4 mai 1871 : prise de la redoute du Moulin de Saquet par les Versaillais

État des sommes à payer pour appointements du personnel des ambulances de l’avenue Saint-Ouen et de la rue Brochant, dans le 17e arrondissement, mai 1871. Archives de Paris, VD3 15.

Depuis le 25 avril, Communards et Versaillais s’affrontent pour la possession du fort d’Issy. Dans la nuit du 3 au 4 mai 1871, l’armée de Versailles marque une avancée en se rendant maîtresse de la redoute du Moulin de Saquet, près de Vitry, à l’issue de violents combats qui font plusieurs centaines de morts dans le camp des fédérés.

Cette redoute est l’un des ouvrages fortifiés qui complètent le dispositif de défense de Paris, constitué principalement des fortifications qui ceignent la capitale et des 16 forts détachés de banlieue. Ces derniers ont été investis par les combattants de la Commune dès le retrait du gouvernement à Versailles mais sont repris un à un par les troupes versaillaises depuis le début des hostilités le 2 avril. Depuis le début des hostilités, très rapidement, des voix de femmes s’élèvent pour demander leur implication active et directe dans les affaires militaires. Certaines veulent se battre en armes et uniformes, d’autres proposent leur aide dans les « ambulances », structures semblables à des hôpitaux de campagne implantés dans tous les arrondissements parisiens. Dès le 11 avril, elles créent l’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins à donner aux blessés (voir notre post du 11 avril dernier).

On assiste début mai à une nouvelle vague d’engagements féminins parmi les Communardes. Bien qu’elles se heurtent souvent à l’hostilité d’un état-major peu d’enthousiaste face à leur engagement, on trouve dans les fonds des Archives de Paris de nombreuses preuves de la participation des femmes à la défense de la Commune, notamment au sein des ambulances où elles sont infirmières, lingères ou cuisinières. Là encore, les pièces comptables sont les plus courantes, comme cet état des sommes à payer pour appointements du personnel des ambulances de l’avenue Saint-Ouen et de la rue Brochant, dans le 17e arrondissement.

Image : administration communale : état des sommes à payer pour appointements du personnel des ambulances de l’avenue Saint-Ouen et de la rue Brochant, dans le 17e arrondissement, mai 1871. Archives de Paris, VD3 15.