison située place Saint-Georges, dans le 9e arrondissement. 

Autre symbole fort, la colonne Vendôme est abattue au cours d’une grande fête populaire le 16 mai 1871, sous la direction de l’ingénieur Isaac Abadie et avec le concours de l’ingénieur Jules Iribe. Le secrétaire d’Isaac Abadie, un dénommé Fouque, rédige par la suite un rapport sur la démolition conservé aux Archives de Paris dans les fonds de l’administration communale.

Construite en 1810 par Napoléon 1er pour commémorer la victoire d’Austerlitz, surmontée en 1863, sous le Second Empire, d’une statue de l’empereur en César, sa démolition est décrétée le 13 avril 1871 sur proposition de Félix Pyat. Les matériaux qui la composent sont mis en vente par lot dès le 19 avril.

C’est Gustave Courbet qui, le 14 septembre 1870, suggère au gouvernement de la Défense nationale de remplacer la colonne Vendôme par un monument dédié aux États unis d’Europe et issu de la fonte des canons français et prussiens. S’il n’est pas à l’origine du décret du 13 avril, c’est pourtant lui qui sera jugé responsable de cette démolition et condamné, après la chute de le Commune, à en payer la restauration. Contraint à l’exil, il meurt en Suisse, dans la solitude et le dénuement, le 31 décembre 1877.

Images : administration communale, mairie du 8e arrondissement : rapport sur la démolition de la colonne Vendôme, 26 mai 1871. Archives de Paris, VD6 1586.