6 mai 1871 : dégagement gratuits des objets d'une valeur inférieure à 20 francs engagés au Mont-de-Piété

Certificat de nantissement d’une montre en cuivre pour une valeur de 4 francs, 28 février 1871. Archives de Paris, 6AZ 29, dossier 1777.

Au cœur de la bataille qui fait rage depuis le 25 avril 1871 entre Communards et Versaillais pour la possession du fort d’Issy, la Ligue d’union républicaine des droits de Paris tente, le 6 mai, de rencontrer Adolphe Thiers à la faveur d’un bref cessez-le-feu. Ce sont des élus et hommes politiques républicains, majoritairement gambettistes, qui sont à l’origine de cette Ligue d’union républicaine, formée début avril. On trouve parmi eux Georges Clémenceau, Jules Mottu ou encore Jacques Bonvalet. Si elle se montre hostile à la révolution et à la guerre civile, la Ligue n’en reconnaît pas moins le bienfondé des revendications communalistes et se propose d’offrir sa médiation afin de concilier les deux camps. Ses délégués sont reçus plusieurs fois par le gouvernement de Thiers, mais les progrès militaires des Versaillais confortent celui-ci dans son intransigeance et il leur oppose une fin de non-recevoir.

Dans le même temps, le gouvernement communal poursuit son œuvre sociale en décrétant, le 6 mai, le dégagement gratuit des objets d’une valeur inférieure à 20 francs engagés au Mont-de-Piété. La décision est motivée par l’extrême misère qui s’est abattue sur une grande partie de la population parisienne, éprouvée par un hiver rude et deux sièges consécutifs. Beaucoup ont mis en gage, au-delà du superflu, des objets de première nécessité qu’ils sont dans l’incapacité de racheter. À la suite de ce décret, l’affluence des Parisien.ne.s venu.e.s récupérer leurs gages est telle que le Mont-de-Piété est contraint de mettre en place un dispositif de tirage au sort. Le Comité de salut public se voit quant à lui obligé de préciser que la mesure ne concerne que les habitant.e.s de Paris, à l’exclusion de celles et ceux des communes limitrophes, dans un courrier en date du 15 mai 1871 conservé aux Archives de Paris dans le fonds coté 1ETP 1-664 du Mont-de-Piété de Paris, puis crédit Municipal de Paris.

Cette mesure, bien que nécessaire comme en attestent ces documents, prend cependant fin après la répression de la Commune.

Image : certificat de nantissement d’une montre en cuivre pour une valeur de 4 francs, 28 février 1871. Archives de Paris, 6AZ 29, dossier 1777. Communication du Comité de salut de public adressée au Mont-de-Piété de Paris, 15 mai 1871. Archives de Paris, 1ETP 605.